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Critique du Film : Peter Pan
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Critique du Film : Peter Pan

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 14 février 2006 à 0937

Un retour (réussi) au Pays Imaginaire

La dernière version de Peter Pan qu’il m’avait été donnée de voir était celle d’un Steven Spielberg qui, à cette occasion, s’emmêla sérieusement les pinceaux dans une vaine de tentative de décryptage du mythe. Un essai assez malheureux qui aboutit, à mon humble avis, à la première anicroche au cours d’une brillante carrière jusque là irréprochable.
C’est donc avec une grande méfiance que j’ai entamé la vision de ce blockbuster enfantin. Et, à ma grande surprise, je dois avouer que je suis rapidement tombé sous le charme. En effet, j’ai tout d’abord été séduit par le choix du cinéaste Paul J. Hogan de respecter presque à la lettre le texte originel et encore plus le célèbre dessin animé. Un magnifique hommage qui, de plus, renvoie sur un territoire reconnu, qui évoque la magie parmi les plus vieux d’entre nous. Le scénario suit ainsi presque séquence par séquence la trame classique et met en scène la totalité des personnages habituels. Un panel de personnages auquel on peut ajouter celui de la tante Millicent, créé pour l’occasion, qui n’apporte pas grand-chose, mais qui sert cependant de mesure étalon de la bonne pensée de l’époque – qui est, rappelons le, le tout début du 20ième siècle.
Donc, si ce film n’est en rien une surprise et par conséquent ne possède aucune originalité, quels sont donc ces particularismes qui contribuent à en faire son charme ? Tout d’abord, j’opterais, en tant qu’adulte, à l’excellente mise en valeur du facteur psychologique contenu dans le récit, notamment dans le traitement du syndrome de Peter Pan. Une possibilité de seconde lecture qui évite au film de sombrer dans le puéril, voir le bêtifiant, et qui apporte son lot de séquences fortes en émotions. N’oublions pas que Peter Pan, comme Alice au Pays de Merveilles par exemple, est un récit pour enfant, certes, mais écrit à une époque où la psychanalyse prenait racine directement dans les questionnements des enfants.
Le deuxième élément qui joue en faveur de cette version est la bonne crédibilité de certains personnages principaux, comme Peter Pan, Wendy, les Enfants Perdus, Mousse et Crochet. Le rôle principal est interprété de manière convaincante par le jeune Jeremy Sumpter, même s’il on sent qu’il est nettement plus à l’aise dans sa romance avec Wendy (une liaison aussi poussée que dans la version de 1924, qui met en avant le traitement adulte du sujet) que dans les cascades et les scènes d’actions. Il fait de toute manière un Peter Pan très crédible. Passons sur la prestation de la débutante Rachel Hurd-Wood qui s’en sort plutôt bien dans le rôle de Wendy l’initiatrice, et venons en au cas de Jason Isaacs, car il en vaut largement le détour.

Jeremy Sumpter, un Pan plutôt convaincant

Acteur peu reconnu, Jason Isaacs interprète dans le film un double rôle, celui de monsieur Darling et du capitaine Crochet. Un choix judicieux, qui permet une projection de cette image d’adulte responsable au cœur du Pays Imaginaire, et qui de par sa nature mature, devient à l’occasion un véritable briseur de rêves en endossant le costume du pirate acariâtre. Une initiative séduisante et intéressante qui illustre bien que Hogan a tout compris des enjeux contenus dans le texte. De plus, les deux rôles sont parfaitement interprétés, avec ce personnage de banquier protecteur et finalement assez sensible et peu sur de lui. Une attitude fragilisée qui permettra un final très émouvant avec une séquence de retrouvailles qui ne tourne pas au ridicule.
Au niveau de la réalisation, c’est encore une réussite, avec de magnifiques effets spéciaux et des mélanges de textures qui nous rappellent à la fois ces livres pour enfants et ces vieux films d’aventures en cinémascope des années 50. Le tout porté par la magnifique musique de James Newton Howard. De nombreuses scènes sont très belles, comme le balai amoureux entre Wendy et Peter Pan, le bal des Fées, l’arrivée du bateau pirate au dessus de Big Ben, et nous plongent littéralement en pleine féerie. Un véritable ravissement pour les yeux et les sens. Il faut en féliciter grandement le vétéran Donald McAlpine, directeur de la photographie d’œuvres aussi diverses que Moulin Rouge ou Narnia.
Jason Isaacs dans son rôle du capitaine Crochet

Il est dommage que la présence de quelques défauts d’importance émaillent la jolie pellicule dorée de cet enchantement. Le plus choquant étant le personnage de Clochette. Julia Roberts s’était déjà vautrée lamentablement dans le rôle, Ludivine Sanier ne fait pas mieux, mais plus par des choix de mise en scène qu’à cause de ses qualités de comédienne. En effet, comme dans l’histoire originelle, le cinéaste a décidé de la laisser muette. D’accord. Mais pourquoi alors l’avoir transformée en cette imitation d’un Harold Lloyd couineur et grimaçant ? Le personnage, en plus d’être agaçant, en devient grotesque.
D’autres détails, moins importants, gênent la narration. Je pense à ces pistes dévoilées mais qui restent complètement inexplorées, ce qui ne manquent pas de susciter quelques interrogations. Quelle est la signification, s’il y en a une, de l’esquisse de romance entre Lily la Tigresse, personnage d’ailleurs totalement sous exploité, et John ? Je n’en vois vraiment aucune, surtout que Peter Pan se doit d’être le seul à voir son innocence enfantine remise en cause au cœur du Pays Imaginaire. On pourrait parler aussi des sirènes, à peine montrées et pourtant si originales, et de la mise en retrait des Enfants Perdus et des Indiens. Des aspects abordés de manière assez franche, puis brusquement abandonnés, qui donne au métrage un curieux goût d’inachevé.

La conclusion de

Sujet casse-gueule, réalisé par un cinéaste plus enclin à la comédie sentimentale – Muriel, Le Mariage de mon Meilleur Ami -,devoir de séduire à tout prix le jeune public : Peter Pan avait tous les ingrédients réunis pour se transformer en véritable catastrophe. Et on est vraiment heureux que cela n’est pas été le cas. Même si elle n’est pas parfaite, cette énième adaptation cinématographique n’est certainement pas la pire, et ses nombreuses qualités – photographie, interprétation, fx – prennent largement le pas sur des défauts flagrants qui auraient pus être évités.

Que faut-il en retenir ?

  • Respect de l’œuvre de James M. Barrie
  • Interprétation bonne dans l’ensemble
  • Superbes effets spéciaux
  • Composition musicale magnifique

Que faut-il oublier ?

  • Le personnage de Clochette, encore…
  • Quelques choix scénaristiques incohérents.

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