Nifff 2011 : cinquième jour à Neuchatel

Publié il y a 5 ans par Richard B.

Un justicier masqué, une fin du monde, une ambiance de noël et un genre violent.

De temps à autre, à Neuchâtel, on aime bien faire un petit tour dans le futur. C'est justement par là que j'ai commencé en me projetant en 2016 du côté de Bangkok. En ce lieu et période précis, la peur règle sur la ville, rongée par le crime et la corruption. Heureusement, de ce chaos va jaillir un héros masqué : Red Eagle.

Pour définir Red Eagle, les premiers mots qui me viennent à l'esprit sont « bordéliques, hilarants, parfois jouissif, foutraque, ambitieux et multi-culturel ». Red Eagle est un film dès plus difficiles à définir, tant ce dernier semble se situer dans un milk-shake de plusieurs cultures (américaine, japonaise, thaïlandaise...), mais aussi osciller entre un grand sérieux et un humour cartoon. À la sortie de salle, il paraît très difficile de porter un jugement. D'un côté on en viendrait presque à adorer, et de l'autre on se dit que cela pourrait très bien être considéré plus simplement comme un bon gros nanar jouissif. Dès le générique on se trouve face à un pastiche de James Bond, qui par la suite n'hésitera pas à se la jouer Top Gun (notre héros en moto reprenant la pause de Tom Cruise dans un superbe couché de soleil), Batman, par sa façon de s'équiper, Matrix de par ses bullet time, tout cela dans un esprit entre mêlé de pseudo Nicky Larson (avec le détective qui se la joue à chaque apparition) et Street Fighter par ses combats démesurés. Le film de Wisit Sasantatieng pourrait être sujet à une très longue analyse tant celui empreinte à tous les râteliers, tout en évoquant une forte critique sur la perte d'identité d'une culture thaïlandaise. Parfois long, beaucoup trop long en rapport à son sujet, on peut malgré tout qu'avoir de la sympathie pour ce projet, et être impatient de découvrir les futures aventures du justicier.

Red Eagle au nifff


L'impression positive de Red Eagle en apparaît que plus grandit après avoir découvert End of Animal, simplement le pire film de cette année, et peut-être des années précédentes. Ce premier film de Jo Sung-hee ne laisse en rien présager du bon pour l'avenir de sa carrière. Scénario alambiqué jouant sur un mystère au final inintéressant, film ouvertement prétentieux, des plans souvent fades et statiques, une image colorisée de manière guère attrayante, des acteurs qu'on viendrait à vouloir baffer et enfin un métrage de cent minutes qui donne l'impression e faire le double de cette durée. Véritable supplice, End of Animal a pour seul et unique avantage de rehausser n'importe quels films que l'on pourrait découvrir derrière. Lorsque la fin arrive, ce n'est donc pas la fin de l'animal ou du monde, mais du calvaire issue de cette projection.

End of Animal au nifff


Après "l'expérience" que fut End of Animal, découvrir Saint a été comme une véritable récréation. Ce nouveau film de Dick Maas (L'Ascenseur et Amsterdamned, c'est lui !) n'est pas sans rappeler « Rare Exports - Un conte de Noël ». En effet, une fois de plus, Saint-Nicolas n'est pas là pour récompenser les enfants sages, mais plutôt pour leur arracher les tripes. Dans le cas de Saint, ça se produit toutes les pleines lunes du 5 décembre, alors pensez-y si vous songez faire un tour aux Pays-Bas en cette période ! Bon, si le film de Dick Maas commence dans de grandes réjouissances et que globalement on s'amuse bien, on regrette que ce dernier préfère s'intéresser à son héros pourchassé par la police (accusé bien entendu des crimes de Saint-Nicolas) plutôt qu'au croquemitaine lui-même. Au final l'humour bon enfant fait souvent mouche, le personnage de Saint-Nicolas est plutôt charismatique, et quelques morts amusent vraiment. Seule la trame très prévisible et vraiment convenue vient à gâcher par moment le plaisir. À noter que visuellement, le film de Dick Maas a tout de même une certaine allure et amène une ambiance assez classe. Même s'ils sont assez différents, je lui préfére cependant « Rare Exports », du fait que le scénario du film finlandais demeure plus surprenant.

Saint au Nifff


Nous terminerons cette article avec The violent Kind des Butchers Brothers (Mitchell Altieri et Phil Flores). D'eux, ,ous avions pu voir l'année dernière en Direct-to-DVD The Hamiltons, qui avait d'ailleurs profité de sa sortie pour être distribué avec l'un des numéros de Mad Movies. Si dans ce nouveau film des « frangins bouchers » la base de l'histoire laisse entrevoir un certain potentiel (avec un aspect mystérieux, mais aussi très ensanglanté) « The violent Kind » tourne hélas très vite dans le bordélique, et ne donnera aucune des explications qu'on aurait été en droit d'attendre. Ça mélange un peu tous les genres, ça ressort de tous bords des phrases de films cultes, ça se veut « fun » avec des retournements de situations, mais la sauce ne fonctionne pas. Même si on peut garder une petite sympathie pour le film, et surtout ses acteurs qui se prêtent bien au jeu, le manque de cohérences entre les différentes thématiques qu'aborde le film laisse plus une impression de déception qu'autre chose. Reste que l'on ne s'ennuie pas (ce qui est déjà bien) et que quelques séquences particulièrement sanglantes méritent le détour.

Violent Kind au niffff

supplice

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