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Critique du Film : La boussole d'or

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 2 février 2008 à 14:17

Une adaptation luxueuse mais un peu trop édulcorée

Prime-adolescente un peu indisciplinée et un peu trop espiègle, la petite Lyra, cachée dans une bibliothèque, surprend une conspiration contre son oncle lord Asriel. Un peu plus tard, alors que ce dernier part vers le Nord étudier le mystérieux phénomène de la Poussière, elle est confiée à la superbe mais inquiétante madame Coulter…
Après le succès cinématographique du cycle de Harry Potter, il était inévitable que ce monument de la littérature enfantine qu’est la trilogie de A la Croisée des Mondes, fasse l’objet de sa propre adaptation sur grand écran. Hors, contrairement aux romans très tendances de J.K. Rowling, l’œuvre de Philip Pullman revêt une imagerie fantasmagorique très forte mélangeant culture steampunk et contes de fée, mais elle est surtout remarquable par sa manière complexe, furtive, quasi insidieuse, de remettre en cause les mythes chrétiens et les pensées réactionnaires et aliénantes de l’Eglise romaine (des thèmes qui font que cet ouvrage peut même être apprécié des adultes qui aiment à lire entre les lignes) à travers des propos à forte consonance métaphysique et philosophique. En quelque sorte, A la Croisée des Mondes peut être présenté, en étant cependant un peu réducteur, comme l’antithèse des principes théologiques du Monde de Narnia.


Ce défi, assez colossal, c’est Chris Weitz qui le relève. Cela peut sembler étonnant au regard de la filmographie de ce jeune homme (American Pie quand même !..) mais moins lorsque l’on sait que c’est un passionné de mythologie et d’heroic fantasy – il vient d’ailleurs d’acquérir avec son frère les droits d’adaptation du cycle d’Elric, l’illustre saga de dark fantasy écrite par Michael Moorcock. On sent d’ailleurs que le cinéaste est imprégné, a grandi dans ces récits magiques et chimériques car il parvient sans aucune difficulté à nous amener dans un autre univers ; grâce à de magnifiques effets spéciaux, bien sûr, mais aussi parce qu’il parvient parfaitement, en mélangeant les styles narratifs (drame à la Oliver Twist, aventure à la Huckleberry Fynn et envolées épiques façon Seigneur des Anneaux – bref, les trois éléments principaux qui composent la matière brute des romans) à nous transporter dans cette Europe du nord parallèle.
L’histoire de A la Croisée des Mondes est passionnante, mais dense et complexe, se divisant en cours de récit en de nombreuses ramifications secondaires (le premier tome est cependant le moins élaboré et le moins métaphysique, il ne fait que poser le décor et l’aléthiomètre n’est pas encore l’élément central de l’intrigue). Il était donc inévitable que le scénario devait trancher dans le vif, quitte à décevoir un peu les fans. Hors de question cependant de supprimer les particularismes les plus colorés de cet univers, comme l’existence des daemons, qui sont des éléments autonomes d’une partie de l’âme humaine et qui se présentent sous la forme d’animaux familiers (encore de magnifiques effets spéciaux extrêmement bien intégrés). Il était également impossible de mettre hors jeu l’aspect dominant du « plus léger que l’air », sous peine d’être privé de nombreuses et magnifiques scènes aériennes au cachet steampunk Victorien. Cependant, c’est vrai, il est indiscutable que les « oublis » effectués ont retiré bon nombre d’enjeux et que le récit, trop rapide et saccadé, perd en puissance, d’autant plus que l’on sent souvent que Chris Weitz s’adresse plus précisement à un très jeune public. On a du mal, par exemple (si l’on n’a pas lu le roman), à vraiment bien comprendre les raisons profondes de l’acharnement de Ragnar à posséder un daemon. Les raccourcis pris ont même forcé les scénaristes à changer le dénouement, avec la mise en place d’une bataille un peu surprenante, composée de combattants surgis de nulle part, et dans laquelle (encore une fois pour ne pas épouvanter les plus jeunes) on ne sent pas du tout la mise en danger de la vie de Lyra. Une fin qui n’en est d’ailleurs pas vraiment une et qui a laissé perplexe plus d’un spectateur.

Au niveau de l’interprétation, c’est, il faut le dire, la grande classe. Le plus époustouflant est la prestation de Dakota Blue Fanning, impeccable dans son jeu même à coté de super stars comme Daniel Craig ou Nicole Kidman (excellente, mais le mérite est moindre car son interprétation de cette femme distante et matérialiste n’est pas vraiment ce que l’on pourrait appeler un rôle de composition). La jeune fille est très présente à l’écran, c’est son personnage qui fixe d’ailleurs toute la température du métrage, et elle s’en sort nettement mieux que ses confrères et consœurs des autres productions (de Harry Potter à Narnia). Sam Eliott ramasse, une fois de plus, une bonne note dans ce rôle de cowboy aéronaute au grand cœur. Très charismatique, l’acteur marque l’écran à chacune de ses apparitions. Non, les déceptions viennent plutôt de ceux qui se sont vu desservis par un scénario parfois trop couperet ; Daniel Craig, presque réduit au statut de figurant et surtout Eva Green (la sorcière Serafina Pekkela), qui en surgissant dans le film comme un cheveu sur la soupe, perd toute son importance et son aura de mystère. Vraiment dommage.
Enfin, tout ça me fait penser qu’un jour, il faudra que je vous parle un peu de la trilogie de Philip Pullman

65

Spectacle jeunesse de grande qualité, doté d’une magnifique imagerie fantastique grâce à de somptueux effets spéciaux et d’un casting de grand luxe, La Boussole d’Or remplie en grande partie ses objectifs dont le principal est : fournir à une jeune audience une aventure féérique et aventureuse. Le film n’est cependant pas parfait. En effet, en voulant mettre en avant la plupart des éléments du roman, Chris Weitz ne fait finalement que les survoler, ce qui donne à son film une sensation de « précipité » qui dessert fortement ses capacités d’immersion. On regrette alors presque que le film ne dure pas une demi-heure de plus, histoire que Chris Weitz puisse un peu plus poser enjeux et personnages. Un aspect un peu inquiétant quand on sait que Les Royaumes du Nord est le tome qui est de loin le plus « simple » de la trilogie.

Critique de publiée le 2 février 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Visuels somptueux et enchanteurs
  • Un casting de grand luxe
  • Dakota Blue Fanning, étonnante de maturité
  • Un très bon film pour nos chères têtes blondes

Que faut-il oublier ?

  • Rythme un peu précipité
  • Des rôles sous-exploités
  • Lisez la trilogie, vous verrez tout ce que Weitz a raté

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