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Critique du Film : Cabin fever
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Critique du Film : Cabin fever

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 18 octobre 2005 à 0933

La fièvre gerbeuse

Quand j’y pense, j’en rigole encore. Cabin Fever est l’un de mes rares fendages de gueule de ces dernières années. Précédé à l’époque de sa sortie d’une solide réputation de délire et d’outrecuidance, je peux dire que je n’avais pas été déçu. Je l’ai depuis revu plusieurs fois, avec le même plaisir sadique.
Cabin Fever raconte les aventures de 5 étudiants qui ont décidé le temps d’un week-end d’aller s’éclater dans une cabane de location, située au fond des bois. Leur ‘’retraite’’ bucolique, consacrée essentiellement à la consommation excessive de bière et de baise, est soudainement perturbée par l’irruption d’un personnage mystérieux qui semble atteint d’une terrible maladie. Un mal qui dissout les tissus humains, transformant les malades en écorchés vifs pustuleux. Après ‘être ‘’débarrassé’’ du malade indésirable, les jeunes gens décident de quitter la région. Mais il est trop tard, la pandémie a gagné les membres du groupe et la panique s’instaure parmi eux, engendrant la violence…
Dans Cabin Fever, loin des canevas habituels de films pour ado du style Scream, Urban Legend et leurs succédanés (le dernier The Fog, paraît-il), et même au style subjectif très à la mode en ce moment (Dark Water, le Cercle, etc.), le jeune Eli Roth joue dans ke registre de l’horreur institutionnelle dont le paroxysme fut atteint dans les années 80 par le génial Sam Raimi avec ses Evil Dead, restés dans les mémoires.
Les ingrédients sont tous présents, post adolescents déjantés et libidineux, lieu isolé entrainant cette sensation de huis clos, autochtones cruels et débiles, absence totale de hors champ - l’épiphanie des viscères, comme le dit si bien Jean-Leutrat (Vie des Fantômes, p25, collection Essais, Cahiers du cinéma) – et surtout un humour potache bien gras.
Pourtant, lors de sa sortie, il y avait bien lieu de se méfier de ce film précédé par sa réputation. En effet, bien avant sa sortie en salles en France, tous les amateurs de films d’horreur avaient déjà entendu parler de la pseudo histoire de ce jeune réalisateur qui se serait ruiné pour mettre à jour son projet, lequel aurait d’ailleurs tapé dans l’œil de David Lynch. Le battage médiatique qui suivit, dans la même veine que celui du miteux Blairwitch Project, par l’intermédiaire de l’Internet et de la télévision, a ensuite bien fait monter la sauce et circuler la légende, notamment au niveau de cet ‘’histoire de gamin ninja fou’’.
Il y avait de quoi être échaudé, même si le film avait été fort bien accueilli lors des festivals de Sitges et de Gérardmer. De plus, avec les temps qui courent et la mise en vedette des ex-trublions du gore que sont Peter Jackson et Sam Raimi, il était légitime de redouter une manœuvre promotionnelle du distributeur, Lions Gate International (qui, soit dit en passant, est un excellent distributeur…).
En fait, cela serait faire injustement tort à Eli Roth que de persister dans la suspicion de malhonnêteté car, même si l’on peut ne pas apprécier son style ‘’bête et méchant’’, force est de reconnaître la sincérité de ce ketchup-movie délirant, digne des meilleurs films des années 80. car Cabin Fever est avant tout un hommage aus bandes horrifiques qui ont saturés les écrans puis les magnétoscopes des eighies. Si le cadre est très proche des deux premiers Evil Dead (la cabane au fond des bois), on peut y trouver des composantes de nombreux autres films de la période comme la décomposition des chairs vivantes (Street Trash), les autochtones encore plus dangereux que le virus (La colline a des yeux), le garçon complètement barge qui passe son temps à mordre et à faire du karaté – qui rappelle par certains aspects le garçon sauvage de Mad Max II, silencieux et apathique puis soudainement violent, et le prêtre de Brain Dead pour son attitude incongrue.
Le film est malsain, crade et… critique. Car le message, même s’il est primaire, est présent. Dans Cabin Fever, à partir du moment où la contamination commence à toucher les protagonistes, les lois sociales s’envolent un peu comme dans un film de Romero. Et personne n’est épargné, car contrairement à Evil Dead avec Ash, le héros indestructible, tous les personnages du film sont finalement abjects et ils ne pensent qu’à une seule chose, sauver leur existence, à n’importe quel prix. Et au final, le gentil jeune homme timide que l’on a pris en sympathie au début du métrage s’affirme comme étant aussi pourri que l’abruti de service qui s’acharne à flinguer de pauvres écureuils, notamment lors d’une scène mémorable où il flanque sa petite amie dans une porcherie délabrée.
Par un autre aspect, Cabin Fever est également un film sur le vieillissement, la dégradation par le temps et la maladie, autrement la teneur éphémère de la beauté. Et, pour illustrer cela, il s’attarde plus particulièrement sur le pourrissement des chairs des deux jeunes filles, si désirables au début du métrage. Un peu comme si l’on surprenait la fille de nos rêves assisse sur des chiottes, en train de déféquer. Le trauma est double, pour le voyeur qui s’aperçoit qu’il a été dupé par son idéalisation sexuelle, et pour la victime, surprise dans un état qu’elle désire cacher par-dessus tout.
Bien évidemment, pour faire passer la pilule et empêcher tout spectateur normalement constitué de ressentir une furieuse envie de gerber devant tant d’abominations (il ne voit pas les choses comme Lucio Fulci, c’est sûr), Elit Roth a choisi d’utiliser le rire, déclenché par l’horreur exacerbée, dans le pur style du théâtre Grand Guignol. Nous rions de nos défauts et de nos imperfections physiques, de nos défaillances morales, et de notre fragilité organique

La conclusion de

Comme vous pouvez le remarquez, j’ai beaucoup aimé Cabin Fever, non pas par nostalgie d’un temps révolu (un peu, quand même) mais pour sa tentative osée et réussie d’un retour aux sources, un pèlerinage au sein de l’essence justificative du Gore. Dans le sens où parfois, le Gore peut être considérer comme un art, provocateur et révélateur.

Que faut-il en retenir ?

  • Un film gore qui n’est pas Z.
  • Effets spéciaux dégoûtants et nombreux.
  • Humour décapant.
  • Critique humaine acerbe.

Que faut-il oublier ?

  • Peut dégoûter les âmes sensibles
  • Humour très lourd, faut aimer.

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