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Critique du Téléfilm : La prophétie du sorcier
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Critique du Téléfilm : La prophétie du sorcier

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 28 décembre 2005 à 1340

Magiciens, roi félons et démons.

Dans le monde aux milliers d’îles de Terremer, le jeune fils de forgeron Ged sauve son village de la destruction en utilisant ses pouvoirs magiques. En faisant cela, il attire l’attention du magicien Ogion qui décide d’en faire son apprenti. Pendant ce temps, dans les Royaumes Kargades, le roi Tygath complote, intrigue et livre bataille pour devenir le maître de Terremer et acquérir l’immortalité.
La Prophétie du Sorcier est une adaptation très libre des deux premiers tomes du cycle de Terremer, cette œuvre majeure de la littérature fantasy, écrite il y a une trentaine d’année par Ursula K. Le Guin. Auteur féminin très connu dans le genre, peut-être la plus célèbre avec Marion Zimmer Bradley, elle utilisait pour narrer l’histoire de ces terres emplies de magie, de dragons et de conspirations, un talent bardique indéniable, qui page après page, projetait notre imagination dans un monde merveilleux, à travers un véritable parcours initiatique.
Les créateurs de cette mini-série ont, décidé d’emprunter d’autres voies, plus simples et plus directes, afin que la narration puisse s’adapter aisément au standard télévisuel et au format de trois heures, ce qui est peu pour narrer de manière fidèle une histoire aussi touffue. Cela entend par cela ; des passages complètement occultés – comme de l’importance des Dragons -, des simplifications peut-être excessives et de nombreuses approximations et incohérences. Tout, finalement, pour agacer le fan méticuleux qui pourrait interpréter cela comme une marque d’irrespect, et l’inciter à abandonner la vision du téléfilm – sincèrement, je pense qu’il aurait tort. Pour exemple, prenons le début du métrage, ou est introduit le personnage de Ged.
Dans le roman, le héros principal s’appelle à ses débuts Dan. Il est le dernier né des 7 fils d’un fondeur de plomb. Alors qu’il n’est âgé que de 11 ans, il parvient à égarer des soldats dans un brouillard magique en dévoilant ses aptitudes particulières venant de sa mère – décédée – et de sa tante maternelle, qui l’a initié à cet art. Passionné par les rapaces, il apprend également à contrôler les faucons, les buses et les éperviers. A 13 ans, il reçoit la visite d’Ogion le Mage qui lui propose de devenir son apprenti. Et à ce moment, sa tante lui confie son véritable nom d’esprit : Ged.
Dans la version télévisuelle, par contre, le jeune héros est déjà un adulte au début du film, il est le fils unique du forgeron du village – c’est sur, c’est plus prestigieux – et son nom est Ged. Il fréquente une mystérieuse sorcière amnésique qui l’initie à la magie et qui lui confie la moitié de l’amulette. Lorsqu’il met en déroute les soldats Kargades en utilisant un brouillard magique, il révèle ses capacités extraordinaires, ce qui entraîne la venue d’Ogion. Et c’est ce dernier qui confie à Ged son véritable nom : Epervier (sic).
Cette interprétation a comme défaut de supprimer complètement la notion d’hérédité magique, si chère à l’auteur. Pour elle, la magie est indissociable des liens du sang, et cette prise de position entraîne l’existence d’individus ‘’élus’’’ par le Destin. A la façon du wyrd nordique, ces êtres exceptionnels sont prédisposés pour accomplir des actes héroïques. Ne pas tenir compte de cet aspect primordial dénature profondément le canevas mystique sur lequel repose Terremer, et le spectateur exigeant peut légitimement se demander pourquoi Ged serait l’élu. Lui, et pas un autre.
