Icare, le magazine

Publié il y a 4 ans par Nicolas L.

L'envol du jeu vidéo

Sorti en Février dernier, Icare est un magazine de jeu vidéo très particulier jouant à la fois sur les formes et les fonds. Sa structure elle-même n’obéit pas aux codes du genre pour préférer une vision transversale : la première partie s’organise autour d’une saga, la deuxième en reprend le thème et la troisième propose l’interview d’un artiste qui ne relève ni de l’un ni de l’autre mais qui propose pourtant sa vision de la première. Vous le comprenez, la saga répond au thème quand l’artiste répond à la saga. Tout est lié. Autre élément étonnant, la patte graphique repose essentiellement sur l’illustration : artworks, croquis, études, travaux préparatoires, story-boards. C’est là un élément de contraste puisque les textes vont au-delà de la simple critique pour aborder la question du sens. Et si les mécaniques de jeu sont examinées avec précision, les auteurs dépassent toujours la simple formule du test. Cette distance étonne d’autant plus que le magazine s’articule autour de textes créatifs : autoportrait, autofiction, anticipation, nouvelle. Une audace à l’image de cet autoportrait de Kratos, héros de God Of War, où l’auteur propose son récit tel qu’il aurait pu être si les scénaristes n’avaient pas sacrifié aux incohérences et aux fautes de goûts. La preuve par l’exemple s’accompagne alors de la dénonciation d’une histoire sensiblement mal écrite. Globalement, force est de constater que le magazine est forgé dans la dynamite, explosant la saga God of War pour la reconstituer autour des lignes de forces propres aux valeurs défendues (la nouvelle « La Chute de Sparte » en sera une autre preuve). Vous le comprenez, Icare est un magazine qui n’en est pas un : de la liberté condensée en 132 pages, de la distance et des exercices de style. Pour un premier essai, l’essai est transformé.

Si Icare a réussi à faire son trou sans budget marketing, et sans budget tout court (il a été écrit en majeur partie par son créateur dans une logique d’économie), on s’étonne toutefois de sa pénible  ascension. Car derrière la vision enthousiaste, on découvre l’effort produit pour sortir le magazine de l’ornière (les ventes furent assez médiocres au départ avant de trouver un second souffle). Cet accès à l’arrière cuisine (cf. leur blog sur gamekult) fait aussi l’un des intérêts du magazine. Car si d’un côté, vous avez affaire à un travail de qualité, de l’autre vous découvrez une organisation artisanale doublée d’une structure économique minime (pensez que le capital social de la société est de 10 euros, que le budget se réduisait à l’impression du seul premier numéro). Cette opposition renforce le sentiment de respect à l’égard d’un magazine qui s’est fait à la force du poignet. Un poignet qui se termine par une plume qui devrait exploser dans le prochain numéro, d’autant plus que la dimension narrative est renforcée par l’arrivée de Mahyar Shakeri, scénariste de jeu de rôle mis à contribution dans la partie réservée à la dimension conspirationniste. De plus, le rédacteur en chef promet une véritable résonnance avec des concepts qui voyageront d’articles en articles et de rubriques en rubriques …

L’envol du jeu vidéo ? Définitivement !

Ps : si vous êtes un particulier désireux de soutenir le magazine, de le découvrir ou de le redécouvrir, nous vous invitons à rejoindre l’envol à l’adresse suivante.

Site : http://www.icare-mag.fr

Abonnement de soutien : http://www.icare-mag.fr/archives_abonnement.html

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  • Merci beaucoup pour cette critique qui tombe à point nommé en vue de la sortie du prochain numéro :D

    Ca redonne du courage.


    Icare-mag, le 28 novembre 2011 18:11