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Critique du Film : Los Angeles 2013
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Critique du Film : Los Angeles 2013

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 3 octobre 2005 à 0925

Snake Plissken revient et il est pas content

Alors que nous sommes plongés depuis quelques temps déjà dans une délirante période animée par le comique (hum !) George dobeulliou, il m’a semblé opportun de vous toucher un mot de ce petit bijou de cynisme pétaradant qu’est Los Angeles 2013, une sorte de remake survitaminé de New York 1997.
Plus de 15 ans après ses exploits à New-York, on retrouve notre rouleur-des-mécaniques favori ; ‘’Appelez-moi Snake’’ Plissken, dans une fâcheuse posture. Après quelques déboires dans la cité de Cleveland – dont on ne connaît pas la teneur mais que l’on devine liée à une action contre le gouvernement – le cow-boy des temps modernes est à nouveau prisonnier des autorités, qui lui proposent un deal.
Plissken doit pénétrer à l’intérieur de la zone franche de Los Angeles – qui est devenue une île suite à un séisme – afin de récupérer une mallette contenant un système sophistiqué de contrôle satellite, et éliminer à l’occasion la fille du président, reconnue coupable de haute trahison. Chahuté, voir même ridiculisé, le héros que tout le monde semble déçu de rencontrer vraiment – ‘’je vous voyais plus grand’’, diront d’un air dépité bon nombre de ses rencontres durant l’aventure – se retrouve encore une fois obligé d’obtempérer.
La mallette est dans les mains d’un révolutionnaire (le français Georges Corraface), sorte de succédané castriste, qui se balade en ville en Cadillac et ameute les foules. Après quelques rencontres de voyage – une jeune femme musulmane (Valeria Golino) qui meure d’une balle perdue, un surfeur agité du bulbe et un agent touristique opportuniste – Plissken parvient, avec l’aide d’un ancien complice devenu travesti, à récupérer la mallette.
Revenu au QG de police de manière très rocambolesque, Plissken se fait une dernière fois remarquer en jouant les fortes têtes et en utilisant l’appareil contenu dans la mallette pour mettre hors service tous les services électroniques, informatiques et électriques de la planète.
‘’Appelez-moi Plissken’’, seront les derniers mots du poor lonesome cow-boy qui, une sèche à la bouche, s’éloigne dans la nuit.
Malgré son objectif premier, qui est celui du divertissement, il n’est pas difficile de deviner en Los Angeles 2013 une sévère satire sociale. Les Etats-Unis sont devenus une nation aux mains du fondamentaliste chrétien le plus primaire – l’alcool, le tabac, les autres confessions religieuses et les actes sexuels hors mariage sont prohibés et les contrevenants sont sévèrement punis – auquel s’ajoute une xénophobie exacerbée (Cuba et le Mexique sont considérés comme des pays du tiers-monde !). Toutes les valeurs prônées par l’article un de la constitution sont donc mises à bas par cet état religieux totalitaire et moralisateur. Cela vous dit quelque chose ? Pas de problème, c’est normal.
Comme il s’agit d’un pays chrétien, on n’emprisonne pas les criminels, cela ne serait pas bien. Quoique certains subissent le châtiment suprême de la chaise électrique, la plupart des condamnés sont expulsés du territoire national. En effet, la nation ‘’se débarrasse de ces poubelles’’ (dixit Malloy / Stacy Keach) en les envoyant dans l’île de Los Angeles, une sorte de gigantesque Alcatraz sans gardiens, qui est cernée de l’autre coté de la baie par un mur infranchissable.
Ce que ne se doutent pas les responsables du gouvernement américain, ni la masse populaire d’ailleurs, c’est que cette zone sans loi est devenue en fait pour les résidents les plus forts une sorte d’Eldorado, le pays de toutes les libertés – on peut même y changer de sexe - mais où l’existence peut être très courte. ‘’Ici, si je le désire, demain, je peux me balader en manteau de fourrure’’ déclare la jolie Talisma avant de mourir, abattue par une balle perdue. Cela pose en quelque sorte la thématique ‘’Hawksienne’’ de John Carpenter qui met en avant sa mentalité très ‘’pionnier’’, où la liberté appartient à ceux qui luttent pour la conserver, avec des moyens ambiguës comme l’autodétermination, l’autodéfense et même la fourberie. Dans l’univers de Carpenter, la place réservée au faible se trouve dans un cercueil. Au mieux.
