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Critique du film : Le chat noir [1983], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 13 mars 2008 à 15h43

Un film à chat qui manque de chien

Une jeune et charmante photographe se rend dans un petit village de la campagne anglaise pour y photographier son vieux cimetière. Arrivée sur place, elle va faire la connaissance d'un étrange personnage excentrique et un peu aigri auquel les villageois attribuent la faculté de s'entretenir avec les morts. L'arrivée de la jeune femme coïncide également avec celle d'un inspecteur de Scotland Yard, appelé par la police locale pour les aider à résoudre une énigmatique disparition d'adolescents...
Le Chat Noir, une nouvelle de Edgar Allan Poe archi-connue que peu, cependant, peuvent se vanter d'avoir lu, a été adaptée à presque toutes les sauces, et très rarement de manière fidèle. La encore, dans cette version, Lucio Fulci récupère le titre et quelques infimes éléments pour construire à la fois une histoire tout à fait différente du texte original... et l'un de ses films comptant parmi les moins intéressants. Il faut savoir que ce métrage, réalisé en 1981, est un intermède filmique qui se situe au coeur de la période la plus prospère du cinéaste transalpin, et il prend notamment place entre deux réalisations majeures du maestro, à savoir Frayeurs et l'Au-delà. Et c'est probablement l'une des raisons qui fait que ce Chat Noir est considéré par les cinéphiles comme une oeuvre mineure dans la filmographie de Lucio Fulci. Mais cette raison n'est hélas pas la seule...


Le film démarre pourtant assez bien. En effet, dés les premières images, la photographie de Sergio Salvati, vieux complice de Fulci, fait son office, utilise parfaitement ces décors champêtres de l'Angleterre rurale et impose une atmosphère à la fois gothique et baroque très réussie. L'on est juste un peu dépaysé par la partition musicale de Pino Donaggio, plus "joviale" que celles de Fabio Frizzi, compositeur habituel des films horrifiques de Fulci. Le ton est donc moins grave, moins poétique... Un choix étrange qui ne nuit cependant pas trop à l'ambiance du film, cela la rend juste moins pesante.
Cette impression de légèreté, de plaisanterie sinistre, se confirme ensuite par le biais de la présentation d'un scénario cousu de fil blanc, presque illisible, mettant en scène le plus placide de tous les chats du monde (sauf peut-être celui de chez Disney, période Espion aux pattes de velours) et des personnages aux profils psychologiques aussi ténus que s'ils étaient issus d'un film de Michael Bay. L'histoire met en avant, en plus de la jeune photographe interprétée par une Mimsy Farmer aussi mollassone que jolie, un medium manipulateur qui voit son bras armé se retourner contre lui (Patrick Magee) et le brave flic de la ville (David Warbeck) qui sert à la fois d'éléments narrateur et investigateur, avant de se retrouver intégré de facto dans l'intrigue, et cela de la manière la moins naturelle possible. En fait, comme d'habitude, Lucio Fulci montre ses limites dans ses capacités en qualité de directeur d'acteur. Si cette carence artistique n'est pas préjudiciable au jeu du couple de tourtereaux, il en est tout autrement avec celui de Patrick Magee, complètement délaissé par un réalisateur minimaliste qui se contente de cadrer en gros plan un ridicule froncement de sourcil hypnotique.

Cette répétition de plans sur des yeux écarquillés figés sous des sourcils Karlofiens broussailleux donne aux séquences de "dialogue" (montées en champ/contre-champ) entre le medium et le chat un ton involontairement drôle, d'autant plus qu'aucun effort n'est fait pour rendre le félin effrayant, hormis un effet sonore ressemblant à un grognement de fauve, ce qui ne fait qu'aggraver les choses. Franchement, l’on n’y croit pas cinq minutes et l'on en arrive sincèrement à se demander où le réalisateur veut en venir. Le démonstratif dans le domaine horrifique? Même pas car le film est très sobre par rapport aux autres réalisations de Fulci datant de cette période. On peut juste signaler la séquence d'ouverture avec la première victime du chat qui traverse un pare-brise, un couple bizarrement décomposé (pas du tout pigé pourquoi...), un empalement suite à une chute et une immolation criminelle. Bref, pas de quoi fouetter un chat, si j'ose dire...
Du chat, reparlons-en un peu puisqu'il se retrouve contraint, devant le vide dramatique ambiant, à endosser le rôle majeur dans cette intrigue peu crédible. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'on a du mal à prendre ce matou au sérieux, et cela même si ceux qui se retrouvent face à lui sont immanquablement épouvantés. Aurait-on affaire à un village de "felinophobe" (je ne sais pas si ce terme existe, mais je le trouve plus convenable que chattophobe, non?), aurais-je manquer quelque chose de diabolique dans son regard émeraude? Dans l'alignement ou le nombre de ses poils de moustache? Je ne sais pas, mais personnellement, je ne voie pas vraiment ce qui a pu empêcher les victimes de mettre un grand coup de pied dans l'arrière-train de ce "monstre" dont le seul élément effrayant est un enregistrement sonore capturé dans un zoo. On a également du mal à cerner son aura surnaturelle. On arrive juste à piger que, non seulement il a plusieurs vies, mais il peut aussi s'arracher de sa sépulture, et qu'il a la sidérante faculté de déverrouiller les portes (à l'occasion de la scène la plus poilante du film ou il arrive à tourner une clé dans la serrure).

La conclusion de à propos du Film : Le chat noir [1983]

Nicolas L.
45

Oeuvre mineure de Lucio Fulci, Le Chat Noir, malgré un casting assez prestigieux et une photographie de grande qualité, ne mérite pas que l'on s'intéresse trop à son cas. Le film pèche en effet par un scénario rachitique et peu crédible, des personnages manquant totalement de consistance et une mise en scène vraiment peu convaincante, notamment lors des apparitions du chat. je ne conseillerai donc pas la vision de ce film, sauf à ceux qui voudraient découvrir plus avant la filmographie ''del maestro''.

Que faut-il en retenir ?

  • Superbe photographie
  • Quelques séquences intéressantes
  • Un casting mal exploité mais de qualité

Que faut-il oublier ?

  • Scénario ténu et peu crédible
  • Un chat guère inquiétant
  • Des personnages peu approfondis

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