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Critique du Film d'animation : La Légende de Beowulf
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Critique du Film d'animation : La Légende de Beowulf

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 29 janvier 2008 à 1513

Gloire et souffrance en terre de Danes

Beowulf est le plus célèbre des poèmes épiques anglais. Mais il est encore plus que cela ; il est aussi la première œuvre littéraire connue au sortir des Ages Sombres (si l’on excepte les poèmes religieux de Caedmon). Reflet d’une période troublée par les guerres et la disparition de la latinisation du nord de l’Europe, mais aussi par l’avancée d’un Christianisme éradicateur de culture ancestrale, Beowulf - comme tous les récits médiévaux nordiques et anglo-saxons - se révèle comme étant un texte très sombre, mettant en évidence la faiblesse et la versatilité de l’âme humaine, un conte philosophique pessimiste levant le voile devant la superficialité poétique de l’héroïsme. Ainsi, Beowulf est bien entendu un récit épique, mais aussi un véritable drame dans lequel un homme adulé par ses semblables porte le fardeau d’un sinistre et honteux secret.


En tant que tel, Beowulf est le matériau de base de toute la littérature épique (les textes de l’Edda et ceux en relation avec la Chanson des Nibelungen sont en effet beaucoup plus tardifs). William Shakespeare et J.R.R. Tolkien eux-mêmes revendiquent avoir été fortement inspirés par cette histoire à la fois magnifique et terrible. Il est donc inévitable que même sans en avoir conscience, le spectateur est familiarisé avec cette histoire, et peut même la trouver par conséquent commune, voire banale.
Adapter pour le cinéma ce classique était donc un pari risqué pour Robert Zemeckis. Il savait pertinemment que son œuvre pouvait souffrir de la comparaison avec une célèbre trilogie aux enjeux et aux aboutissements nettement plus complexes. Et c’est peut-être pour cette raison qu’il a choisit de relever un défi : l’adaptation en CGI, matière artificielle et froide s’il en est, d’un récit qui finalement ne parle que de chair et de passion. Après les échecs commerciaux des Final Fantasy, la demi-deception de Pôle Express, on peut affirmer que Robert Zemeckis, menant en quelque sorte sa propre quête héroïque, était attendu au tournant par les plumes acérées des critiques et les langues déliées des spectateurs fan d’aventures épiques… A commencer par ma personne, qui regroupe ces deux catégories.

Personnellement, j’avoue que j’ai eu un mal fou à entrer dans l’histoire. Pendant un bon quart d’heure, j’ai eu la sensation de me trouver devant mon PC à admirer une luxueuse cinématique de jeu vidéo ; éclairages soignés, personnages un peu figés, travellings peu naturels. Même la première intervention de Grendel m’a déçu, mais ma déception est plutôt due au fait que je ne m’imaginais pas un ettin (géant de la mythologie nordique) doté de cette apparence grotesque de « troll passé sous un autobus ».
Puis, la magie a commencé à opérer.
L’alchimie a commencé à fonctionner à partir du moment où Beowulf pose le pied en terre du Danemark. Véritable personnage sorti tout droit d’une peinture de Frazetta, le héros m’a fait oublier un peu mes atermoiements initiaux. Son arrivée au village et la scène de la Maison Commune, magnifiques, ont achevé le processus de séduction et supprimé tous mes doutes sur la justification d’un tel procédé. Du moins temporairement, car cette sensation d’artificialité, d’absence de chair, est restée en embuscade pendant la totalité du métrage, faisant de brèves - mais hélas fréquentes - et perfides apparitions lors des séquences intimes, qui se retrouvent alors privées de toute sensualité. Ainsi, bon gré mal gré, je dois avouer que je me suis par moment laissé entraîner sans peine par le fil du récit, non pas seulement de par la beauté des images, mais aussi grâce à une histoire somptueusement scénarisée.

Le film fait en effet très fort dans ses passages épiques. Le combat final contre le dragon, par exemple, restera probablement dans les annales du cinéma d’animation tant le rythme est enlevé, la lisibilité parfaite et le climax archi tendu. Dans ces moments là, l’on est en plein dans l’héroïsme poétique d’un Conan ou d’un Braveheart, performance exceptionnelle lorsque l’on se rappelle que tout ce qui apparaît à l’écran n’est que synthétique et mathématique. L’on se prend même à rêver de ce que cela aurait pu donner avec des situations filmées en « live ». Un chef d’œuvre ? Possible… mais on ne le saura finalement jamais.
Au niveau de l’interprétation, il est amusant de relever avec quelle facilité bon nombre de comédiens sont reconnaissables. De Brendan Gleeson à Robin Wright Penn, en passant bien entendu par la sculpturale Angelina Jolie, on a vraiment la sensation de voir un « musée de cire » hollywoodien s’animer devant nos yeux. Une sensation cultivant le paradoxe, à la fois sensationnelle (par sa performance technique) et dérangeante (par cette impression de non-vie rayonnant des personnages). Enfin, et je vais finir sur un note positive, j’adore la composition d’Alan Silvestri. Majestueuse et épique à souhait. Nul doute qu’elle ne va guère tarder à rejoindre les BO de Basil Poledouris dans ma discothèque, au rayon « musique pour ambiance de soirées rolistes medievales fantastiques ».


La conclusion de

L’adaptation de Beowulf était un sacré défi. Et Robert Zemeckis, très courageux mais aussi très talentueux, l’a en grande partie réussie. Il était difficile de faire une œuvre mémorable d’une histoire aussi « commune » que celle du héros des Geit, pourtant l’on se rend compte à la vue du résultat que, grâce à son savoir faire, le cinéaste aurait même pu (et du ?) oser le film « live ». Restent que ce métrage contient de magnifiques scènes, un sens épique mémorable et une Angelina Jolie modélisée qui a du faire baver bien des fans. Des atouts non négligeables qui font que Beowulf est indéniablement l’une des œuvres majeures dans le domaine de l’animation pour adultes.

Que faut-il en retenir ?

  • Des séquences épiques magnifiques
  • Maîtrise technique impressionnante
  • Histoire parfaitement scénarisée
  • BO somptueuse

Que faut-il oublier ?

  • Des personnages souvent bien trop figés
  • Un manque de « vie » souvent trop palpable
  • Le classicisme du matériau de base.

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