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Critique du Roman : La Cité des permutants
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Critique du Roman : La Cité des permutants

Avis critique rédigé par Manu B. le dimanche 11 juin 2006 à 0552

Un roman difficile

« Paul Durham ouvrit les yeux, cilla devant la clarté inattendue de la pièce puis tendit paresseusement la main pour la placer dans une flaque de soleil au coin du lit. Des poussières voltigeaient dans le rayon lumineux qui pénétrait obliquement entre les rideaux disjoints, et chaque particule semblait apparaître et disparaître comme par magie, évoquant un souvenir d’enfance de la dernière fois où il avait trouvé cette illusion si irrésistible, si hypnotique : Il se tenait sur le seuil de la cuisine, la lumière de l’après-midi sectionnait la pièce où poussières, grains de farine et volutes de vapeur tourbillonnaient dans la tranche d’air étincelante… »
Paul Durham se retrouve dans un appartement, une foule de souvenirs, de sensations que chaque humain éprouve normalement. Cependant, Paul n’est pas vraiment réel, il est une simple copie de l’original dans un univers virtuel et vit une existence virtuelle. Il est la copie presque conforme de son inventeur biologique : il a le même cheminement de pensée, les mêmes souvenirs… Mais comment va t-il gérer le fait de n’être qu’une copie ? Il sait que plusieurs autres « essais » comme lui en sont venus à se détruire pour cette simple constatation. Pendant ce temps, le vrai Paul découvre que certains modèles virtuels peuvent aboutir à un univers autonome. Comment le modéliser ? Qui y mettre ? Il va demander à Maria, travaillant à un nouveau modèle de l’aider à cette difficile tâche…
J’avais abordé ce roman sans aucune notion des automates cellulaires et j’avoue avoir pataugé un certain pour bien aborder cette œuvre assez technique sur le fond. Néanmoins, je me suis documenté depuis et après quelques recherches, les automates cellulaires sont étudiés depuis les années 40. Il en ressort que la notion essentielle est que, grossièrement, « la simple répétition d'une règle simple peut conduire à des mécanismes complexes » (voir article http://www.automatesintelligents.com/labo/2002/juin/wolfram1.html) Pour ce qu’il en est, Ulam, toujours dans les années 40 a suggéré de représenter les espaces cellulaires, véritables grilles où l’on pourrait appliquer des modèles (des règles) à chaque itération / répétition. Chaque modèle engendre des évolutions aux systèmes différents. On a le concept d’automate cellulaire. Malheureusement, ces modèles cellulaires ne sont intéressants que s’ils sont applicables au niveau macroscopique, c’est pourquoi Von Neumann y a travaillé notamment pour la notion d’intelligence artificielle. Créer la vie, créer la conscience. Etre capable de concevoir un modèle auto reproductible, donc autonome, vivant. Wolfram va plus loin et revient à considérer des cellules de 4 types : homogènes, simples, chaotiques ou complexes. Ce dernier type peut engendrer une configuration de type vivant et autonome. Donc ces AC réagissent comme de minuscules ordinateurs (une notion que Bear a abordé de manière plus biologique dans son roman la musique du sang), on peut tenir là notre système vivant, notre IA. Voir le très accessible dossier http://yann.fauche.free.fr/ia.pdf dont la lecture explicite vous permettra de tout savoir sur les AC.
N'en doutez pas, ce roman est assez difficile et c'est le moins accessible de Greg Egan. Il manque ce côté romancé et frise parfois le document technique, notamment au début du roman. Ceci étant dit, on ne pourra pas reprocher à Greg Egan d'être allé au bout du sujet, d'en avoir tari la substance tant ce roman est abouti. C'est là la difficulté de la cité des permutants, puisque l'auteur risque de semer les lecteurs en route, à cause de cette propension à aller au bout de ce que certains qualifieront de délire. Pour les patients, le roman s'ouvre sur une perspective plus large sur la deuxième moitié du livre. Car autant la première moitié s'attachait à démontrer la futilité ou bien l'absence de perspective à l'idée d'être la copie d'une personnalité dans un monde virtuel, coupé par la différence de vitesse temporelle et de contact physique, la suite nous entraine dans un autre monde fabriqué de toute pièce qui semble être un nouvel Eden pour les acteurs et les créateurs.
La métaphore finale qui semble être le renouveau, l'itération suivante dans l'AC est tout simplement magnifique et le passage de l'état initial à l'état final prend des proportions cataclysmiques que seul cet univers est capable d'appréhender, incluant par la même occasion les acteurs présents. Les créateurs ne sont ils finalement que des créatures issus de la matrice ? A partir du moment où cet AC semble vivant, autonome, autogénérateur, ceux qui le peuplent ont ils conscience de l'avoir construits ou d'en être les acteurs? Voilà une question à laquelle aucune réponse ne sont apportées par l'auteur.

La conclusion de

Un des plus difficiles romans de hard science que Greg Egan ait écrit. Neophytes s'abstenir.

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