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Bifff : rencontre avec Vérane Frédiani et Frank Ribière

Publié il y a 8 ans par Richard B.

Les producteurs de « À l’intérieur » nous parlent du cinéma de genre en France

A l'occasion du festival du Bifff de cette année, nous avons eu le privilège de rencontrer Vérane Frédiani et Frank Ribière, producteurs de la fabrique du film. Il est vrai que l'on donne rarement la parole aux producteurs et, lorsque cela se produit, c’est en général pour nous parler d’un film en particulier. Il nous a semblé donc intéressant, cette fois-ci, d’obtenir des enseignements plus généraux - comme sur les particularismes du métier de producteur -, mais aussi, et surtout, de connaitre la nature du regard qu'ils portent aujourd'hui sur le marché du film de genre « français ». A ce titre, rappelons-nous que Vérane Frédini et Frank Ribière sont derrière les projets tels que « À l’intérieur » ou « Crimes à Oxford ».

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Quand vous produisez un film dit « de genre » quelle liberté laissez-vous à vos réalisateurs ? Devez-vous parfois les freiner?
Vérane Frédiani : Je pense que sur « À l’intérieur » nous n’avons freiné personne (rire)
Frank Ribière : Non ça ne se freine pas, c’est à dire, ce à quoi l'on aspire, c’est que la violence des films soit nécessaire, par rapport au scénario. La violence inutile ou tout ce qui ne servirait pas l’histoire...
Vérane Frédiani : la torture pour la torture, ça ne sert à rien.
Frank Ribière : oui et ça, c’est dangereux. Car, au bout du compte, nous nous sommes aperçus que les spectateurs ont surtout envie d’avoir peur. Ça, c’est très important ! Il y a une petite vague de personnes dans le milieu du film de genre français ou européen qui ont essayé de repousser les limites des films d’horreur pour tenter de se démarquer des films américains. Mais, franchement, la série « Saw » a vraiment déjà positionné les limites! C’est difficile aujourd'hui de faire un film « gore » sans aller trop loin. Sur « À l’intérieur » nous avons trouvé que la violence était justifiée. Honnêtement, on a décidé de ne rien toucher et nous sommes content d’être allés au bout.
Comment produit-t-on un film aussi original qu’« À l’intérieur » ? Un film qui a peut-être chamboulé les personnes sensibles, mais qui, je pense, a du faire plaisir aux fans de genre ?
Vérane Frédiani: oui c’est un film qui, même avant sa sortie, était déjà « culte ». Parce que qu'il est rare de voir un film comme ça, ou même rare de voir un film de genre. Ce genre d’histoire s'inspire aussi bien des films asiatiques que des vieux films d’horreur anglais. Donc effectivement il y a plein d’influences de genre, les bonnes séries « Z » aussi et les série « B »...
Frank Ribière (qui enchaine): C’est un film qui a amené beaucoup de gens à s’intéresser aux films de genre, parce qu’effectivement, il y a une aura plus « culte » que « commerciale » et ça pousse les gens à dire qu’en France, en Europe, il y a des personnes qui peuvent aller loin, faire des films intéressants et bien réalisés, bien écrits, etc. Mais ça ne règle pas le problème du marché commercial de ces films là. Et c’est vrai qu’aujourd’hui il y a un public avec des fans, mais c'est des personnes extrêmement blasées, un public extrêmement demandeur, et il est très difficile de savoir ce qu’ils veulent. Ce qui est très dur pour les producteurs, c’est d’avoir le "coup d’avance". On connaît bien ce public puisque nous faisons des films d’horreur depuis 5 ans avec la fabrique du film, et l'on se demande encore comment on peut avoir ce "coup d’avance" comme il y a eu avec « the Descent ». Que les gens n’ont pas vu arriver ! Parce que, finalement, « The Descent » ce n’est que 6 filles coincées dans une grotte, techniquement aucun amateur de genre ne devrait y aller. Pourtant, ça a marché ! Ce film a marqué et il est commercialement réussi ! Comme « Saw », mais c’est très dur à trouver.
