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Critique du jeu vidéo : Crysis 3 [2013], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le vendredi 28 février 2020 à 09h00

Crytek face à la critique

Testé sur PS3. La partie solo seulement, le multijoueur ayant été déserté au moment où sont écrites ces lignes.

La saga Crysis, surtout le premier épisode sorti en 2007 sur PC, servait généralement de mètre-étalon technique pour beaucoup. Des FPS en forme de magnifiques vitrines technologiques dont les campagnes et autres modes multijoueurs peinaient à se hisser au panthéon du genre. Pas sûr que Crysis 3 ne change la donne...

Derrière la saga Crysis, il y a le studio de développement allemand Crytek créé et dirigé par une fratrie dont Cervat Yerli est le membre le plus influant officiant souvent comme producteur sur les différents projets. Le studio est connu pour avoir créé deux licences (Far Cry et Crysis) mais surtout pour ses moteurs de jeux 3D très performants et utilisés dans de nombreuses créations vidéoludiques. Lors de la sortie de Crysis 3 sur PC, Xbox 360 et PS3 en 2013, Crytek profita de son CryEngine 3 développé pour le précédant épisode de la série mais dans une version améliorée. Le jeu devait aussi offrir une synthèse entre le premier Crysis et le second opus, entre un monde ouvert et une aventure plus soutenue donc plus linéaire. Crysis 2, bien qu'étant un jeu de qualité, fut critiqué pour sa linéarité et son apparente facilité. Crysis 3 devait ainsi réussir à contenter tout le monde tandis que l'éditeur Electronic Arts attendait beaucoup pour figurer en belle place aux côtés de ses autres FPS (Battlefield, Medal of Honor...) pour lutter contre l'ogre Call of Duty...

L'histoire se déroule quelques années après Crysis 2 alors que l'humanité pense s'être débarrassée de l'invasion des extraterrestres nommés « Cephs ». Une race mélangeant organique et métal dotée d'une conscience collective. La victoire était le résultat des actions d'un soldat portant une nanocombinaison appelé Alcatraz dont la psyché s'était mélangée avec le précédant porteur, Prophet. Le troisième opus démarre alors que Prophet est délivré d'une cryogénisation par son ancien allié Psycho (héros de Crysis Warhead) privé de sa nanocombinaison contrairement à lui. Psycho travaille pour un groupe de résistants qui combat l'organisation politico-militaire CELL qui contrôle dorénavant la planète après avoir fait la main-mise sur l'énergie mondiale. La Résistance souhaite utiliser les capacités surhumaines de Prophet pour mettre à bas la domination du CELL en détruisant leur centre de production d'énergie à New York qui a été mise sous un immense dôme, vidée de sa population avec une nature ayant repris ses droits. Prophet accepte d'aider ses nouveaux alliés mais sent que la menace Ceph reste tapie dans l'ombre puisque leur leader sur Terre, l'Alpha-Ceph semble toujours vivant...

Le scénario est vraiment bas de plafond comme tout bon FPS militaire avec des enjeux tous juste bons à justifier les pérégrinations de notre héros. Tout n'est que cliché et déjà-vu avec une Résistance face une grande organisation dominant le monde et une vraie menace cachée quelque part pour laquelle seul le héros se prépare. Les personnages de Prophet et Psycho ne sont intéressants que si on aime les soldat badass et déterminés donnant des dialogues remplis de testostérone. Quand le jeu essaye d'être un peu plus émouvant ou nous proposer des rebondissements, cela tombe souvent à plat. Pourtant un véritable effort a été fait pour apporter un peu de background à l'ensemble avec de nombreux messages à lire ou écouter (à la manière de Bioshock) mais cela est bien trop générique. Les Cephs ne sont pas plus intéressants que cela en tant que ruche alien sans saveur et l'idée de mettre en avant le transhumanisme et les modifications génétiques de Prophet reste très simpliste, surtout après une saga comme Deus Ex.  Ce qui nous intéresse le plus reste cette ville de New York laissée à l'abandon mélangeant ruines et forêts parce que le jeu est magnifique.