C’est dans cette sorte d’univers post-apocalyptique surpeuplé – contrairement à la solitude et l’isolement qui émanent des plans mettant en scène le président et ses sbires - que Plissken va accomplir sa quête. Tel Ulysse, il va subir différentes épreuves – celle de Bervely Hills est assez cocasse, où il se trouve dans une clinique de chirurgie esthétique remplies de fous dangereux – pour finalement arriver à prouver sa valeur dans une épreuve typiquement américaine ; un match de basket-ball au sein du Coliseum, qui se déroule dans une ambiance très ‘’jeux du cirque’’. En réussissant le test et en mettant son adversaire dans l’obligation de se parjurer, le héros, malmené depuis le début inverse les rôles et se met en position de force pour la première fois, même s’il est blessé dans l’affaire.
C’est à partir de ce moment où Plissken prend le film à son compte. Cependant, il ne peut parvenir seul à remplir sa mission et il doit demander l’aide d’un ancien ‘’collègue’’ qui l’a autrefois trahi. Et l’idée d’opérer une attaque aérienne ne vient pas de lui mais d’un second couteau assis dans un coin. Encore une fois, John Carpenter nous laisse à penser que Snake, à part mettre le foin, ne sait pas faire grand-chose.
C’est en grande partie en raison de ce traitement stéréotypé que le twist final nous surprend, de la même manière que les responsables gouvernementaux. Après sa mystification avec la fille, la ridiculisation du président (Cliff Robertson) et son geste final, on se rend compte que Carpenter nous a roulé dans la farine et il nous révèle un autre Plissken, plus réfléchi, plus fourbe aussi, et qui se pose comme l’initiateur d’un monde nouveau. Un messie nihiliste qui ne s’appelle plus Snake mais Plissken. Et qui est finalement aussi grand que la légende le laissait croire.
Pour mieux faire passer la pilule, le réalisateur imprègne le film d’un humour omniprésent et nous offre de nombreuses séquences complètement décalées. Parmi les plus réussies, on peut noter la rencontre de Plissken avec Eddie (Steve Buscemi), qui se présente à lui, au milieu de gravats, comme un guide touristique et celle avec le surfeur (Peter Fonda) attendant un tsunami. Comme s’il avait peur que le message social ennuie le spectateur, Carpenter ne peut s’empêcher de faire le pitre. Si la technique nous permet de passer quelques moments de bonne rigolade, il est dommage qu’elle est pour effet de diminuer grandement l’impact intellectuel de l’œuvre, qui aurait mérité mieux.
Snake Plissken ne serait pas ce qu’il est sans la présence du génial Kurt Russell, qui ‘’se la pète’’ de manière éhontée, frisant le ridicule. Tout en émanant un terrible charisme dans les scènes de tension, et en étant très impressionnant dans les scènes d’actions. Dans le rôle du guide touristique filou, on trouve un Steve Buscemi habitué à ce type de prestations, il est donc parfait. Comme le reste de l’interprétation d’ailleurs. On notera la présence de Peter Fonda, qui malgré son age canonique interprète de manière hallucinée un surfeur casse-cou. Les rôles féminins, eux, ne sont pas à la fête. La craquante Valeria Golino ne fait pas long feu et la fille du président (Michelle Forbes) est une fille à papa versatile et à l’esprit futile. La seule fille ’’qui en a’’ est d’ailleurs un travesti, interprété par Pam Grier. Bref, les féministes en ont pour leur compte. Du coté technique, rien à redire. La réalisation et le montage sont parfaits pour ce type de film. Du cut rythmé à l’ancienne, dans la plus tradition des actionners hollywoodiens des années 80, le tout bercé par une musique connue mais efficace – composée par Carpenter, bien sûr. Par contre, les effets spéciaux sont un peu limites et certains sont carrément foireux, comme la big wave qui porte les deux surfeurs, à la limite du ridicule (manque d’argent, de temps, ou de talent ? Les trois peut-être ?). Heureusement, le séquence de combat final entre les deltaplanes et la petite armée surprise au sol est parfaitement réussie et nous fait oublier les défauts connus par-ci par-là.

La conclusion de

Los Angeles 2013 n’est certainement pas le meilleur film de John Carpenter. Hésitant trop entre l’actionner déconneur et la critique sociale, il n’arrive pas vraiment à poser son cinéma et il reste dans le flou. Heureusement, son talent lui permet d’échapper au piège du nanar et il transforme ce dangereux exercice en un film d’aventure dynamique, humoristique et finalement assez jubilatoire. On peut cependant regretter que la critique sociale, très intéressante, soit occultée par ce manque de prise de responsabilités.

Que faut-il en retenir ?

  • Séquence d’actions parfaitement maîtrisée
  • Interprétation excellente
  • Mention spéciale à Kurt Russell
  • Parfois très drôle

Que faut-il oublier ?

  • Critique sociale mal assumée
  • Effets spéciaux parfois ratés
  • Misogyne ?

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