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Découvrez Citeria

Publié il y a 10 ans par David Q.

Un film d'animation français pour adultes

Suite à un mail de son réalisateur, nous avons découvert le projet CITERIA, un film d'animation ancré dans la science-fiction à la musique et au design plus qu'alléchants. Ce film a déjà trouvé un producteur mais a du mal à trouver des investisseurs et un distributeur pour qu'il sorte en salles. Pourtant, quand on voit le succès médiatique et auprès du public qu'a eu Renaissance, un autre film d'animation français sorti en début d'année, on se dit que CITERIA a sa place dans les salles obscures. Si vous connaissez des personnes susceptibles d'aider RV Trouillet dans ses démarches ou si vous vous intéressez tout simplement à l'animation, veuillez lire les lignes qui suivent et laissez nous vos commentaires, nous les transmettrons avec joie.
Bonne chance pour la suite Mr Trouillet.


CITERIA : Essence du projet
Ne vous y trompez pas, bien que ce projet soit du dessin animé, il n’est absolument pas adapté pour les enfants. Le scénario de ce film a été pensé comme celui d’un long métrage « live ». Une véritable intrigue qui n’essaye pas de jouer insidieusement à rassembler un plus grand public. CITERIA est bien un film pour adulte.

Alors Pourquoi le faire en animation ?
Parce que l’animation présente des atouts majeurs, en particulier en Science Fiction.
Elle permet tout d’abord une très grande liberté visuelle sans grandes contraintes techniques. En effet, rendre un univers de science fiction crédible est très difficile sans gros moyens, certains y sont arrivés, je pense à CUBE par exemple, mais il n’en reste pas moins compliqué d’arriver à immerger totalement le spectateur dans cet univers aussi facilement, contrairement à l’animation, qui, elle, a l’avantage de pouvoir faire naître graphiquement assez facilement un univers solide comme en BD par exemple. Toutes les folies sont possibles, dans la mesure où techniquement nous savons où nous allons.

La deuxième raison, beaucoup plus pertinente à mon sens, est plus artistique, et d’ordre graphique. Citeria puise ses références visuelles dans l’univers de prédilection de sa cible : la BD, le Comics ainsi que le Manga. Cette liberté graphique permet de créer des images très adaptées pour le cinéma en terme d’ambiance par exemple, quand un chef opérateur se démène péniblement pour créer de superbes ambiances en « live », l’animation n’a aucun mal.
Bien sur, il existe beaucoup de film d’animation, notamment chez les japonais qui abordent cette façon de voir la S F depuis fort longtemps. La différence dans ce film, c’est sa narration qui se tourne, cette fois, incontestablement vers un scénario occidental plutôt qu’asiatique, où les codes sont quelquefois inaccessibles même pour un fan.

Mais ce scénario plus « occidental » ne le plonge par pour autant dans ce que l’on pourrait appeler un « blug booster » américain. Citeria utilise des codes que nous connaissons tous et qui peuvent certaines fois paraître « légers » non pas pour reproduire lourdement le schéma du film d’action mais plutôt pour réussir à complexifier l’histoire tout en ne la rendant pas indigeste.
Bref, une bonne intrigue, combinée à un univers crédible et sens ambiguïté, s’approchant, graphiquement, du monde de la BD, du manga, ou du comics, voilà ce que vise CITERIA.


L’Histoire
Dans un futur proche, Citeria est la dernière cité de l’humanité. L’ordre règne, assuré par la redoutable Police Gouvernementale. L’apparence y est devenue pour les hommes, symbole de pouvoir. La "Cyberurgie™ esthétique", née de l’union de la technologie et de la chirurgie plastique, est la promesse pour tous d’un corps de rêve et de pouvoirs presque surhumains. Faust Indigatio, inspecteur au sein de l’implacable P G, et Amalia Lex, brillante recrue de la section scientifique, enquêtent sur une série de morts mystérieuses dont celle de l’un des hommes les plus puissants de la cité, le super procureur Caedes. Mais dans cette société où désormais l’ordre et l’apparence priment, Faust et Amalia vont découvrir que le crime a pris une forme bien plus terrifiante que jamais pour parvenir à ses fins.

