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Critique du Film : Session 9

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 13 janvier 2007 à 11:27

Nettoyage en profondeur

Chargée de nettoyer dans un délai très court un immense complexe hospitalier, une équipe de cinq ouvriers s’entredéchire sous la pression du travail et les rivalités affectives… Mais s’il n’y avait pas que cela ?
Premier film de Brad Anderson, Session 9 est un thriller atmosphérique qui travaille le spectateur essentiellement avec la construction scénaristique et l’interprétation dramatique. Du point de vue du script, il est certains que le centre névralgique de l’intrigue, un ancien hôpital psychiatrique abandonné, peut faire office de déjà-vu, voire même de réchauffé. Et, au final, devant le produit fini, le spectateur cinéphile va également conclure que l’histoire en elle-même n’a vraiment rien d’exceptionnel ni ne très original (ni de très crédible d’ailleurs avec ces ouvriers soit disant stressés qui passent leur temps à se la couler douce et qui échangent des propos presque philosophiques).


Mais il y a au cinéma (comme au théâtre) cet élément primordial qu'est la construction narrative… Et là, je n’hésite pas à dire que c’est de l’excellent boulot, avec une superbe mise en pratique de l’art de construire progressivement un puzzle au reflets bien sordides. Le film monte lentement en pression, la folie couve… Jusqu’à un final assez violent et relativement perturbant du fait que les plans alternent alors les visions du psychopathe et les visions réelles de manière très enchevêtrées. Même si nombre de spectateurs avaient anticipées cette chute, la qualité de la réalisation et du montage rend tout de même le processus très intéressant.
Le fil conducteur qui permet aux révélations de s’enchaîner les unes derrière les autres est la fameuse bande magnétique entreposée dans la cave, ce témoignage médical que l’un des ouvriers écoute régulièrement, la nuit venue. Au cours de cette audition, une schizophrène dévoile une par une ses faces cachées jusqu’à ’arrivée paroxysmique de Simon, allégorie psychotique de la démence assassine. L’apparition de cette entité purement spirituelle - qui donne au film son petit cachet fantastique - est utilisée par le cinéaste comme catharsis freudienne des pensées refoulées de Gordon. A lieu alors une véritable purgation psychique du tueur qui revoit avec horreur le ‘’vrai’’ déroulement de cette dernière semaine sur le mur ‘’thérapeuthique’’.
Dans ce type de film essentiellement basé sur le poids dramatique, le mimêsis théâtral se doit d’être irréprochable, afin de permettre aux spectateurs une meilleure identification parmi les pièces de cet échiquier à 5 pions. Et, pour le coup, Brad Anderson a la veine de tomber sur deux acteurs au sommet de leur forme : David Caruso et Peter Mullan. Deux comédiens habitués aux interprétations dramatiques qui donnent leur meilleure d’eux-mêmes et qui rendent les sentiments et les pulsions émotives de leurs personnages quasiment palpables. On en vient à basculer sans répit entre ces différents personnages de construction complexe, cherchant vainement une accroche affective solide. En ressort une sensation d’instabilité très efficace pour ce genre de thriller.
Il est cependant dommage que Brad Anderson n’est pas réussi à mettre plus en valeur le coté labyrinthique de ses décors. Décrit au début du film comme une chauve-souris déployant ses ailes, j’ai plus facilement assimilé ce gigantesque réseau de couloir abandonnés à un cerveau de béton malade, avec sa mémoire enfouie dans les méandres de la cave, au milieu des cartons empilés. Un tel lieu aurait mérité, je pense, meilleur traitement. En effet, pour ne pas réussir à nous plonger dans un univers plus étrange, Brad Anderson ne parvient pas à faire peur, et ce qui aurait pu devenir un extraordinaire film d’horreur aboutit finalement à un ‘’simple’’ thriller atmosphérique. Ce qui, je l’avoue, n’est déjà pas si mal…

75

Session 9 aurait pu, avec une meilleure maîtrise des décors, devenir un véritable bijou du film d’horreur. Mais comme avec Le Machiniste, Brad Anderson prouve qu’il est plus à l’aise avec l’exploration de la psyché humaine qu’avec l’exploitation théâtrale de l’esthétique d’un plateau. Cependant, qu’importe, tant est grand le talent de ce jeune réalisateur pour transformer une histoire somme toute banale en un redoutable puzzle digne des meilleurs romans noirs. Au final, Session 9, qui bénéficie de plus d’une excellente distribution, est un thriller très efficace à défaut d’être effrayant, et passionnant jusqu’à son terme

Critique de publiée le 13 janvier 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Construction scénaristique exemplaire
  • Interprétation de haut vol
  • Excellente intensité dramatique.

Que faut-il oublier ?

  • Histoire finalement assez banale
  • Manque de richesse dans la mise en forme.

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