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Critique du Film : Tank Girl

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 14 juin 2007 à 1554

La femme est l’avenir du kangourou

Dans un univers post-apocalyptique, ravagé par la sécheresse, la tonique Rebecca se dresse, jugé dans son tank, contre les agissements despotiques du consortium economico-militaire intitulé Eau & Pouvoir. Elle va être aidé dans son combat par une étrange race de soldats mutants…
Remontons, si vous le voulez bien, dans les années 90. Nous sommes en pleine période de « Girl Power », une ère d’émancipation féministe dont le principal icône est, souvenez-vous, un groupe pop féminin nommé les Spice Girls. Ce quatuor de charme (on ne peut pas leur enlever le fait qu’elle étaient bien mignonnes), qui de 1996 à 1998 inonde les ondes de leurs albums et les réseaux télé de leurs clips gentiment provocateurs, se fait alors le porte drapeau de ce mouvement qui prône ce que l’on nommerait aujourd’hui la « chicks’ attitude » (les bien fades Britney Spears ou Paris Hilton en sont d’ailleurs les dégénérescences). C’est donc la mode des filles « gritty », provocantes, punkies, au potentiel sexy assumé, limite sexistes (et parfois homosexuelles). Et comme dans toutes les modes, nous connûmes en cette époque le pire (je viens d’en causer) et le meilleur, comme Tank Girl.
Le comics Tank Girl, créé par Jamie Hewlett et Alan Martin, fait en effet partie de la seconde catégorie. Celle qui donne envie d’apprécier les tendances par le fait même qu’elle les pervertisse et les détourne de leur but originel. BD complètement déjantée, Tank Girl marie avec un sens total de l’absurde des dialogues crus et sacrément drôles, une action omniprésente, un sens de la dérision faisant mouche à tous les coups… tout en réussissant à placer régulièrement quelques pointes de critiques sociales assez pertinentes.
Tank Girl est donc un comics faussement con et quasi pamphlétaire. Il faut dire que le terrain s’y prête, car le théâtre de Tank Girl, qui se place dans un avenir non défini (aux alentours de 2030), en un lieu non identifié (mais que l’on pourrait assimiler à l’Australie), se situe dans une région subissant le joug d’un organisme totalitaire utilisant la pénurie d’eau pour asseoir sa domination. Et cela grâce au contrôle des principaux lieux de pompage. Tout contrevenant, c'est-à-dire toute personne ayant extrait de l’eau par ses propres moyens, est donc sévèrement puni, souvent par la peine capitale.
Les héros, de part la situation de résistance dans laquelle ils se trouvent, font alors office d’anarchistes aux yeux des autorités. Rebecca est l’une d’entre eux. Ayant vu ses amis massacrés par les forces de Eau & Pouvoir, cette véritable peste décide de prendre les armes. Elle trouve tout d’abord une alliée en la personnage de Jet Girl, une brunette un peu coincée qu’elle va tout particulièrement s’attacher à dégourdir (quelques clins d’œil lesbiens, histoire de faire jaser la critique), puis elle va rencontrer les Rippers, des forces rebelles composés d’hommes-kangourous complètement cons qui occupent leurs temps libre dans des danses débiles et des soirées thé & crêpes (quelques clins d’œil zoophiles, pour faire jaser d’autant plus).
Le scénario suit à la lettre les préceptes du comics. Il faut dire que ce sont les deux auteurs qui se sont attelés à la tache. Ça aide. Puis la réalisation pleine de trouvailles de Rachel Talalay fait le reste. J’ai été franchement très impressionné par la manière dont la réalisatrice a réussi à restituer l’esprit de la BD malgré un budget riquiqui. Pour cela, elle a utilisé tous les (faibles) moyens mis à sa disposition, le plus évident étant le comics lui-même. Le film contient ainsi un maximum d’inserts graphiques. Presque toutes les ellipses sont traitées de cette manière, ainsi que la plupart des séquences qui auraient nécessité trop de moyens pour leur réalisation en live ou en numérique. C’est d’ailleurs à cette occasion, durant les raccords live-BD, que l’on se rend le plus compte que le film colle parfaitement au look et à l’esprit du comics. Le résultat est saisissant. Et là, je dis bravo !
De la même façon, j’ai été vraiment été sous le charme de l’interprétation. Dans le rôle de Rebecca, alias Tank Girl, Lori Petty en fait des tonnes. Vraiment des tonnes… Et elle est géniale. Véritable pile électrique, complètement excentrique et diablement dangereuse, et de plus sacrément douée pour trouver au bon moment la réplique qui tue, le personnage de Rebecca peut séduire ou agacer, mais ne laisse certainement pas indifférent. A ses cotés, dans le rôle de Jet Girl, on pourra faire la connaissance d’une Naomi Watts en brune et, ma foi, même dans ce coloris, on ne peut pas dire qu’elle laisse la gente masculine indifférente. Puis, dans le rôle de Kesslee, le boss de Eau & Pouvoir (et incarnation métaphorique du machiste suffisant), on retrouve avec plaisir un Malcolm McDowell toujours aussi à l’aise dans la gamme « mégalomaniaque sadique ». Là, pour le coup, il se verra même customisé par l’ajout d’une terrible prothèse d’avant-bras et une tête holographique. Histoire de pouvoir cabotiner encore plus que d’habitude. Sacré Malcom !.. Et enfin, il y a les Rippers
Certains les trouvent ratés. C’est étrange, pas moi. C’est vrai qu’il ne ressemblent pas exactement aux créatures de la bande dessinée (dans le comics, l’aspect kangourou est renforcé) mais personnellement je trouve convaincant le travail de Stan Winston qui était chargé du design des créatures. Ce choix de les humaniser un peu plus permet aux acteurs d’exprimer plus facilement leurs sentiments, et cela nous permet par conséquent de plus profiter du sourire crétin du sympa Booga !
Pour finir, je voudrais rajouter un mot concernant la BO produite et compilée par Courtney Love (un autre symbole, plus trashy, du Girl Power). Composée de chansons de Hole, L7, Devo, Bjork et PJ Harvey, entre autres, cette excellent BO (qui pousse même l’élégance à éviter les Spice Girls) est l’un des autres atouts de Tank Girl, un film qui n’en manque pourtant pas.

La conclusion de

Tank Girl est un film Girl Power qui s’assume, ok. Mais Tank Girl est aussi, et surtout, une sacrée comédie SF loufoque et déjantée, remplie de bonnes idées et interprétée par des acteurs atypiques et attachants. Très provocateur, limite vulgaire et presque hystérique par moment, le film peut ne pas plaire. Je suis sûr que de nombreuses personnes le trouvent « too much » ou trop con. Ils n’ont pas tort car non seulement ces deux aspects sont bien présents mais ils sont, de plus, fortement revendiqués. Et c’est probablement ce qui me plait dans ce film…

Que faut-il en retenir ?

  • Esprit du comics bien restitué
  • Scénario délirant
  • Réalisation remplie de trouvailles
  • Lori Petty, étonnante
  • Noami Watts porte bien les lunettes
  • Les Rippers, bien cons

Que faut-il oublier ?

  • Un peu cheap parfois, on sent le film fauché
  • Un ton qui peut parfois agacer

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