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Critique du Film : Réanimator
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Critique du Film : Réanimator

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 30 avril 2007 à 0105

Frankenstein et Lovecraft revisités

Le docteur Herbert West, fraîchement débarqué de Suisse, installe sa résidence chez un autre étudiant de la Myskatonic University, Dan Cain. Au bout de quelques jours, ce dernier s’aperçoit que le jeune et étrange Herbert pratique de curieuses expériences dans la cave de leur maison. Les choses deviennent même terrifiantes lorsqu’il découvre que son excentrique et antipathique colocataire a réussi à ramener à la vie un chat mort…
Très librement adapté d’une nouvelle de Howard Philip Lovecraft, Re-animator reste un inoubliable souvenir pour les amateurs d’horreur des années 80. Aujourd’hui, en plus de ses indéniables qualités cinématographiques, ce film peut donc être considéré comme l’une des pièces fondatrices du cinéma gore moderne, au même titre qu’un Evil Dead ou qu’un Retour des Morts-vivants. Mais en quoi cette œuvre se distingue d’elle de la masse des autres réalisations de cette période, très riche en productions horrifiques ? Car n’oublions pas que les années 80 resteront à jamais l’age d’or du cinéma de genre, avec un équilibre parfait entre l’exploitation en salles et le marché de la vidéo.


Tout d’abord, ce qu’il faut principalement retenir et qui fait la principale différence avec les autres productions de ce genre, est la qualité de l’interprétation. Un casting de comédiens encore inconnus mais qui fournissent tous une prestation plus que satisfaisante. Ils méritent donc que l’on s’y attarde. Dans le rôle principal, on trouve un certains Jeffrey Combs. Stupéfié par son talent, le public de l’époque découvre alors un hallucinant jeune acteur de 30 ans, arrivé tard dans l’univers du cinéma car issu du milieu théâtral. Et c’est d’ailleurs ce jeu surenchéri propre à la scène qui donne au personnage Herbert West toute sa force. On se croirait revenu au temps du cinéma expressionniste de Friedrich Murnau ou de Fritz Lang, avec des expressions faciales appuyées et un jeu exubérant qui donnent au jeune scientifique un air de savant fou, décidemment pulp. Sans nul doute, Herbert West est Le point fort d’un film qui possède pourtant de nombreuses cordes à son arc. A coté de lui, l’on trouve Bruce Abbott dans la peau de Dean Cain - un comédien qui fera une excellente carrière dans le cinéma bis - et David Gale dans le rôle du docteur Hill. Ce dernier, quasi sosie de l’auteur H.P. Lovecraft, est chargé d’interpréter le personnage le plus malsain du film. Si West est fou, Hill est un sadique lubrique, et il le montrera à de nombreuses reprises. Il est difficile d’oublier son sourire sanguinolent et son regard libidineux. Enfin, il y a le sex appeal de Barbara Crampton, une jeune femme qui va devenir, suite à ce film, l’objet de tous les fantasmes adolescents (elle remettra d’ailleurs une couche à l’occasion d’une expérience SM dans From Beyond). Une actrice très séduisante tombée hélas un peu dans l’oubli (elle a du se réfugier dans les sitcom, avec des apparitions récurrentes dans Les Feux de l’Amour, par exemple).

Ensuite, il y a le scénario de Dennis Paoli. Un monument de provocation et d’alternance habile entre humour noir et horreur pure. Il prouvera d’ailleurs ensuite tout son potentiel à l’occasion des écritures du Dentiste et du Body Snatchers d’Abel Ferrara (le meilleur des trois, à mon avis). Un script qui pousse très loin les limites du tolérable dans l’esprit potache et qui se moque de tout, avec des dialogues d’un cynisme mémorable. ‘’Personne ne prendra au sérieux une tête qui parle’’, déclare Herbert West à un docteur Hill hilare mais décapité. Là repose tout l’esprit de Re-animator, l’absurde horrifique poussé à son paroxysme. Une véritable histoire de dingue, écrite et produite par des gars qui n’ont peur de rien (Stuart Gordon, Dennis Paoli et Brian Yuzna), et qui aiment surtout exploser les conventions.
Evidemment, l’on sait qu’un scénario ne donne en général rien de grandiose si la réalisation n’est pas à la hauteur, et surtout en total accord artistique. Dans Re-animator, il n’y a aucun problème de ce coté là tant Stuart Gordon est en osmose avec le script de Dennis Paoli (il a d’ailleurs participé à l’écriture). Jamais, à l’époque, l’on avait encore vu une mise en scène alliant avec autant d’habileté la technicité (le talent de Mac Ahlberg, célèbre directeur de la photographie y est aussi pour beaucoup, la couleur du sérum en est un bon exemple) et la provocation graphique. Les plans d’exposition se multiplient durant tout le film, tout en gardant un rythme très classique. Ainsi, l’apparition des séquences les plus marquantes n’en est que plus efficace. On passe de l’horreur pure (la réanimation du chat) au voyeurisme malsain (la très glauque et désormais légendaire scène du cunilingus) pour finir par un déferlement gore lorsque se ‘’réveille’’ tous les cadavres de la morgue. Le tout, bien évidemment, avec une omniprésence d’un humour noir qui fait mouche à chaque coup et entrecoupé par des séquences dialoguées qui ne sont pas là que pour meubler entre deux déchaînements gores. Si on se penche sur les influences, dans le métier de Stuart Gordon, on retrouve traces des leçons d’auteurs aussi différents que H.G. Lewis, Paul Morrissey, Lucio Fulci, George Romero ou même Gérard Damiano, le célèbre réalisateur porno des années 70. Mais Re-animator va bien au-delà d’une simple dissertation emprunte de références, tant elle surclasse par sa qualité la plupart des films des cinéastes précédemment cités.

Autre atout de Re-animator : ses effets spéciaux. Des maquillages qui, pour l’époque, était exceptionnels, et qui aujourd’hui tiennent encore la dragée haute à de nombreux films plus récents. Il faut dire qu’à l’ouvrage on retrouve un atelier composé de membres aujourd’hui célèbres, comme Everett Burrel, John Naulin ou John Carl Buechler. Certains effets sont désormais inoubliables comme l’attaque des intestins reptiliens ou le zombi Hasley. Des effets réalisés à moindre coup (de la vraie viande a été utilisée, ce qui fut quelque peu gênant au bout de quelques prises sous le feu des projecteurs) mais d’une incroyable efficacité.
Enfin, pour finir, il y a la bande originale de Richard Band. Une musique devenue célèbre qui reste encore aujourd’hui le meilleur travail du frère de Charles Band. Les plans au cours duquel le spectateur voit le sérum fluorescent s’écouler de la seringue, sur un fond de musique classique quasi-baroque, restent un grand moment de cinéma.

La conclusion de

Re-animator fait parti des grands classiques du cinéma d’horreur. Un film que tout amateur de fantastique ayant l’estomac suffisamment accroché se doit d’avoir vu. Véritable chef d’œuvre d’humour noir, c’est également un film extrêmement bien réalisé et interprété, et doté de solides effets spéciaux. Un véritable monument en l’honneur du cinéma gore. Un incontournable.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario délirant
  • Réalisation très sérieuse
  • Un humour noir décapant
  • Interprétation de qualité
  • Bons effets spéciaux de maquillage

Que faut-il oublier ?

  • Esprit potache obligatoire.

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