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La colline a des yeux >

Critique du Film : La colline a des yeux

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 22 juin 2006 à 05:25

La Colline a des yeux… et Aja du talent

Les années 70 marquèrent l’apogée d’un genre dénommé Survival. Style primal, il se voulait simpliste et efficace, avec une absence totale de psychologisme et d’étude de caractère. En filmant de manière abrupte et serrée, avec moult détails mais sans grands efforts de mise en scène, les souffrances de pauvres innocents égarés dans un environnement inconnu et hostile, le but des auteurs, la plupart assez jeunes, était clair : atteindre un seuil de répulsion, voir d’horreur à travers de pseudo réalistes scènes hystériques à forte puissance graphique. Son représentant le plus connu, bien sur, est le célèbre Délivrance de John Boorman, mais de nombreuses autres œuvres de série B bien plus malsaines envahirent les écrans et certains réalisateurs devenus célèbres y firent même leurs premières armes. Wes Craven figurait parmi eux, et ses trois films de genre peuvent se compter parmi les plus notables de cette catégorie. Même si La Ferme de la Terreur ne peut être considéré comme un bon film, il est indéniable que La Dernière Maison sur la Gauche et la Colline a des Yeux sont peut-être les meilleures œuvres – avec Les Griffes de la Nuit - de ce réalisateur aujourd’hui bien assagi.
Aussi, en cette période où les remakes voient le jour à un rythme frénétique, il était inévitable que le mythique Colline a des Yeux soit également sujet à relecture. Prévoyant et homme d’affaire avisé, Wes Craven devance la concurrence et produit lui-même ce nouveau regard tout en décidant de confier la réalisation à quelqu’un d’autre – hors de question, bien entendu, qu’il se voit subir une critique comparative. A la grande surprise du milieu, il choisit un jeune cinéaste français, Alexandre Aja, connu pour s’être déjà essayé au genre avec un plutôt réussi (malgré une fin pourrie) Haute Tension. Bien lui en a pris.
En effet, c’est un Alexandre Aja sans complexe qui se lance dans le grand bain des studios ricains. Ou plutôt dans le désert Mojave. A grand usage de cinémascope somptueux, il cadre les panoramas désertiques de manière calculée, en jouant sur de secs changements de valeur de cadre pour nous permettre d’appréhender l’immensité des lieux. Perdu au milieu de nulle part, la petite caravane ressemble alors à un esquif ballotté par les eaux au milieu d’un océan que l’on devine infesté de requins. En même temps, le début du film - après un ironique générique explicatif qui va plus loin que ce que Craven avait laissé entendre dans son film sur les origines de ce clan de dégénérés cannibales - se consacre aussi à introduire le spectateur dans l’intimité de cette famille quelconque, tout en laissant apparaître par des inserts voyeuristes des détails augmentant la sensation d’insécurité.
Puis vient la nuit. Et l’hystérie. L’attaque des monstres lubriques et baveux. Fidèle au genre, Alexandre Aja nous plonge dans un cauchemar irréaliste sordide, sexué, enragé et aux effets redondants qui choquent plus qu’ils n’effraient. Faussement artisanale, grandement stylisée, la narration devient mathématique et enchaîne des visions d’une violence extrême, presque essentiellement concentrées sur les victimes. A la manière d’un prédateur en chasse, la caméra, au cours de ces longues séquences d’exposition, ne lâche alors plus sa proie et nous fait subir le spectacle de sa torture en totalité, jusqu’à son dernier souffle. Une mort toujours explosive souvent ressentie par le spectateur – qui se remet à respirer - comme un soulagement. Cette violence nous fait oublier totalement les inévitables calculs scénaristiques qui pourrait nous faire décrocher – le bébé increvable, le chien super héros, le McGyver en herbe, une échelle de temps élastique – et l’on se prendrait presque croire à cette histoire et à se réjouir lorsque se produit ce twist improbable qui voit l’extermination de cette engeance dégénérée. Beaucoup pourrait trouver cela trop artificiel et être gêné par ce réalisme artificiel. Je dois admettre que cela ne m’a pas dérangé, d’autant plus qu’Alexandre Aja, par ce moyen un peu ‘’malhonnète’’, reste en totale adéquation avec les valeurs du genre.
De plus, avec ce confortable budget de 40 millions de dollars, le jeune français a pu bénéficier de tout le soutien technique et artistique possible. Et il l’a véritablement utilisé à bon escient. Les maquillages spéciaux sont si efficaces que ce nouveau Pluton parvient à nous faire oublier momentanément le personnage de Michael Berryman, star du film originel. Les effets gore sont nombreux et bien choquants sans tomber dans le grand guignol. Un énorme travail a également été fait sur le son, qui épouse parfaitement la trajectoire narrative du métrage et appuie avec efficacité tous les effets. Bref, de l’excellent travail.

90

En conclusion, je dirais que La Colline a des Yeux atteint parfaitement ses objectifs, tout en restant limité par les frontières de ce genre ultra balisé. Cela empêche le film de devenir vraiment une œuvre à part entière, mais son traitement est si efficace qu’il est le film de série B le plus réjouissant qu’il est été donné de voir depuis longtemps. Plus réussi en tout cas que Wolf Creek et Reeker, ses concurrents du moment. Alors, La Colline a des Yeux, le remake de l’année 2006 ? Peut-être…

Critique de publiée le 22 juin 2006.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation impeccable
  • Effets appuyés et choquants
  • Maîtrise totale du style

Que faut-il oublier ?

  • Un genre qui possède ses limites

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