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Critique du film : Torment of the Flesh [1965], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 17 janvier 2014 à 17h04

Krimi Maniac

Alexander Jablonsky, un pianiste de bar au caractère reservé, se retrouve devant un tribunal, accusé d’être le meurtrier de plusieurs jeunes femmes, le maniaque que la police traquait depuis des mois. Commence alors un long procès où accusation et défense mettent à jour la personnalité de l’accusé et tentent de reconstituer son emploi du temps...

Opérateur photo de bonne réputation, Eddy Saller est également le réalisateur d’une poignée de polissonneries dont la plus digne d’intérêt est certainement ce Die Geißel des Fleisches, aka Torment of the Flesh. Ici, avec ce métrage reconstituant les actions criminelles d’un tueur sadique, le réalisateur nous propose une œuvre policière (légèrement érotique, avec un petit soupçon de sexisme) hybride, qui mêle les éléments du film de procès (avec de longues séquences de plaidoiries) et d’autres, propres au thriller (on peut autant le cataloguer de krimi tardif que de proto-giallo). Au final, Eddy Saller ayant fait l’économie d’un point de vue narratif, l’intrigue se compose en partie de séquences de flash-back construites sur les témoignages de personnes appelées à la barre, mais aussi d’autres qui nous placent directement aux cotés du tueur. 

Ici, pas de mystères, ni de whodunit. Comme la caméra se fait complice de l’assassin, il est identifié dés les premières minutes de métrage (seule l’ouverture du film, qui ne cadre que les mains et les mains du meurtrier obeit aux codes du genre) et seul un meurtre laisse planer un doute sur sa responsabilité (l’assassin affirme avoir fuit et abandonner sa proie vivante et rien ne nous prouve le contraire). L’objectif d’Eddy Saller n’était donc pas d’instaurer un climat angoissant et générer un quelconque suspense mais, un peu à la manière d’un film d’horreur comme Maniac, d’inviter le spectateur à accompagner Alexander Jablonsky dans les quartiers chauds de l’Allemagne d’après-guerre pour découvrir la nature de sa psychose et assister à l’expression de ses pulsions meurtrières.

Alexander Jablonsky n’est pas un violeur, ni un obsédé sexuel. C’est un psychotique, probablement impuissant, qui hait tout simplement les femmes et leur comportement obscène (une longue séquence générique, filmée dans la rue, focalisée sur les jambes de jeunes femmes et laissant apercevoir leurs porte-jarretelles, résume l’obsession de Jablonsky). Pas étonnant que ses victimes, il les recherche principalement dans les cabarets et les clubs privées, où ce musicien que l’on dit très doué est employé comme pianiste (il fait aussi un tour dans un club de danse avec, en prime, l’inévitable séquence de douche). Là, musicien anonyme au pied de ces beautés impudiques, il s’imprègne de leur indécence, nourrit sa haine en étant au plus près de leur peau, de leur parfum et de leurs rires, puis, le moment venu, désinhibé par l’abus d’alcool, il prend son pied en serrant leur cou jusqu’à ce qu’elles en crèvent. Cette démence se trouve excellemment bien retranscrite à l’écran grâce à l’impressionnante interprétation d’Herbert Fux (un regard terrifiant, vide de toute émotion) mais aussi par le travail de réalisation d’Eddy Saller, qui prouve qu’il est capable de faire bien mieux que de cadrer des starlettes en lingerie en parvenant à générer une ambiance malsaine - on apprécie notamment sa pertinence dans les variations de valeurs de plans. Enfin, la musique, une entêtante ritournelle jazz qui continuer de trotter dans l’esprit du spectateur longtemps après la fin du film, acheve de donner aux séquences de meurtres une atmosphère dérangeante. 

En fait, le véritable problème de Torment of the Flesh vient de ses ruptures de rythme. Si les séquences de flash-back (tant les scènes de meurtres que celles consacrées aux effeuillages de jeunes beautés ou aux efforts de la police pour coincer le maniaque) se laissent facilement visionnées, les efforts pour instaurer un climax dérangeant sont désamorcés à chaque fois que l’intrigue nous ramène au tribunal. Difficile, en effet, d’apprécier ces passages bavards (mais assez bien interprétés) qui ne sont en fait que des rampes de lancement pour les flash-backs. D’autant plus que les plaidoiries ne brillent guère par une quelconque fougue rhétorique. Il est également dommage que le scénario soit privé d’une révélation, voire d’un twist, digne de ce nom (même si, tout à la fin...). En effet, même si la réalisation ne manque pas de force, la traque finale et la capture du criminel se font de la façon la plus banale possible. Un criminel de cette envergure aurait bien mérité un dénouement plus théâtral! Enfin, on peut aussi regretter que la trame emprunte quelques pistes assez intéressantes (comme le réseau de prostitution du Playboy Club), pour rapidement les abandonner. 


Je me dois aussi de prévenir les féministes en tout genre que Torment of the Flesh laisse apparaitre un petit coté sexiste, la plupart des jeunes filles assassinées étant quand même de sacrées allumeuses (ou des escort girls) qui, de plus, manquent grandement de clairvoyance. Je leur rappelle toutefois que ce film date du début des années 60 et qu’il doit être remis dans le contexte de l’époque.

La conclusion de à propos du Film : Torment of the Flesh [1965]

Nicolas L.
60

Torment of the Flesh est un sympathique krimi aux fragrances coquines, qui laisse également apparaite des éléments du film de prétoire. Si le rythme est parfois en peine, si le scénario ne reserve que peu de surprises, Eddy Saller parvient a captiver notre attention grace à une réalisation assez inspirée dans les séquences de meurtres et l’entretien d’un érotisme plutôt charmant. Anoter également la bonne performance d’xx xx, dans le rôle du tueur.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation appliquée
  • Un casting intéressant
  • Des séquences de meurtres bien mise en scène
  • Une atmosphère efficace
  • Un coté fripon sympathique

Que faut-il oublier ?

  • Des chutes de rythme
  • Une intrigue assez banale

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