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Entretien avec Rémi Barbarin, président du GROG

Publié il y a 9 ans par Nicolas L.

Un regard peu réjouissant mais lucide sur le milieu du JdR


Voici venir la rentrée, scolaire, professionnelle mais aussi ludique. Les ludothèques et les clubs de jeu vont rouvrir leurs portes, les dés vont à nouveau rouler, les esprits s’échauffer et surtout, surtout, la convivialité sera de nouveau à l’ordre du jour. Parmi tous ces animateurs, tous ces gens qui donnent, uniquement par passion, de leur temps pour permettre aux autres de s’amuser, il y a les membres du GROG (Guide du rôliste galactique). Le GROG, comme va nous l’expliquer ci-dessous le sympathique et dynamique Rémi Barbarin, ce n’est pas seulement une encyclopédie sur internet, mais aussi une association de passionnés qui défendent bec et ongles l’existence et la pérennité de leur hobby : le jeu de rôle. A un mois environ du Salon du Jeu, il m’a semblé judicieux d’inviter son président à nous en dire plus sur la plus célèbre des associations de rôlistes.
Bastable : bonjour Rémi, peux-tu te présenter à nos internautes ?
Rémi Barbarin : oui, bien sur, je me nomme Rémi Barbarin, je suis animateur, administrateur du GROG et actuel président de l’association qui gère le site Internet.
Bastable : le GROG , qu’est-ce que c’est ?
Rémi: c’est un site d’information sur le jeu de rôle. En toute modestie, le GROG est le plus important site d’information dans le paysage du web francophone. Nous présentons les jeux, mettons en évidence le planning des sorties et des manifestations, des conventions. Nous avons également une partie réservée à la gestion de l’actualité. Et, avant toute chose, le GROG est un site exclusivement consacré au jeu de rôle.
Bastable : tout ce traitement d’information doit demander une bonne dose de ressources humaines. De combien de personnes se compose le staff ?
Rémi : le GROG, c’est une communauté d’une centaine de personnes dont une dizaine d’administrateurs qui y travaillent presque à plein temps, si j’ose dire (rire) .
Bastable : et cela fait longtemps que le GROG sévit sur le web ?
Rémi : le GROG a sept ans, ce qui est, je pense, pas mal pour un site web. Il est né en fait né de la montée en charge de l’activité du web dans le domaine de l’information, notamment dans le secteur rôliste.
Bastable : alors si je clique pour arriver sur le GROG, qu’est-ce que je peux dénicher ?
Rémi : on essaye de présenter tous les jeux, pas seulement les nouveautés. On y trouve les descriptifs des jeux les plus anciens, comme les ancêtres des années 70. Et même les jeux étrangers, comme les jeux japonais, ou grecs. On traite bien évidemment de l’actualité, avec des regards sur les éditeurs, les auteurs avec la présence de biographies. Puis, on essaye de couvrir le mieux possible l’évènementiel avec la présence d’annonces et de comptes-rendus de manifestations diverses. Et puis, on y trouve la l’actualité de la presse écrite, qu’elle soit en kiosque ou en boutique. Le GROG, en fait, est un site très dynamique, orienté vers la communication car on permet aussi aux rôlistes de poster des critiques sur les produits.
Bastable : par l’intermédiaire d’un formulaire, c’est ça ? Pourquoi pas un forum ?
Rémi : c’est un choix délibéré. D’une part, l’on trouve que cela est un peu trop compliqué à administrer et cela implique une grosse responsabilité morale et légale. Ce n’est pas trop ce que l’on a envie de faire. On préfère que les internautes décident de s’impliquer en rejoignant l’équipe du GROG plutôt que poster sur un forum, ce qui n’apporte pas grand-chose de constructif. Tout, sur le GROG, est axé sur l’aspect communautaire. Par exemple, les articles ne sont pas signés. C’est un travail d’équipe, qui mélange rédacteurs et relecteurs. Tous les crédits sont globaux et non pas individuels. C’est un peu un régime communiste totalitaire améritocrate (rire).
Bastable : comment se passe une adhésion au GROG ?
Rémi : en fait, on ne force pas les gens à adhérer pour participer. Quelqu’un qui a envie de donner son avis sur un jeu ou aider au fonctionnement du GROG, il sera accueilli à bras ouverts. Maintenant, le fait d’être adhérent du GROG reflète le désir de s’impliquer plus dans le fonctionnement de l’association. Il a une cotisation minime, de 10 euros, mais avant tout cette adhésion représente un engagement moral à sacrifier un peu de son temps à l’association, en étant présent sur les conventions, les animations, etc. Cela donne aussi le pouvoir d’influencer sur les choix concernant les futures orientations du site ; structurelles, publicitaires ou rédactionnelles.
Bastable : le GROG est un site totalement autonome ?
Rémi : nous avons une grande flexibilité de ce coté là. Contrairement à de nombreux sites qui doivent s’aliéner pour avoir une réserve budgétaire nécessaire à leur fonctionnement, le GROG est, de part sa structure associative, complètement indépendant. Nous n’avons pas besoin de la publicité. Les quelques petits revenus publicitaires nous apportent un plus qui permettent d’animer de manière plus confortable les salons et les conventions, et de mettre en place des actions spécifiques comme le GROG d’or. Mais si l’on avait plus cet apport, le GROG fonctionnerait encore. A partir de là, nous sommes complètement libre dans nos prises de position par rapport à un jeu, protégés contre toute pression extérieure, notamment celle des éditeurs.
Bastable : vous avez quand même des partenariats ?
Rémi : oui, oui, bien entendu. Avec des boutiques et des éditeurs concernant les services de presse, mais on ne vend pas d’espace publicitaire. Nous n’avons donc pas ce rapport ambigu qui s’établit obligatoirement entre les éditeurs, les distributeurs et la presse écrite.
Bastable : dans le cadre d’une convention comme la GenCon ou le Salon du Jeu, comment s’organise le travail d’un organe virtuel comme le GROG ?
Rémi : on fait ce que nos adhérents ont envie (ndb : Rémi insiste sur ce mot) de faire. On a tout de même une ligne de conduite : ne pas proposer sur un salon ce que les éditeurs proposent parallèlement. Par exemple, sur la GenCon, il y Asmodée, on ne va donc pas faire du COPS ou du Dungeons & Dragons. S’ils ne le font pas, c’est leur problème, c’est leur jeu. Nous, notre priorité, c’est plutôt proposer des jeux dont l’éditeur n’est pas présent, n’existe plus, ou même des jeux peu connus. On accueille aussi les auteurs indépendants qui n’ont pas la possibilité ou les moyens d’avoir un stand.
