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Critique du film : Les dents de la mort [1987], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 20 novembre 2007 à 15h59

La revanche du dieu Crocodile

Au cœur des années 70, un jeune réalisateur dénommé Steven Spielberg traumatisait toute une génération de spectateurs – et de plagistes ! - avec un saisissant thriller horrifique : les Dents de la Mer. Suite au succès mondial de ce film mettant en scène les exactions sanglantes d’un squale d’une taille inhabituelle mais crédible, les studios hollywoodiens et transalpins se jetèrent sur une recette à leurs yeux synonymes de jackpot.
Evidemment, comme d’habitude, il y eu du bon, du moyen, du médiocre et surtout du très mauvais. Ceci étant, s’il fallait situer ce Dark Age (Les dents de la mort en français… beurk) au sein de la masse de ces shockers animaliers, j’aurais tendance à le placer dans le bon panier, celui des bons produits dérivés, en compagnie de Orca et de Piranha. Car ce film - australien il faut le signaler - se distingue par une atmosphère et un traitement très particuliers.
Oh, bien sûr, le scénario ne manque d’aligner ses références, qui sont devenues aujourd’hui les véritables clichés du genre. Le garde de parc naturel dévoué à sa cause remplace le garde-côte, l’homme d’affaire sans scrupule prend la place du maire irresponsable, le crocodile remplace le requin et on a nouveau droit à la horde de chasseurs hystériques. Mais Dark Age, c’est bien plus qu’un simple produit de consommation réchauffé au soleil austral. Tout d’abord, le réalisateur Arch Nicholson - ancien assistant de Peter Weir et de Russel Mulcahy – va plus loin dans les images chocs, sans toutefois céder à la tentation du grand guignol. Par exemple, il reprend la séquence du jeune enfant tué par le requin, une scène qui avait bouleversé l’Amérique. Mais cette fois-ci, il nous expose le meurtre de manière nettement plus explicite, avec la tête de la jeune victime qui éclate dans les mâchoires du saurien géant. Des images qui auraient aujourd’hui bien du mal à passer les barrières de la censure.
Mais ce coté horrifique n’est heureusement pas son seul argument. Conscient des atouts que représente la culture de son pays, le cinéaste - comme Peter Weir l’a fait quelques années plus tôt avec sa Dernière Vague -, n’hésite pas à introduire dans son métrage des éléments du mysticisme aborigène. Le crocodile revêtant par conséquent un aspect quasi divin au regard des traditions animistes de cette ethnie. Un choix de traitement qui, ajouté à un environnement à demi apprivoisé - comme l’est, par exemple, le bayou de Louisiane - contribue à générer une atmosphère fantasmagorique et inquiétante. On en vient finalement à adhérer aux croyances païennes des aborigènes sur la nature surnaturelle du crocodile.
Comme Orca, autre film « intelligent », Dark Age est une œuvre écologique. Hors, il faut dire que le sujet était fort peu traité à l’époque, notamment dans le domaine de l’horreur. Le saurien ne tue que parce qu’il voit son milieu naturel perturbé par les actes nihilistes des blancs et, de plus, il le fait sans arrière pensée maligne. Comme les aborigènes, il a perdu ses repères et lutte désespérément pour retrouver son équilibre. Par conséquent ce film pourrait être considéré comme une allégorie construite sur la résistance du peuple natif, le crocodile étant alors porteur de connotations symboliques.
Au niveau technique, les effets spéciaux sont plutôt satisfaisants, surtout si l’on prend comme valeur étalon les nanars italiens réalisés durant la même période. Le final, qui nous l’expose de plein pied, évite ainsi le ridicule, même si l’animal m’a semblé quand même bien pataud, notamment lorsqu’on sait qu’un crocodile se meut très aisément sur la terre ferme. Au niveau de l’interprétation, si John Jarratt – l’impressionnant psycho-killer de Wolf Creek – peut prêter à sourire dans sa tenue de ranger, les acteurs aborigènes sont encore une fois très impressionnants, que cela soit Burnham Burnham – vu dans Hurlements 3! – ou David Gulpilil, véritable vedette du cinéma australien et inoubliable dans le rôle messianique de Chris Lee en 1977 (La Dernière Vague, de Peter Weir).

La conclusion de à propos du Film : Les dents de la mort [1987]

Nicolas L.
65

Malgré quelques aspects qui lui prêtent un cachet un peu vieillot, Dark Age est une œuvre qui mérite d’être vue. Elle fait indéniablement partie de cette bonne cuvée de films que nous a offert le cinéma fantastique australien des années 80. Plus qu’un simple film d’horreur, l’œuvre de Arch Nicholson est aussi un conte philosophique imprégné d’écologie et de mélancolie.

Que faut-il en retenir ?

  • Un thriller animalier « intelligent »
  • Les acteurs aborigènes
  • Une atmosphère particulière

Que faut-il oublier ?

  • Beaucoup de clichés
  • Parfois un peu cheap
  • Une réalisation qui ne marque pas les esprits

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