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Critique du Film : Le Regard du Diable
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Critique du Film : Le Regard du Diable

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 16 juin 2006 à 0712

Hôtel particulier

Au cours d’une intervention, un flic perd son bras gauche en luttant contre un psychopathe tueur de femmes. Trois ans plus tard, reconverti dans le milieu pénitentiaire, il accompagne une équipe de jeunes délinquants chargés de travaux d’intérêt général dans un vieil hôtel délabré…
Lion Gates a le vent du gore en poupe. Après Saw et Hostel, voilà que la dynamique compagnie américaine en grande partie spécialisée dans le cinéma horrifique nous offre un nouveau spectacle bien craspec. Aux commandes de ce projet, les amateurs de frissons d’un autre genre auront la surprise de reconnaître le nom de Gregory Dark, un réalisateur de films X bien chiadées. Considéré comme un esthète dans le milieu pornographique, il affectionne en effet les mouvements de caméra sophistiqués et les effets photographiques quelque peu prétentieux mais assez artistiques, il faut bien l’avouer.
Cette fois-ci, même si le gore et le porno partagent un grand nombre de points communs – le goût de la transgression et de la violence, notamment -, ce n’est pas de langoureuses beautés offertes et humides qu’il doit imprimer sur pellicule mais bien au contraire des douloureuses images pleines de cruauté et de sadisme. Car le genre choisi, le slasher, ne permet pas la sensiblerie sous peine de tomber dans les affres du ridicule, comme de nombreux navets l’ont déjà prouvé (n’est-ce pas monsieur Williamson ?). On pouvait donc légitimement douter de la réussite de l’entreprise, d’autant plus que la pauvreté du scénario – huit jeunes poursuivis par un mec avec une hache – n’était pas vraiment fait pour nous rassurer.


En raison de ce manque d’originalité dans l’écriture de Dan Madigan, le film n’échappe pas aux tonnes de clichés dont le genre se régale. Huit jeunes gens stéréotypés (le con macho, la conne blonde, la gentille brune, la rebelle, le trouillard, l’obsédé, la gentille black, le gentil back) qui ne pensent qu’à forniquer entre deux fumettes, aux prises avec un tueur psychopathe d’apparence invincible nous rappelle forcément quelque chose. Il ne faut donc pas s’étonner si tout est forcément très con et prévisible. Ce qui est vraiment le cas. Pour se satisfaire, il n’y a plus qu’à se rabattre sur le style de traitement, les effets spéciaux et le niveau de réalisation.
Conscient de la faiblesse du script, Gregory Dark choisit délibérément l’optique ‘’bête et méchant’’. Cette décision amène parfois quelques séquences très ‘’amusantes’’ comme la scène de la blonde étouffée au moyen de son téléphone portable et celle de la chute mortelle de la gentille brune, le tueur n’obéissant en fait - avec un plaisir non dissimulé - qu’à sa demande à travers une scène de verrière qui n’est pas sans rappeler au cinéphile un certains Suspiria. On sourit donc souvent, en alternance avec de véritables scènes chocs qui se produisent lors des fréquentes interventions de Jacob, le tueur abruti accompagné de ses amies les mouches. Au-delà des jeunes et du flic – un personnage rapidement encombrant dont le réalisateur se débarrasse rapidement, de la même manière que l’accompagnatrice -, la star du film est bien cet exécuteur. Sorte d’image déformée d’une improbable résurrection de Jason Vorhees, Jacob Goodnight ( !) – incarné par le catcheur Kane – est vraiment impressionnant, bestial et totalement inhumain. Un monstre lobotomisé et robotisé avec un regard bovin dans lequel on devine rapidement qu’il est autant la victime d’une manipulation que ses proies le sont de ses exactions expiatoires.
Contrairement à Hostel, qui se perdait inconsidérément dans les égarements erotico-potache de quelques touristes en balade sexuelle, le réalisateur de See No Evil, à la manière du cinéma porno, entre directement dans le vif du sujet, - si je peux me permettre l’expression. Ainsi, après un tout petit quart d’heure sur fond de musique rap destiné à la présentation des personnages – avec un système très direct qui consiste simplement à afficher des titrages sous des images fixes cadrant les personnages (hommage à Peckinpah ?) -, on sait tout ce que l’on a à savoir au sujet des principaux protagonistes. Normal vu que leur profil psychologique est aussi creux qu’une réflexion philosophique de Van Damme…

Le reste n’est que boucherie. Et c’est à cette occasion que je vais pouvoir vous parler de la réalisation. Si l’on écarte la présence très chiante de cette sale manie d’utiliser à tort et à travers la technique de montage de plans à vitesse alternée – de plus en plus présente grâce au numérique -, je dois admettre que la mise en image, judicieusement éclairée, et la photographie très glauque – dans les gris bleu sale - m’a séduit. Même si cela n’est pas original pour un sou (çà ressemble à Hostel, Saw, et bien d’autre ‘’Seven like’’), c’est très efficace, avec peu d’effets de surprise gratuits, et également très démonstratif avec une forte présence de maquillages spéciaux bien dégueux. Les FX de Fuel Entertainment, nombreux et visuellement très explicites, sont d’ailleurs l’un des intérêts du film et l’amateur de gore va en avoir pour son argent.
Quand à la direction d’acteur, elle est ce qu’elle a besoin d’être. Pas besoin de s’appeler King Vidor pour filmer des gus affolés courant dans des corridors, avec un tueur au cerveau de poisson rouge aux fesses. Habitué à mettre en boîte des métrages contenant quatre phrases de dialogues et beaucoup de cris et de gémissements, Gregory Dark ne s’est pas senti dépaysé. Il a du être content.

La conclusion de

Pour conclure, je dirais que sans révolutionner le genre, See No Evil entre dans la catégorie des slashers acceptables. Plus dense que Hostel, moins scabreux que Saw, et beaucoup plus violent que les scream et consorts produit par Dimension Films, le film de Gregory Dark est finalement l’actualisation réussie des films débiles mais jouissifs des années 80 comme Vendredi 13, Maniac Cop ou les séquelles d’Halloween. Pour les amateurs du genre uniquement.

Que faut-il en retenir ?

  • Bien glauque et bien gore
  • Bons effets spéciaux
  • Réalisation et photographie réussie
  • Le tueur, assez ‘’colo-sale’’

Que faut-il oublier ?

  • Scénario débile et prévisible
  • Musique rap inappropriée en ouverture
  • Personnages creux et stéréotypés
  • Quelques effets ‘’artistiques’’ lourds

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