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Critique du film : Bruce tout-puissant [2003], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 14 mars 2007 à 16h13

Dieu par interim

Bruce, reporter de télévision, est un éternel insatisfait, un sympathique égocentrique qui ne voie guère plus loin que le bout de son nez, qui passe son temps à se lamenter sur son sort en évitant de marcher sur le SDF assis sur les marches de son bureau, sans pour autant y remarquer sa peine. Bref, Bruce, pourtant grandement privilégié dans sa vie professionnelle et affective, en veut au monde entier ; à la ville de Buffalo, à son chien, à son employeur, à ses collègues journalistes… et surtout à Dieu.
Refusant obstinément de chercher en sa personne la source de ses problèmes, il a préféré désigner le parfait bouc émissaire : le Tout-Puissant, qu’il accuse de tous les maux, et surtout d’incompétence. C’est alors, qu’un beau jour, alors qu’il vient de perdre son emploi pour avoir pété les plombs en direct, Bruce reçoit une invitation à un rendez-vous par l’intermédiaire de son beeper fracassé. Sa curiosité attisée (il est journaliste, après tout), il se rend sur place et découvre, dans un immense bureau immaculé, un étrange personnage qui se déclare à lui comme étant Dieu. Plus incroyable encore, il propose à un Bruce médusé de prendre sa place et de montrer la voie à l’Humanité.
Réalisé par Tom Shadyac, un spécialiste de la comédie américaine, Bruce Tout-Puissant offre à chaque spectateur une caricature dans laquelle il n’aura aucun mal à y retrouver une partie de sa personnalité et de son individualisme. Apparaissant comme un reflet déformé de chacun de nous, le personnage de Bruce apparaît alors comme la preuve par l’acte de nos faiblesse d’être humain du 21ème siècle, qui, pris dans son confort, a oublié la signification première des mots compassion, solidarité, désintéressement et tolérance. Cependant, tout cela reste peu choquant, tant le personnage égoïste de Bruce, qui devrait apparaître aussi exécrable que le Phil du Jour sans Fin, respire la sympathie et la bonne humeur (Jim Carrey oblige). Au fil des minutes, il ressort donc du film un double effet Kiss Cool un peu moisi, une sorte d’omelette norvégienne narrative de laquelle on a du mal à y retirer une remarquable saveur.


En effet, en jouant sur l’aspect charmeur de son comédien vedette, le cinéaste noie le sérieux de son sujet sous une tonne de gimmicks et de pantomimes. Hors, si les frangins Farelli arrivent souvent par ce moyen à faire circuler un message - de manière plutôt rentre-dedans, il est vrai ! -, ce n’est pas le cas de ce cinéaste beaucoup trop lisse, voir timoré. Et, au final, le film manque cruellement de corones, comme le disent nos amis d’outre-Pyrénées. Faute de critique sociologique efficace, le spectateur va devoir alors rechercher une satisfaction ailleurs. Il va la trouver du coté du pur divertissement. Et, dans ce domaine, il est évident de dire que le film tient plutôt bien la route. Plus par les performances des seconds couteaux que par celles d’un Jim Carrey un peu trop excessif.
On connaît les énormes capacités de l’acteur. Très convaincant quand il est parfaitement briefé, voir parfois bouleversant (Truman Show, Man on the Moon) ou irrésistible (Fou d’Irène), il peut se révéler totalement agaçant lorsque l’on lui lâche un peu trop la bride. Et c’est souvent le cas dans Bruce Tout-Puissant. Il en fait alors inutilement des tonnes, discréditant totalement un personnage pourtant façonné de manière à ce que l’on s’y identifie, mettant complètement par terre les plans initiaux des scénaristes. Quelques gags, heureusement, sont parfaitement en adéquation avec un jeu excessif car totalement métaphoriques (la séquence de la Mer Rouge, géniale) et redorent un peu le blason de cet acteur par trop enthousiaste.
Je me suis donc nettement plus amusé avec les « rôles de soutien », comme le disent si élégamment les américains. En tête d’affiche, Jennifer Aniston, toujours aussi mignonne, fait avec élégance ce qu’elle a toujours su faire : la petite amie sentimentale. C’est un élément essentiel du rouage de la mécanique cinématographique du film, car il est le l’unique artifice qui accroche le spectateur à la réalité. Grace (le choix du nom n’est certes pas innocent) est en effet le séant de la rationalité (à part un léger gonflage de nichons) sur lequel va se développer une expérience fantaisiste, avec l’injuste conséquence qui fait que l’on pourrait juger le personnage fade. A tort, Grace est simplement normale.

A coté des deux personnages principaux évoluent uniquement des individus propices aux déclenchements de gags. Et c’est là que le film fait fort, car tous sont parfaitement réussis. Que cela soit Max le chien pisseur fou, Steven Carrell (remarquable dans la comédie 40 ans, Toujours Puceau) dans le rôle du souffre-douleur de Bruce, et surtout Morgan Freeman dans la peau d’un Dieu vachement cool, tous apportent le grain d’humour léger que n’ont pas réussi à donner les gros sabots de Jim Carrey.
Et la morale dans tout ça ? Et bien, comme en pouvais s’en douter en constatant la mise en veilleuse de l’aspect psychanalytique du script, elle apparaît en fin de métrage, bien sucrée et très politiquement correcte. Certains diront que c’est le courant normal de ce genre de comédies, personnellement je regrette ce manque de prise de risque. Mais bon, n’est pas Frank Capra qui veut, surtout lorsque l’on traite de sujet aussi délicats que la foi ou l’existence du libre-arbitre (et le très périlleux débat théologique qui peut résulter de leur fusion : est-ce que le fait d’avoir la foi suivant un processus dogmatique peut influer sur le libre-arbitre ? Brr, quel questionnement épineux). Donc, probablement peu attiré par ce genre de défit, Tom Shadyac achève son film par un happy-end presque en opposition par rapport à sa thématique, mais fortement intégré à l’esprit American Way of Life.

La conclusion de à propos du Film : Bruce tout-puissant [2003]

Nicolas L.
60

Dans d’autres mains, Bruce Tout-Puissant aurait pu être un hilarant brûlot sociologique, un désopilant pamphlet philosophique. Dans celles de Tom Shadyac et de Jim Carrey, le film, voyant son aspect critique réduit à peau de chagrin, se trouve alors transformé en un sympathique divertissement sans grand danger. Ayant perdu la puissance qu’aurait pu dégager un sujet aussi fort, Bruce Tout-Puissant ne repose alors que sur son défilé de gags. Heureusement, ils sont souvent réussis et même si l’on peut justement reproché à Jim Carrey d’en faire des tonnes l’ensemble n’en souffre pas trop, grâce à la présence de seconds rôles bien travaillés et bien interprétés (vive Max le chien !).

Que faut-il en retenir ?

  • Idée originale forte
  • De bons gags
  • Des seconds rôles bien travaillés

Que faut-il oublier ?

  • Un traitement édulcoré
  • Jim Carrey, souvent trop excessif
  • Une fin trop convenue

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