Laissez vous porter par cette réflexion après lecture de ce synopsis : « mouai… l’histoire a l’air plutôt bateau. »
Mais sachez simplement que l’intrigue de " Citeria " a pour toile de fond l’apparence, et ce dans tout les sens du terme...
Mais encore plus précisément de la chirurgie esthétique. Ce véritable phénomène de société est loin d’être aujourd’hui seulement anecdotique. Des chinois en manque de repères culturels qui se font opérer du nez par millier pour ressembler davantage à des occidentaux, des ruptures de stock de silicone au Brésil (capitale de la chirurgie plastique), des hôpitaux spécialisés dans la chirurgie plastique, des entreprises qui proposent des opérations de chirurgie à leurs employés, le premier concours de miss chirurgie esthétique (en 2005), un phénomène qui touche les hommes, jusqu'à présent moins concernés.

Citeria nous plonge dans son anticipation. La "cyberurgie" esthétique dans "Citeria" incarne l’obsession, consciente ou non, de son image. Elle est le pont qui relie la recherche de perfection et la fascination exercée par la technologie. Deux phénomènes hautement addictifs qui se développent aujourd’hui à une vitesse fulgurante.
Contrairement à la plupart des univers de science-fiction, ici ce n’est pas la machine qui veut égaler l’homme mais bien l’homme qui veut se doter des qualités de la machine. Sans tenir un discours moraliste, nous nous interrogeons sur le changement. Celui de son corps qui soulève la question du respect de l’intégrité physique. Mais aussi plus sur le changement technologique qui nous questionne sur le rapport homme machine et plus généralement sur notre rapport aux autres. La technologie libère-t-elle l’homme davantage qu’elle ne l’aliène ? Une chose est sure, à force de vouloir se changer, on se perdre.

Les concepts clés de Citeria
Plusieurs concepts forts sont à la base de Citeria. D’abord l’intégration des problèmes environnementaux et de l’incapacité des politiques à fournir une solution adaptée à l’urgence de la situation. Ce constat est à la base de la construction de Citeria et il répond aujourd’hui à une véritable préoccupation du public. Dans Citeria aucun crime n’est plus grave que la corruption. Le politique est désigné comme le responsable de l’apocalypse écologique qui a eu lieu. Citeria est le dernier bastion de l’humanité et la lutte pour la survie y a scellé un profond sentiment grégaire. Les citoyens de Citeria considèrent que la gestion des affaires de la Cité est la plus noble des fonctions mais aussi celle qui doit être la plus irréprochable. Le journaliste Michael Initio traque ceux qui trahissent la défense de l’intérêt général au profit de son intérêt personnel. Pour le politique indigne, la mort est encore trop douce et le bannissement lui est réservé. Hors des murs de la cité, comme le décrivait Aristote, il perd son humanité et n’est plus qu’un animal. Citeria inverse ainsi le rapport de force actuel. A la dictature économique, elle substitue ce qui se révèle peu à peu au cours de l’histoire comme une dictature écologiste.

La seconde clé de Citeria est la dictature des apparences. Le contrôle de soi, de son image y atteint son paroxysme. La cyberurgie esthétique incarne cette obsession pour la perfection du corps. Dans Citeria ce n’est pas la machine qui égale l’homme mais l’inverse. En effet, ce mariage de la cybernétique et de la chirurgie esthétique acte qu’il est infiniment plus facile de doter l’homme des qualités de la machine que l’inverse. La normalisation de l’implant cyberurgique pose les questions implicites du rapport homme machine et du respect de son intégrité physique. Le projet Pandora est l’aboutissement de cette surenchère. L’implant cybernétique prend le devant sur l’homme et semble faire disparaître sa chair en même temps que son humanité.

Citeria n’oppose pas fondamentalement une force du Bien et du Mal. Les objectifs de l’Excelsior (organisme criminel fantôme) et plus particulièrement de MINS cerveau de cette organisation sont plus que politiques, comme beaucoup de dictateur les fondements de sa politique sont idéologiques et flirtent souvent avec le mysticisme. Mins considère en effet que la nature a une stratégie et qu’il faut comprendre cette stratégie pour aller dans son sens. Pour lui les survivants de l’humanité ont été sélectionnés par la nature. Or il pense que les Citeriens sont faibles et donc pas ou plus dignes de leur liberté. Concrètement, Mins a créé l’Excelsior pour renverser le pouvoir en place. Il est devenu lui-même prisonnier de sa stratégie car malgré tout le pouvoir qu’il a il se retrouve plus seul que jamais. Aujourd’hui, peu lui importent les moyens de gagner l’immense partie d’échec qu’il a débutée.
L’ensemble du scénario est ainsi construit comme une immense partie d’échec dont le maître est Mins et chaque personnage une pièce (sauf Mins qui est à la fois le roi noir et le pion blanc). Cette référence aux jeux d’échec, suggérée durant l’intrigue puis révélée au générique de fin, constitue une force narrative. Les échecs sont en effet le jeu par excellence de stratégie.