On s'y attendait mais on reste toujours très agréablement surpris de la qualité graphique de Crysis 3 et de son moteur, le CryEngine 3, poussé dans ses derniers retranchements pour une PS3 alors bientôt remplacée par la PS4. Le titre se hisse sans aucun problème aux côtés de Killzone 3 pour citer un autre FPS magnifique de la console. Techniquement, le jeu nous en met plein les yeux que cela soit avec ses jeux de lumières bien maîtrisés, ses effets de particules (fumée, flammes, étincelles...) sublimes et sa bonne gestion des végétaux comme de l'eau. Les visages sont aussi assez bluffants et achèvent de nous convaincre. Les graphismes sont donc resplendissant et les équipes de Crytek nous proposent de magnifiques décors et panoramas avec une belle profondeur de vue d'une New York ravagée, en ruine et des conséquences de la guerre contre les Ceph. Le jeu devient ainsi très agréable à parcourir pour découvrir ce monde post-apocalyptique. En ce qui concerne la direction artistique, elle est vraiment classique (pour ne pas dire générique) mais extrêmement efficace et cohérente même si finalement on ne peut s'empêcher de trouver les Ceph assez brouillons car trop souvent dans la pénombre. La musique est toute aussi classique et les doublages français sont de qualité malgré un mixage sonore peu heureux...

La principale particularité de la série de FPS Crysis est d'incarner un soldat humain portant une nanocombinaison améliorant grandement ses capacités de résistance, de course et de force. Les deux possibilités les plus importantes du jeu sont ici la possibilité de devenir invisible et celle de créer une véritable carapace autour de soi. Ces deux possibilités vont être l'identité de gameplay du titre qui se joue sinon comme n'importe quel autre FPS militaire. Ainsi, l'armure et l'invisibilité vont déterminer votre approche entre action et infiltration. La deuxième solution semble quand même être celle que veut privilégier le jeu car au rayon des nouveautés on peut afficher une vision tactique pour marquer les ennemis et on peut pirater les mines comme les tourelles ennemis. De plus, on dispose d'un arc (avec plusieurs types de flèches) qui est la seule arme à ne pas rompre notre invisibilité quand on l'utilise. De fait, le jeu propose le plus souvent des combats dans des zones assez vastes avec plusieurs chemins et moyens d'atteindre notre objectif permettant de bien s'amuser. Cela fonctionne souvent car on apprécie d'incarner une telle puissance de feu et éliminer tout le monde sans se faire voir est assez jouissif.

Mais dans les faits, cela est plus compliqué car si les zones de jeu disposent souvent d'un level-design correct, elles sont aussi le signe d'une certaine monotonie. En gros, le jeu est une succession de couloirs servant pour les dialogues et de zones plus ou moins vastes pour l'action. Cela s'enchaîne et on perd un peu l'intérêt du semblant de liberté offert en pestant face à la paresse de développeurs répétant leurs gammes sans aucune autre ambition de nous faire combattre dans de beaux environnements. Le gameplay s'avère finalement assez bâtard car pas assez nerveux par rapport aux Call of Duty et autres Battlefield mais pas assez profond par rapport aux Bioshock et autres Far Cry... Linéarité et zones semi-ouvertes, action et infiltration.... Crysis 3 a souvent le cul entre deux chaises et peine à nous émerveiller autrement que par ses décors. Les ennemis peuvent être des sacs à HP (le headshot est plus que primordial) comme de vulgaire pigeons avec une IA ayant deux réaction : nous courir dessus ou bien rester planquée... Seule une vraie zone ouverte à la fin relève un peu le niveau. Et quand Crysis 3 essaye de faire autre chose c'est systématiquement raté, trop longuet et trop brouillon : des véhicules à conduire, des phases de rail shooter ou deux combats de boss... La campagne d'à peine 7 heures (malheureusement un standard pour les FPS militaires) se paye le luxe de souffrir de quelques longueurs... Quand on pense que les créateurs du culte Far Cry se prennent une leçon de FPS par Far Cry 3 sorti juste avant leur Crysis 3, on se dit que le jeu vidéo aime décidément l'ironie...

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Crysis 3 [2013]

Auteur Bastien L.
60

Crysis 3 est une vraie déception car les équipes de Crytek n'ont pas réussi à en faire autre chose qu'une magnifique vitrine technologique. Le jeu est certes sublime et techniquement au-dessus du lot, il n'empêche que son histoire, sa direction artistique et son gameplay restent bien trop classiques pour espérer percer dans l'univers très concurrentiel des FPS militaires. Un manque total d'ambition en dehors de proposer un beau jeu.

On a aimé

  • Vraiment sublime
  • Techniquement très impressionant
  • Parfois jouissif grâce à un gameplay efficace

On a moins bien aimé

  • Scénario prétexte au possible
  • Gameplay bancal
  • A vraiment du mal à exister face au marché concurrentiel des FPS

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