Vérane Frédini : mais pour répondre à la question "comment on fait", c’est sur que c’est des films qui doivent se faire avec des budgets cohérents, on peut pas faire un film de genre en français avec des millions et des millions d’euros. Il faut rester dans une enveloppe, on va dire entre 2 et 5 millions d’euros, sinon, au-delà, on tente de le tourner en anglais. Après l’avantage de tourner en français et dans des budgets cohérents, c’est que même si le marché français pour l’instant n’est pas réactif - réactif à rien, sauf à « Bienvenu Chez Les Chtits » -, les marchés étrangers par contre sautent sur l’occasion, et lorsque vous arrivez sur un festival comme celui-ci (Le Bifff), les gens sont hyper-curieux de voir un film de genre français en français. Ce sont des films qui voyagent énormément, qui se vendent très bien à l’étranger, qui ont une vie très longue en dehors de la France. Bien sûr, en France on aimerait qu’il y ait un super festival de genre... Enfin si, il y en a un, mais voilà pour moi il n’existe pas, ce n’est pas fait par des gens qui aiment le genre. C’est vrai que ça manque cette culture-là en France, et elle est en train de s'éteindre progressivement. Alors, je le dis une fois encore, il y a des producteurs et des réalisateurs qui qui en meurent d'envie.
Surtout qu'il y a beaucoup de jeunes talents qui ne demandent que ça, réaliser ce type de films !?
Vérane Frédiani : oui, il y a Xavier Gens, puis...
Frank Ribière : Oui, il y en a, mais il faut aussi se méfier. Beaucoup de gens se sont intéressés au genre parce qu'ils y ont vu une véritable opportunité commerciale, et ils ont pas eu forcément raison. On a eu un moment en France des gens qui n'avaient rien à voir avec le genre et qui ont proposé des projets. On est pas loin d'avoir le film de genre des années Thomson... un jour on va l'avoir, c'est évident, parce qu'il y a une demande. C'est un secteur relativement marginal aujourd'hui et il y a qu'un support évident du film de genre c'est Canal +. Sans Canal +, il n'y a plus de films de genre en France. Que ce soit le film de Gens, que ce soit « ils » etc... il n’y a pas un film qui n’entre pas dans ce cas-là.
Vérane Frédiani : oui, une bonne partie du financement vient de Canal +, qui est d'accord pour passer ces films-là sur leur chaine. Ça, c'est la chance de la France.
Frank Ribière : Sans cela, il n’y a pas de film, sans cela, on est obligé de les faire en anglais. Je dirais que c'est le plus de canaux pour la langue française c'est, en participant à ces films-là ! Il y a 3 ou 4 films par an qui se seraient fait ailleurs, en anglais, mais grâce à Canal + ils se sont faits en français et en France.
Vérane Frédiani : après, une fois que le film est tourné, il faut voir aussi comment le distribuer. Il y a une vraie censure de la part des salles de cinéma qui ne veulent pas projeter ce genre de films. Il faut se battre pour avoir une centaine de copies, mais il y a des villes en France qui ne prennent pas de films interdits au moins de 16 ans. Comme Clermont-Ferrand! Les 2 salles qui sont à Clermont-Ferrand appartiennent à la même personne, et cette personne-là a décidé qu'un film interdit au moins de 16 ans ne rentrerait plus dans sa ville. Ce qui fait que même si ces films sont divertissants, ils sont vus en DVD mais pas en salle.

