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Critique du Film : Paycheck

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 6 septembre 2005 à 11:05

Film à effacer

Est-il judicieux de connaître son avenir au prix de son passé ? Quel est le plus important ? Savoir de quoi le lendemain sera fait, ou se plonger dans les souvenirs, ces innombrables pièces de puzzle qui ont construit notre personnalité ? C’est une question que l’on peut se poser en regardant Paycheck, l’adaptation d’une nouvelle de Philip K. Dick à la sauce John Woo. Mais on peut s’en poser une autre ; ‘’qu’est-ce que t’as foutu, Johnny ?’’.
Commençons par les points qui m’ont semblés positifs
J’ai beaucoup apprécié ce jeu de piste avec son tas de petits indices dans une enveloppe. J’ai été amusé par le fait que Jennings soit un sacré farceur, car une fois sa mémoire effacée, il courrait le risque que son futur moi, excédé, jette ce foutoir qui ne contient même pas une petite note explicative bien dissimulée. Peu importe, le résultat est intrigant et prenant, et comme dans une série à épisodes, on attends avec impatience l’occasion ou il aura à utiliser tel où tel objet.
Le traitement intelligent du FBI qui, pour une des rares fois, n’est pas caricatural et arbitraire. Ce choix permet de donner une profondeur inattendue à des personnages pourtant secondaires, comme l’inspecteur Dodge, tout simplement humain.
Enfin, on le sait, John Woo maîtrise parfaitement la réalisation des scènes d’action et même s’il nous ressert à chaque fois la même sauce, je dois admettre qu’elle est bonne. Cascades et effets spéciaux pyrotechniques, chorégraphie des combats, cadrage et montage, tout est impeccable, et cela ne nous étonne pas.
Mais hélas, de nombreuses carences viennent gâcher le film
Sur un pitch intelligent, John Woo construit un film bancal, inégal. Le script, adapté assez fidèlement d’un récit qui n’est pas vraiment le meilleur de l’écrivain, accumule les interrogations, notamment sur la légitimité des visions de Jennings lors de son utilisation de la machine. Il sait qu’on va lui tirer dessus, mais il ne sait pas qu’un sosie de sa maîtresse va essayer de l’abuser, par exemple. On ne connaît pas trop les critères de sélection, cela est fortement contrariant. De plus, certains détails gênants sont suffisamment gros pour ne pas être relevé, comme le fait que la carte d’accès d’un employé viré fonctionne encore dans une société aussi protégée que celle de Rethrick, ou que finalement, si les criminels avaient mis une balle dans la tête du héros, cela aurait été plus rapide et plus sur (ou jeté du haut d’un immeuble, comme un de ses collègues).
La construction des personnages fait ensuite un tort considérable au film, on dirait que John Woo, aux commandes d’un projet qu’il maîtrise mal, ne sait pas vraiment où il va. Notamment dans la mis en place du personnage de Porter, la maîtresse de Jennings. Cette fille, sensée être en théorie une biologiste réputée, se voit attribué au début un esprit potache, futile et puéril ; la séquence de l’arrivée de Jennings au laboratoire est ridicule de niaiserie, et ce n’est pas les gros plans sensuels à la Wong Car Waï qui rattrape la sensation de n’importe quoi. C’est, à mon avis, le plus mauvais rôle de la carrière de la délicieuse Uma Thurman, même si elle essaye de bien faire. Elle y arrive parfois, comme dans la séquence de la chambre où elle se rend compte que son amant l’a complètement oublié, un des rares moments d’émotion dans ce film d’une platitude émotionnelle navrante.
Cette conception des personnages, incohérente et improbable, devient carrément stupide au milieu du métrage, lorsque les deux amants deviennent de véritables spécialistes des arts martiaux et de l’utilisation d’armes à feu. Voir ces deux savants (dont un est resté enfermé dans un labo pendant trois ans pendant que l’autre taillait des rosiers) effectuer ces prouesses dignes de véritables ninjas est du plus gros effet comique… hélas involontaire.
Pour rester dans la catégorie ‘’ratage’’, parlons un peu du choix de Ben Affleck dans le rôle principal. Mélange insipide de Richard Gere et Steven Seagall, cet acteur est aussi expressif qu’une dorade exposée trop longtemps chez mon poissonnier. Ce qui donne, durant les scènes de dialogue, l’impression fréquente d’écouter un exposé sur l’utilité du mou de veau. Que l’on aime ou que l’on aime pas cet acteur (vous avez deviné mon camp), il vaut avouer qu’il n’a pas du tout les capacités dramatiques que nécessite un tel rôle d’homme torturé psychologiquement.

40

Pour conclure, je dirais que John Woon, ce (talentueux) faiseur d’actionners, s’est hasardé sur un terrain qui n’est pas le sien et qu’il s’y est vautré. Moins fun que Total Recall, moins ‘’cérébral’’ que Minority Report, Paycheck est une œuvre mineure sans âme qui ne va pas rester dans les mémoires, même dans celles qui n’ont pas été effacées.

Critique de publiée le 6 septembre 2005.

Que faut-il en retenir ?

  • Les scènes d’action réussis
  • Le jeu de piste

Que faut-il oublier ?

  • Scénario un peu bancal
  • Personnages peu crédibles
  • Ben Affleck
  • Aucune profondeur dramatique

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