Bastable : et quel est ton sentiment sur le milieu, toi qui est si impliqué dans le monde du jeu de rôle ?
Rémi : on me pose souvent la question. En fait, mes sentiments divergent en fonction de l’aspect abordé. Au niveau de l’ambiance sur les salons, j’aurai tendance à dire que l’ambiance est ce qu’elle a toujours été, sachant qu’il y a toujours eu plus d’égo que de ressources dans le milieu du JdR. Il y a un gros déséquilibre à ce niveau.
Bastable : tu lève un lièvre qui s’intitule : le JdR, une activité d’auteur ?
Rémi : oui, voilà, d’autant plus qu’avec les technologies modernes, il est de plus en plus aisé de concevoir son propre jeu. On se retrouve avec un bilan où il y a presque plus d’auteurs que de joueurs. Cette évolution a changé grandement le visage du marché. Il y a un phénomène de dilution des lecteurs dans une masse de produits et comme le nombre de joueurs n’évolue pas, cela refroidit les éditeurs. Après une grosse baisse, le marché se stabilise, mais sur un palier assez bas.
Bastable : cela se ressent sur les fréquentations du GROG ?
Rémi : on a senti un ralentissement de l’augmentation, puis une stabilisation du trafic qui est encore le cas aujourd’hui. Au fur et à mesure que la fréquentation du web augmentait, celle du GROG se tassait. Grosso modo, on peut interpréter cela comme ça : dans une masse qui grandit, si notre secteur reste stable, c’est qu’il diminue. Je suis persuadé que la quantité globale de rôlistes est moins importante qu’il y a quelques années car étant donné que le GROG n’a pas vu s’ouvrir un site concurrent depuis lors, on peut interpréter cette stagnation comme le reflet d’une diminution du nombre de rôlistes. La plupart des boutiques ont un raisonnement qui va d’ailleurs dans notre sens.
Bastable : il est vrai que sur les conventions, on ne voit pas beaucoup d’ados aux tables de jeu de rôle.
Rémi : c’est vrai. Même si l’on peut argumenter que les conventions ne sont pas représentatives de la grande masse des rôlistes, il faut bien admettre que la plupart des joueurs qui fréquentent les conventions sont des trentenaires. Aujourd’hui, les ados en convention, tu vas les trouver dans les espaces jeux de figurines et jeux de cartes. Il faut dire que le jeu de rôle est une activité qui demande du temps, de l’investissement, et qui est assez onéreuse. Pour le même prix, tu peux avoir accès à des activités plus faciles comme le jeu de cartes ou le jeu vidéo. C’est un fait, le jeu de rôle n’arrive pas à renouveler son réservoir de joueurs.
Bastable : pourtant des éditeurs persistent et d’autres voient le jour…
Rémi : il y a effectivement une dynamique de création. On revient à ce que je disais plus tôt: il est plus facile, aujourd’hui de concevoir un jeu. Par contre, derrière, au niveau des joueurs, ça ne suit pas. A par les gros hits, comme D&D ou Warhammer, on assiste à une diminution des tirages pour les autres gammes. Et qui dit baisse de tirage pour un livre, dit augmentation de son coût de fabrication et par conséquent, de son prix de vente.
bastable : tu as un regard sur l’activité en club sur l’hexagone ?
Rémi : les clubs existent toujours, et ils restent très actifs. On le voit lorsque l’on met en place le calendrier des conventions.
Bastable : mais ce sont peut-être des conventions multi-secteurs, pas forcément dédiées au jeu de rôle ?
Rémi : ta remarque est intéressante, car, personnellement, c’est comme cela que je vois une convention. Quand j’étais ado, il y avait beaucoup de clubs mixtes, qui mariaient la figurine, le jeu de stratégie et le jeu de rôle. Cette tendance était illustrée par l’existence du magazine Casus Belli qui traitait également de tous ces domaines. Aujourd’hui, les gens se sont spécialisés et les domaines, autrefois liés, sont entrés en concurrence. Et chaque loisir spécifique finit par occuper tout le temps libre du joueur. La plupart des rôlistes, actuellement, pratiquent essentiellement le jeu de rôle comme activité ludique.
Bastable : et la communauté internet ?
Rémi : là encore, on peut s’interroger. Il y a toujours les ‘’vieux’’ sites comme nous ou la Scénariothèque qui sont arrivés très tôt sur le net. Il y a aussi des sites communautaires comme le SDEN, qui est un recueil d’espace d’expression autour de différents jeux. Puis il y a eu l’arrivée du web 2.0. et là, on a vu naître un tas de blog spécifiques et très ciblés, et souvent mis en ligne par l’auteur lui-même, ce qui n’est pas représentatif de son succès populaire.
Bastable : l’internet peut compenser la presse papier ?
Rémi : non, l’Internet ne compensera pas la disparition de la presse papier spécialisée. C’est vrai que l’on est plus rapide et plus réactifs que la presse, mais de nombreuses personnes, dont bon nombre d’éditeurs, ne considèrent pas les sites web comme digne de confiance ou d’intérêt. Ce qui, précisons-le, n’est pas du tout le cas dans les pays anglo-saxons. En France, la défiance est encore à l’ordre du jour. Puis, souvent, dans les sites, comme le notre d’ailleurs, il n’y a pas de ligne éditoriale, qui marque vraiment la différence par rapport à la presse papier.
Bastable : parle-nous un peu du GROG d’or. Cela va un peu a l’encontre de votre souhait de ne pas prendre de position sur un produit.
Rémi : oui, c’est vrai. Mais le GROG d’or, qui est élu parmi un nombre de produits sélectionnés à chaque mois est plus un coup de chapeau qu’une récompense dans le sens officiel du terme. Nous ne prétendons pas à être un jury d’experts omniscients, c’est juste l’expression d’une reconnaissance d’estime pour un jeu. On fait cela d’ailleurs dans la convivialité, sans cérémonial, juste quelques petits bouchons de champagne qui sautent (rire). C’est juste histoire de prouver que le milieu du jeu de rôle bouge et se paye du bon temps.
Bastable : Et bien merci de nos avoir accordé de ton temps, Rémi, et à bientôt, autour d’une table de jeu peut-être ?
Rémi : j’espère bien. Merci à toi Nicolas.

