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Critique du Roman : Cellulaire
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Critique du Roman : Cellulaire

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 2 mai 2006 à 0704

Appel aux meurtres

En ce 1er octobre, Clayton Riddell, dessinateur à la ramasse dans sa vie professionnelle comme dans sa vie matrimoniale, se trouve à Boston pour essayer de négocier un contrat qui pourrait relancer son existence de meilleure manière. Oui, mais ce jour là se produisit l’Impulsion. Et si la vie de Clay changea – en même temps que la destinée de millions d’individus -, cela ne fut vraiment pas de la façon attendue et espérée…
Après une épuisante, mais oh combien ! brillante sage de la Tour Sombre, qui s’achevait de la plus belle des façons, Stephen King, semi-retraité (parait-il) prolixe, nous offre un roman beaucoup plus léger, dans le sens contextuel du terme, avec une nouvelle vision post-apocalyptique et messianique intitulée Cellulaire.
Ce livre nous conte les aventures d’un artiste au fond du trou social et affectif qui, suite à un évènement mondial qui renverse toutes les valeurs établies, se voit offrir une nouvelle raison de vivre et de lutter. Le roman commence très fort, avec une cinquantaine de pages découpées de manière superbement cinématographique. 50 pages qui ne racontent en fait que quelques heures de la vie des principaux protagonistes, alors qu’ils sont confrontés à un inexplicable phénomène de mutation qui touche les utilisateurs de téléphone portable.
Avec un cruel et terrifiant effet domino, - les premiers témoins de ‘’l’incident’’ ayant comme premier réflexe de téléphoner à leurs proches pour avoir des nouvelles, sans se douter qu’ils se condamnent ainsi à la régression immédiate et irréversible – le lecteur assiste à la rapide plongée de la ville de Boston dans le chaos. Le tout d’une manière très crues et non dénuée d’un humour bien noir, comme sait si bien le faire le King des bons jours. Les gens touchés par l’Impulsion – les phonistes seront-ils appelés plus tard – se voient régresser au niveau primal, et deviennent par conséquent non pas des zombies, mais des bêtes sauvages, avides de meurtres. En oubliant toutes leurs valeurs affectives, sociales et hygiéniques. ‘’Tout a été effacé de leur mémoire, il ne reste que le noyau, et ce noyau est le meurtre’’ se verra entendre Clay un peu plus tard. Analyse un peu restrictive, mais bon… On est en pleine série B, non ?
Si cette trame nous fait bien évidemment penser à Zombie, le film de George Romero, avec cette minorité de ‘’normaux’’ tentant de fuir les zones hurbaines infestées pour se réfugier dans des endroits plus tranquilles, Stephen King, comme à son habitude, n’hésite pas une seconde à glisser dans la narration les recettes qui lui sont chères. La plus importante est bien entendue la construction de ce nouveau ka-tet (groupe d’élus à la destinée commune) composé de Clay, de Tom (un homosexuel débonnaire) et d’Alice (une adolescente, qui sera par ailleurs le personnage le plus attachant du roman). D’autres personnages rejoindront ce ka-tet au cours de leur chemin, Jordan (alter-ego masculin d’Alice) puis un autre trio, véritable copie conforme du ka-tet original (Dan, Ray et Denise). Tous à la recherche d’une nouvelle Tour Sombre : Kashwack No-Fon.
Et cette sensation de relecture n’est pas la seule, tant cette histoire se rapproche du Fléau, la complexité métaphysique en moins. S’il n’est pas évident de voir en ce Dépenaillé – leader d’une communauté de phonistes – une nouvelle apparition de Randall Flagg, la construction du roman renvoie tout de même au best-seller de l’auteur, avec ce traitement en deux parties.
En effet, si la première partie conte de la manière la plus simple possible (on se croirait revenu, avec plaisir, au temps de Danse Macabre) les tentatives de survie d’un groupe de fugitifs perdu en pleine apocalypse, au milieu de créatures sanguinaires et de ‘’normaux’’ guère plus fréquentables, le roman prend vers son milieu vers une autre orientation, avec l’introduction de cette mutation progressive des ‘’troupeaux de phonistes’’ en une entité unique, psychiquement surdéveloppée, mais aussi défaillante. Et, à ce moment, je dois bien avouer que mon intérêt s’est quelque peu effacé. J’ai eu la sensation que Stephen King s’égarait pour trop se disperser, sans vraiment aller au bout de ses idées. Cela n’est pas réellement inintéressant mais, affaibli par une histoire somme toute assez faible, ces complications forcées sonnent un peu creux et font l’effet d’un emplâtre sur une jambe de bois.
Même le final, un point fort en général dans les romans de Stephen King, et malgré des moments très réussis et bien dégueulasses, m’a donné une véritable sensation de bâclé – le passage qui narre les retrouvailles entre Clay et Sharon est consternant pour son néant émotionnel -, comme si l’auteur, soudainement conscient qu’il n’avait finalement plus rien à ajouter, avait mis un terme à une histoire poussive.

La conclusion de

Au final, je suis mitigé. On sent au cours des pages la volonté d’un Stephen King désirant se ressourcer, à travers une histoire simple, distrayante mais doté d’un fort potentiel horrifique. En ce sens, le livre avec ce début véritablement passionnant est une réussite. Mais l’œuvre pèche aussi par un manque de substance narrative qui voit l’histoire s’essouffler, des protagonistes peu attachant car peu définis (à part Alice) et une orientation dramatique axée sur l’anti-modernisme peu explicite, voire même carrément vulgaire. Une petite déception lorsque l’on connaît et admire les capacités de l’auteur.

Que faut-il en retenir ?

  • Un début excellent
  • Pour les amateurs de gore
  • Le style King, humour noir compris

Que faut-il oublier ?

  • Un essoufflement progressif
  • Une deuxième partie assez confuse

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