A l'intérieur - © La Fabrique de Films

C'est vrai que beaucoup de gens voulaient voir « À l’intérieur » et il se sont plains de pas pouvoir le voir dans leur salle habituelle.
Vérane Frédiani : Oui, c'est ça!
Frank Ribière : Si on avait pas eu le soutient de UGC et de quelques indépendants, le film n'aurait pas eu de salles c'est évident! On les voit les personnes sur les forums qui s'énervent « oui je suis à Bordeaux, j'ai pas de film! », et nous on leur répond: « mais mon ami, si on pouvait on en mettrait 3 copies. » Des copies, on en a. C'est facile à faire des copies.
Vérane Frédiani : Je pense effectivement que le problème de la distribution se pose aussi. Nous on veut bien le faire, mais c'est qu'après il faut que la chaîne continue pour qu'il arrive bien jusqu'aux spectateurs.
J'ai remarqué aussi que vous suivez beaucoup la carrière de Alex de la Iglesia, vous avez produit pas mal de ses films, c'est un réalisateur que vous aimez beaucoup ?
Vérane Frédiani : oui, déjà c'est un réalisateur qui est plein de talent... et qui est fou (rire), il a une idée à la minute, un script par jour minimum. Conc on essaye de suivre (rire). Mais, de toute façon, il faut dire qu'en général le cinéma espagnol nous plaît. Je le trouve en ce moment beaucoup plus innovant, bourré d'idées et de talent et il se lance dans des productions qui n'ont pas besoin de millions d'euros. C'est surtout une expression d'idées et ça c'est génial! Après Alex de la Iglesia en particulier, c'est quelqu'un qui a pour vocation d'avoir une renommée internationale, et nous on aimerait participer à ça!
Frank Ribière : oui, c'est le Guillermo del toro de l'Espagne !
Vérane Frédini : on veut lui apporter les moyens de faire des films qui soient vus partout dans le monde et qu'il puisse réaliser tout ce qu'il a dans sa tête! En ce moment on travaille avec lui sur « la marque jaune », une adaptation de Blake et Mortimer. Bien, son script est dément, donc il faut arriver à concrétiser! C'est à dire, c'est quelqu'un qui vient d'un cinéma un peu potache, qui peut être fait avec 2 francs, mais dans sa tête, il y a d'énormes Blockbusters! Et moi je trouve cela très intéressant de suivre quelqu'un jusqu'à ce qu'il puisse faire son Blockbuster ! Et pas aux États-Unis, ainsi il va garder sa liberté... enfin il fera des compromis bien sûr, mais pas autant que s'il travaillait directement aux États-Unis.
Blake et Mortimer est une bande dessinée assez célèbre, vous misez beaucoup dessus ? Vous pensez que cela sera un grand succès ?
Frank Ribière : C'est a dire qu'il y a une base assez intéressante, qui permet à Alex de mettre en place son monde un peu fou. Parce qu’en elle-même la bande dessinée, derrière ses airs so british, est déjà extrêmement subversive, et il y a déjà des personnages étranges. On est dans un environnement extrêmement particulier. Puis, de toute façon, c'est un gros coup de cœur d'Alex, et cela depuis tout petit. Depuis qu'il l'a lu, il pense à la faire. Nous, nous étions moyennement convaincus jusqu'au script. Parce qu'on dit toujours « bah voilà, Blake et Mortimer c'est deux mecs un peu british qui parlent forcément l'anglais, donc forcément on va pas le faire en français, du coup on va le faire à l'internationale. Cependant il a une forte notoriété, mais pas forcément anglo-saxonne". Puis, au bout du compte, c'est certainement la meilleure histoire à faire aujourd'hui. Parce que c'est universel, parce que c'est comme Tintin, c'est aussi fort, c'est aussi fort qu'un James Bond, qu'Indiana Jones... C'est marrant parce qu'il y a eu un épisode de Blake et Mortimer qui a été "optionné" par Spielberg, c'était « Le Mystère de la Grande Pyramide » et deux ans plus tard il a laissé tomber l'option, mais comme par hasard il a créé un personnage de professeur qui allait en Égypte. Puis, c'est bien, cela peu faire un film européen !
Cela veut-il dire que l'on peut voir naître le film de « genre » aventure en Europe ?
Vérane Frédiani : c'est l'idée, c'est ce que l'on aimerait!
Frank Ribière : C'est exactement l'idée, car aujourd'hui on s'est rendu compte que « l'horreur » au sens pur du terme a un marché extrêmement limité et finalement ce n'est pas ce qu'attendent les spectateurs. Ce que les spectateurs de genre attendent aujourd'hui c'est d'être bluffés sur un film européen. Il n’y a pas besoin de films américains à 2 balles avec des « Happy-end » et des personnages normaux. Ils ont besoin de ressentir des choses pour des personnages qui peuvent leur ressembler ou être accessibles. Pas un truc formaté américain, même si la plupart des films américains sont vraiment bien. Bon, faire mieux qu'Indiana Jones ça va être dur, pour qui que ce soit...
Mais faire mieux que la Momie sera possible?
Frank Ribière : oui, des films d'action ou d'aventure. Il y a aussi des films qui ont pas été compris. Je me souviens de Darkman, de Sam Raimi, qui est un film superbe. Nous, on vise cet esprit-là qui mélange l'émotion, les personnages sensibles et de l'action où l'on reste collé au siège.
Quelles sont les productions que vous envisagez à l'avenir ?
