75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°6 : Vador nous consulte sans Adblock alors pourquoi pas vous ?
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Kaamelott >

Critique de la Série Télé : Kaamelott

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 9 janvier 2010 à 09:41

Un final en demi-teinte...

Après un Livre V vraiment réussi, réussissant à transformer un simple programme court en une véritable série télé ambitieuse qui mêlait avec maestria humour et drame, on attendait avec impatience un dénouement, des réponses, et, surtout, la suite directe du très efficace cliffhanger ayant conclut la saison. Pourtant, le Livre VI prend toutes ces attentes à contre-pied en ne proposant pas de suite, mais une vraie préquelle se situant quinze ans avant les faits jusqu'ici racontés dans la série ; cette sixième et dernière saison prend donc ainsi place à Rome, s'intéressant aux manigances politiques ayant abouti au sacre d'Arthur comme roi de Bretagne. Pour l'occasion, les acteurs réguliers de la série ont donc suivi une belle cure de rajeuneissement - perte de poids, coloration de cheveux et rasage de barbe en règle - afin d'incarner leurs personnages avant l'arrivée d'Arthur et la quête du Graal.

La majorité de la saison se déroule donc dans les mur de la cité de Rome, ne se transposant totalement dans le décors gris de la Bretagne qu'à l'occasion du septième épisode. Ainsi, de nombreux personnages phares de la série n'apparaissent très peu dans ce Livre VI, certains n'étant présent que de façon très anecdotique ; au final, aux côtés d'Alexandre Astier, seuls Lionnel Astier, Joelle Sevilla et Jacques Chambon gardent des rôles proéminents, le reste du casting principal étant composé de nouveaux personnages interprétés par une pleiade de comédiens confirmés - Tcheky Karyo , Patrick Chesnais, Pierre Mondy. C'est ainsi une série renouvellée avec l'arrivée temporaire de quelques nouveaux rôles forts - François Levantal, Manu Payet, Emmanuel Meirieu - qui s'offre à nous pour un ultime voyage télévisuel, sorte de chant du cygne aux allures de prélude.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que d'un point de vue formel, cette sixième saison de Kaamelott a sacrément de la gueule. Tourné dans les décors de la Cinecitta, la série est aujourd'hui bien loin des décors de carton-pâte et des costumes kitchs que l'on pouvait voir à l'écran à ses débuts. A aucun moment, les épisodes ne paraissent fauchés, et ce qui est montré à l'écran semble toujours conforme à une idée idéalisée que l'on peut se faire de la Rome Antique. Le tout est sublimé par une judicieuse utilisation de couleur chaudes pour caractériser la cité Romaine, et ce en parfait contrepoint des couleurs grises et ternes de la Bretagne. Même dans son montagne, Kaamelott s'est libéré des contraintes du programme court - liberté que n'avait pas encore le Livre V - son découpage étant désormais plus libre et plus fluide. L'ensemble est donc techniquement irréprochable, au point même que l'on ne penserait presque pas se trouver devant une série française produite par une chaine gratuite.

D'autant qu'au milieu de ces magnifiques décors, à l'intérieur de ces superbes costumes, les comédiens livrent des prestations plus que convaincantes. Passons sur la performance d'Alexandre Astier, qui maîtrise son personnage sur le bout des doigts - et qui continue, peut-être plus que de raison, à explorer le côté sombre d'Arthur - pour s'attacher à ces performances remarquables, dont le pathétisme du personnage de Tcheky Karyo et la superbe déchéance de celui de Pierre Mondy sont les points culminants. S'appuyant sur des dialogues une nouvelle fois très forts - la marque de fabrique de la série - les divers acteurs s'en livrent à coeur joie avec leurs personnages, les anciens donnant une régularité - Perceval et sa stupidité, Bohort et sa lâcheté, le roi Loth et ses traitrises - quand les nouveaux offrent un sang neuf particulièrement bienvenue à la série - Capito le rentre-dedans, Verinus la petite balance.

Le niveau qualitatif, déjà très haut, ne s'arrête pas là. C'est en effet une saison scénaristiquement très construite que nous livre Alexandre Astier, chacun des neufs épisodes étant partie intégrante d'une intrigue globale. Aucun écart, pas de perte de temps ou d'épisodes destinés à meubler, l'histoire de ce Livre VI a des péripéties, tenants et aboutissants qui ne sont jamais perdus de vue, allant parfois même à l'encontre de l'humour de la série, un peu à la manière de la dépréssion d'Arthur dans le Livre V. La trame scénaristique est d'ailleurs à ce point ambitieuse que neuf épisodes ne suffisent clairement pas à la traiter ; ainsi, certains points subissent malheureusement des raccourcis génant, et ce à l'image de l'histoire d'amour vécue par Arthur et Aconia, laquelle manque sérieusement d'intensité faute à un traitement très expéditif.

Mais au final, deux choses font réellement chuter le niveau qualitatif de cette ultime saison. D'une part, fait qui ne chagrinera probablement que les fans purs et durs, le scénario fait la part belle à nombre d'incohérences par rapport à ce qui est dit dans les livres précédents. D'autre part, nettement plus dommageable, la fin de ce Livre VI est à ce point expédiée qu'elle réduit considérablement la force des autres épisodes. Entre la fin du flashback, qui se termine par la mort anecdotique, et donc frustrante, d'un personnage que l'on avait appris à apprécier, et la suite du Livre V qui, bien que brillante sur la forme, expédie en cinquante minutes ce qui aurait dû mettre une nouvelle saison à être développé en bâclant le tout de manière peu crédible et en amenuisant l'impact et la richesse de la saison précédente - notamment quant à Lancelot et Méléagan - la fin de la série, avant un passage au cinéma suggéré par les dernières images, n'aura clairement pas été à la hauteur des espérances et des ambitions.

75

Si Alexandre Astier ne réussit pas à atteindre le niveau qualitatif du livre V, il n'en livre pourtant pas moins une dernière saison ambitieuse, formellement sans fautes et bénéficiant d'un casting dont les performances sont en tout point remarquable. Si la série bénéficie toujours d'une qualité d'écriture certaine, il est cependant regrettable que le dénouement, beaucoup trop expéditif, amoindrisse à la fois la force des premiers épisodes ainsi qu'une partie du livre précédent.

Critique de publiée le 9 janvier 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Un casting en or massif,
  • Des répliques qui font mouche,
  • Un scénario construit et cohérent,
  • Formellement très qualitatif,
  • Une bande originale agréable.

Que faut-il oublier ?

  • Des raccourcis parfois dommageables,
  • Une fin totalement ratée,
  • Des incohérences à la pelle,

Acheter Kaamelott en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Kaamelott sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Suis nous sur facebook !