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Critique du Film : Solaris

Avis critique rédigé par Manu B. le lundi 13 février 2006 à 05:59

Manque quelque chose...

Un mot sur le roman de Stanislaw Lem. Ecrit en 1961, le roman solaris de Stanislaw Lem nous retrace l'arrivée du Dr Kelvin sur la base orbitale humaine sur le monde Solaris.
Les deux points essentiels de ce roman sont: d'une part la relation entre le Dr Kelvin et l'avatar sous les traits de sa femme bien-aimée décédée, et d'autre part l'histoire incroyable de cette base et de la planète en elle-même.
La divergence du film par rapport à l'oeuvre. Il est toujours frustrant de voir un film adapté d'un roman que l'on a aimé. Cette frustration vient du fait que l'on aimerait mettre en image tous les faits marquants de ce roman. Malgré la parfois bonne volonté du réalisateur, de grands passages ne sont pas adaptables sur grand écran, ou bien le formatage des 2 heures maxi du film nécessite de grosse coupes déchirantes, que l'on retrouve dans les versions DVD. Solaris ne déroge pas à la règle. Il est des choses qui nous transporte par la lecture, il est des choses qui nous terrifie par la lecture, il est des choses que l'on ressent par la lecture que le film ne rend pas.
Soderbergh a choisi (ou non) de se concentrer sur Kelvin et ses démons. Il est vrai que la relation de Kelvin avec son ancienne femme est le point sentimental fort ce roman. Et de ce point de vue, le choix de George Clooney a été un atout de poids, car son interprétation de cet homme déchiré et torturé par le choix de vivre avec elle tout en sachant la vérité ou bien vivre avec la vérité mais sans elle, est stupéfiante. Jamais il n'avait aussi bien joué dans un rôle dramatique, car sans en faire des tonnes, il réussit la performance de capter l'attention et de sembler porter toute la misère du monde. Soderbergh, par des procédés qui ne sont pas sans rappeler le 2001 de Kubrick, comme les plans fixes, sans bruit, sans un mot, durant des secondessemble avoir compris l'intemporalité de ce qui se joue dans cette base. car tout se passe en dessous, parmi les volutes de cette mer qui n'en est pas une.

Solaris
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Les symetriades, les formes que l'on peut observer à la surface de Solaris, du point de S Lem n'ont d'ailleurs rien à voir avec ce que nous a proposé Soderbergh, ou bien il n'a pas lu le roman. Voici un extrait du roman: "Imaginons, disait-on, un édifice datant de la splendeur de Babylone, mais construit dans une substance vivante, sensible et capable d’évoluer; l’architecture de cet édifice passe par une série de phases et prend sous nos yeux les formes d’une construction grecque, puis romaine ; les colonnes, telles des tiges végétales, deviennent ensuite plus minces, la voûte s’allège, s’élève, s’incurve, l’arceau décrit une parabole abrupte et se rompt en flèche. Le gothique est né, il atteint sa maturité, le temps fuit et de nouvelles formes se dessinent; l’austérité de la ligne disparaît sous les explosions d’une exubérance orgiaque, le baroque s’épanouit sans retenue ; si la progression se poursuit, étant toujours entendu que nous considérons les mutations successives comme les étapes d’une vie évolutive, nous arrivons enfin à l’architecture de l’époque cosmique, et nous parvenons peut-être à comprendre ce qu’est une symétriade." Ces quelques phrases sont d'une évocation puissante et imagée, il y a de la poésie dans ce qu'écrit S Lem, dans laquelle Soderbergh n'avait qu'à se pencher pour puiser l'inspiration dont il a fait défaut pour ce film, sans se creuser trop la tête. Dommage, dommage, dommage.
Solaris
solaris

Le dernier point que Soderbergh n'a pas abordé est l'histoire de cette base, les tentatives pour percer le mystère de Solaris, les nombreuses expéditions, les pertes des hommes qui s'étaient approchés trop près de cette mer, qui les a englouti, les vols d'engins qui ne sont jamais revenus, et puis la rarefaction des expéditions sur cette planète qui tourne autour de deux soleils de masse différente (une chose incroyable a priori, et pourtant). Et qui expliquerait la peur paranoïaque qui suinte dans cette base, pas une terreur panique mais une tension palpable qui transparait sur la première moitié du livre, ce que je n'ai pas assez ressenti dans ce film, même si la musique entretenait un soupçon de tension. Mais la musique ne peut pas tout rattraper. Cette peur doit apparaitre dès son entrée dans la base, avec les avatars. Une tension qui atteint son paroxysme lors de la première mort de l'avatar de Kelvin où on entend les bruits sourds répétés à l'intérieur de cette capsule qui emporte l'avatar, un bruit qu'aucun humain ne pourrait faire sur du métal. C'est cette dernière scène qui m'avait le plus impressionné !
Solaris
solaris

Et enfin, le dénouement, qui n'a ni queue ni tête.
Il est toujours frustrant de voir un film adapté d'un roman que l'on a aimé.
Malgré tout. C'est très bien filmé. J'ai beaucoup aimé ces plans fixes, le jeu des acteurs. Ce Solaris est très beau du point de vue esthétique, la base est magnifique, les décors épurés et il n'y a rien de clinquant, ce futur ne me choque pas et je m'y verrais presque. Enfin du hard-science probable et proche de nous au cinema! Donc beaucoup de points positifs si ce n'est d'avoir tronqué la moitié du roman d'adaptation.

65

Un beau film qu'il convient de voir sans avoir lu le roman avant.

Critique de publiée le 13 février 2006.

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