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  • le JDR mourra t'il un jour ? vu qu'on que la majorité (d'après le reportage)des roliste on 30 ans
    il ne faut pas que cette art se perd

    pour se qui ne connaitrai pa le Jeu De Role sachez que c bien plus qu'un jeu vidéo c'est quelque chose d'unique. les joueurs son plongé dans une ambiance (musique bougie...) le meneur de jeu vous raconte une histoir dont vous etes le heros et a la différence du jeu vidéo rien n'est programmée
    vous pouvez donc vraiment influancé sur l'histoire, faire réellement vo propre choix. un JDR est avant tous une aventure humain car on est rapidement plongé dans l'histoire et on recent se que notre personnage recent et pour se qui font du téatre ils peuvent s'amusé a joué leur personnage.
    il exite une multide de JDR et d'univers jouable : med fantastik, western,space opéra,tout les lieux les époque possible et inimaginable.Faite travailé votre imagination.
    et pour les derniers sèptic qui nous prendrai encore pour des fous j'ajouterai que les roliste sav sortir de la peau de leurs personnage,ils sont des acteur en quelque sort mais leurs terrain de jeu n'ai pas delimité par une scène mais par la durer du Jeu

    poulpix, le 28 août 2007 15:23
  • Voilou c'est tout ce que je voulais dire, heuresement qu'ils sont là :D Merci pour ces années de bons et loyaux services et longue vie à vous.
    Coté presse papier, j'espère revoir un jour un magazine digne d'intérêt, black book a tenter l'aventure avec black box et j'espère bien que cela ne soit pas finit.
    Le jeu de rôle est mort, vive le jeu de rôle !
    legeek, le 29 août 2007 14:58