C’est précisément entre déterminisme et libre arbitre qu’oscille en permanence notre personnage principal, Faust. Faust est un franc-tireur, un cavalier, un chevalier. La pièce dont la liberté de mouvement est la plus grande, mais qui demeure somme toute une pièce. Faust est loin de répondre aux canons de l’archétype du héros. Il est en retrait de sa propre vie et enclin à une forme de nostalgie. Mais surtout ses victoires (ou plutôt les défaites des ses adversaires) doivent beaucoup (tout ?) à la chance ou à une aide fortuite. Ce don pour survivre semble doublé d’une incapacité à savoir vivre. Faust s’étonne lui-même d’être en vie. Il est un survivant dans une société de survivants.
L’univers de Citeria puise en général très largement dans la symbolique et l’inconscient collectif pour appuyer son propos. Par exemple, les noms des personnages ont tous une signification latine comme la plupart des lieux de la cité. Ceci participe à l’élaboration d’une ambiance néo-antique qui suggère le temps passé depuis l’effondrement de notre civilisation. L’intention ultime étant de doter Citeria d’une histoire qui transparaisse dans la Cité. Pour ce faire, chaque phase de l’Histoire de Citeria a été travaillée. Seuls des éléments parcellaires ont été présentés en introduction. Ce travail de fond permet de renforcer la crédibilité de l’univers et sa richesse.

Les questions que vous pourriez encore vous poser ? Pourquoi faire un film en 2D plutôt qu’en 3D ?
Les succès récents de la 3D peuvent laisser penser qu’elle est incontournable, ce qui est en partie vrai.
Pourtant la 3D, tout comme la 2D d’ailleurs, reste seulement un outil au service du scénario. Alors, pourquoi opposer ces deux techniques lorsqu’on peut les combiner ? L’union des deux offre une véritable valeur ajoutée en ne retenant que le meilleur de chacune.
L’animation pour adulte a telle de l’avenir?
Une récente étude a stupéfait certains professionnels, elle révélait que l’âge moyen d’un joueur de jeu vidéo était 25 ans. Beaucoup de personnes, de l’ancienne génération ont beaucoup de mal à comprendre ces chiffres. Pour eux, un jeu vidéo est fait pour les enfants… C’était vrai…
D’innombrables signes comme celui-ci révèlent cette cible émergente. Le développement d’enseignes spécialisées dans le merchandising, avec en particulier l’incroyable explosion des figurines. Les prix de ces produits, hors de portée du pouvoir d’achat des enfants, confirment la cible résolument adulte. L’explosion du DVD avec l’apparition du DVD Collector, Edition Prestige, et autres Coffrets se destinent à la même cible. Google, aujourd’hui premier moteur de recherche sur Internet (plus de 70% des internautes) a été plébiscité par qui ? Par cette même cible qui a construit le succès des enseignes de vente par Internet comme Cdiscount. Le box-office international enregistre depuis quelques années la multiplication des adaptations de Comics au cinéma. (Ceux sont les 18/25 ans qui vont le plus au cinéma). En observant leur comportement actuel on se rend compte que ce que l’on prend pour un mode de consommation quelque peu anarchique est en fait très structuré mais qu’il n’entre tout simplement pas dans les modes de consommation classiques.
Pour en savoir plus : www.citeriathemovie.com

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  • trop japonisant ...pas assez singulier
    la tete de la fille(6eme image en partant du haut)me rapelle le dessin animé "les mondes engloutis"(1985)ça a l'air trop bien léché type dessins animés issus des "gobelins"à voir,mais peut mieux faire...
    yeah, le 8 septembre 2006 03:12
  • je suis content de voir que les francais se mettent a l animation pour adulte et j'espere que ce projet pourra arriver a terme. en tout cas je vous encourage fortement.
    ours, le 22 septembre 2006 13:27