Vérane Frédiani : On va faire un tournage, là, au mois de juin, un film qui s'appelle « Humain » qui sera moins gore qu’« À l’intérieur », mais qui sera un film d'horreur et d'aventure, avec des jeunes réalisateurs. Ce sont les responsables des effets spéciaux de « À l’intérieur » qui vont le réaliser. C'est un film avec Dominique Pinon, ... enfin, il y a un casting français, un film qu'on tourne entre la France, le Luxembourg et la Suisse. Et je ne sais pas si on peut révéler plus de choses que ça ...
Frank Ribière : c'est un survival, mais quelque chose d'inhabituel qui n'a jamais été fait. Ce qui court après nos héros n'a jamais été utilisé. Ça sera la surprise du film, mais c'est quelque chose que tout le monde connait. ... Enfin, ce n'est pas une politique ou quoi que ce soit, on ne se rend même pas compte de ce qu'on fait. On aurait du mal a faire un film d'auteur français, c'est moins cher que faire une psychanalyse, c'est ce qu'on leur dit...
Vérane Frédiani : Non, mais je pense qu'on va faire des comédies, des comédies noires, ou des comédies tout court. Ca, on va en faire, mais on ne fera jamais le film français typique, prise de tête, psychologique ou chacun se regarde son nombril pendant une heure et demie, ça non! Mais bon en ce moment c'est plus intéressant de travailler sur le cinéma espagnol ou anglais.
Le cinéma anglais et espagnol bouge plus ?
Vérane Frédiani : Oui, on le voit, on distribue là « the cotage ». « Rec » on l'a vue, on ne travaille pas dessus, mais c'est un super film. On le voit bien c'est toujours le cinéma britannique et espagnol qui revient. Surtout cette année. Puis il y a Times Crime qui est super bon...
Frank Ribière : très très original vraiment, super bien écrit, très surprenant, c'est le premier film sur le voyage dans le temps qui y a un quelconque intérêt! C'est extrêmement fort! Puis « The cottage » c'est vraiment bien aussi, c'est l'humour anglais que nous aimons. Un humour anglais qui permet au film d'horreur de gagner en intensité, en éclat de rire puis en peur.
Vérane Frédiani : Je pense que la projection ici de « The cottage » va être un bon délire! C'est vrai que « The cottage », « Rec » et « À l’intérieur » dans la même soirée, je pense qu'il y a des gens qui vont être heureux!
Il y a de bons films produits par « B-Movies » pour exemple « Maléfique» mais aussi beaucoup de déceptions, quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?
Frank Ribière : Sur « B-movies » mon avis est simple. je n'aime aucun des films. Je trouve que les 4 sont à la fois sans intérêt et à la fois révélateur de quelque chose. On ne peut pas le nier. Tout ce qui ont participé à « B-movies » sont à l'origine d'une prise de conscience disant, « on peut faire du cinéma autrement en France, avec des moyens tout de même - même réduits- et proposer un film différent». Et la première chose qui nous a paru incroyable, c'est le nombre de gens qui ont répondu au truc. Après on a vu quels étaient les problèmes, c'est que les gens ne savent pas écrire en France. Parce que l'on ne s'improvise scénariste dans son coin, seul, en se disant que tout ce que j'ai dans la tête, je vais le sortir et ça va faire un script. Mais ils ne veulent pas apprendre. Ils ont des problèmes d'apprentissage, et, plus grave, un problème de développement. C'est-à-dire une fois qu'ils ont écrit on ne peut plus toucher! Ou si l'on touche, il faut que ça soit eux qui le fasse! Ils ne comprennent pas le travail en commun ou en équipe.
Vérane Frédiani : ils ne comprennent pas que ça s'écrit à plusieurs, que le script évolue, que, forcément, ça évolue avec les acteurs aussi, et avec les producteurs, et qu'au final c'est une collaboration. Et c'est vrai qu'il y en a beaucoup qui croient qu'une fois qu'ils ont écrit un script, forcément, ils vont le réaliser eux, et que personne n’a rien à leur dire. Et ce n'est pas grave si le film est moyen, car si c'est une bonne série B qui sort en DVD, ça leur ira. Forcément on est obligé de leur expliquer que le cinéma c'est professionnel et que même si aujourd'hui il y a les DV et tout ça, on peut tourner aussi en HD. bah voilà, le cinéma reste un métier.
Frank Ribière : Puis ensuite, sur les 4 réalisateurs qui ont fait des « B-movies » il y en a 3 qui n’ont rien fait par la suite. Eric Valette depuis le temps qu'il doit faire des films, il n’y arrive pas, les 2 autres ont disparu. Puis Laurent Tuel, il a fait une comédie : Jean-Philippe, qui n’a rien à voir avec un film de genre. Comment dire ? Il faut rester positif, c'est une très bonne expérience et s'il fallait le refaire on le referait, mais ça nous a aussi aidé à voir ou était le problème. Le problème c'est le script, la mentalité, et au bout du compte le manque de producteur pour accompagner les gens. Puis nous, on ne peut pas s'occuper des 30 scripts, on est fâché avec la moitié des jeunes scénaristes intéressants en France, car forcément on reçoit plein de scripts par semaine, et on en prend un par an. Donc c'est toujours le même problème. Mais ça a ouvert la porte.
Merci pour tout Frank et Vérane.

Diaporama photo : A l'intérieur [2007]

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  • depuis le temps que je me demandais ce que verane devenait...
    elle etait animatrice sur canal plus avant.
    joe gillian (prof de rugball), le 28 juin 2008 07:25