Tout le film repose sur cette simplification extrême et entraîne l’œuvre sur la route du simple divertissement privé de deuxième lecture. Le séjour de Ged sur l’île de Roke est un autre exemple de cette ‘’vulgarisation’’ abusive. A l’origine, île sacrée et mystérieuse, lieu d’érection d’un collège de magie redouté et empli de secrets, comme une sorte d’Avallon scolastique ou une réplique de l’école du Souffre-Jour – voir les Chroniques des Crépusculaires -, elle devient avec cette adaptation télévisuelle une école du pur style Poudlard avec des pensionnaires qui ressemblent plus à des collégiens à l’esprit potache qu’à des sages étudiant essayant de percer les secrets des arcanes. Il ne manque plus que les lancers de petits pois à la cantine…
Cependant, malgré ces défauts, on peut prendre un réel plaisir à la vision de cette Prophétie du Sorcier. Tout d’abord, le peu qui a été conservé de l’histoire originelle est bien traité, notamment les séquences traitant de la vie dans le temple de l’île d’Atuan, ou sont scellés les Innommables. Même si on a un peu l’impression que les prêtresses ont été sélectionné lors d’un casting L’Oréal, la performance convaincante de la comédienne Isabella Rosselini dans le rôle de la Grande Prêtresse de cet ordre féminin doté de pouvoirs métapsychiques – à la manière du Bene Gesserit – donne un aspect véridique à l’ensemble. Seule la scène où elles prient toutes devant la porte pour empêcher les démons de s’échapper prête un peu à sourire.
D’ailleurs, on sourit souvent. Plus que dans le roman, dans tous les cas. Le principal déclencheur humoristique du film est le personnage de Estariole, l’ami sorcier de Ged. Gourmand, potache, gaffeur et doté d’une grande richesse de cœur, il incarne le parfait compagnon, une sorte de Sam Sagace – qui a dit Ron ?- mis au goût du jour ; qui est celui du buddie movie. Cela a pour conséquence de rendre, bien entendu, le film encore plus naïf et de l’éloigner encore plus de la dramatique ésotérique qui enveloppe le roman.
Du coté des effets spéciaux, évidemment, téléfilm oblige, ce n’est pas la panacée. Mais le réalisateur a eu le bon goût de ne pas en abuser et d’essayer de traiter les quelques rares présents de la meilleure façon possible. Ainsi, le dragon est animé de manière très convenable et les démons sont assez impressionnants. J’ai également beaucoup aimé les plans d’ensemble des panoramas qui ressemblent à des vieux matte-painting et dont le coté artificiel et aérien donne une impression de féerie bienvenue. Mais le plus convaincant sont les décors et les costumes, qui par leur coté véridiques et vétustes donnent au film un coté sérieux et fignolé. Certaines scènes sont vraiment très réussies, comme celle de la bibliothèque du Collège, avec ses petites runes s’envolant en cours de lecture et son surveillant binoclard assis sur un siège exagérément surélevé.
Pour finir, un mot sur l’interprétation. Là encore, une bonne surprise. Les acteurs chevronnés comme Danny GloverOgion –, Isabella Rosselini – la Grande prêtresse – et Alan Scarfe – l’Archimage – sont dans le ton et donnent vraiment du relief au film. Quand aux plus jeunes, c’est assez inégal. Dans le rôle de Ged, Shawn Ashmore s’en sort plutôt bien, de même que Jennifer Calvert dans celui de Kossil, la méchante de service. Par contre, la jolie Kristin Kreuk, que l’on a pu voir dans la série Smallville est assez terne en jeune prêtresse dont la destinée devrait être la future direction du Temple. Mention bien également pour le méchant roi des Kargades, incarné par le français Sebastian Roché et pour Chris Gauthier – le sosie du Jorge Garcia de la série Lost – qui assume parfaitement le rôle de Vesce Estariole.

La conclusion de

En conclusion, à la condition d’oublier qu’elle est une adaptation du chef d’œuvre de Le Guin, la Prophétie du Sorcier est un téléfilm distrayant et présentant un bon nombre de qualités comme en produit souvent SciFi Channel. Bien réalisé et interprété, il souffre bien sur d’un manque de moyens, mais ses autres qualités compensent largement cette carence et le porte au dessus d’œuvres plus ambitieuses, comme Dungeons & Dragons, par exemple.

Que faut-il en retenir ?

  • Interprétation correcte
  • Décors et costumes réalistes
  • Effets spéciaux soignés
  • Réalisation consciencieuse

Que faut-il oublier ?

  • Adaptation vraiment trop libre
  • Absence de profondeur spirituelle

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