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Critique de la série télé : Fringe [2009], par André C.

Avis critique rédigé par André C. le mercredi 17 juillet 2013 à 14h12

un baroud d'honneur un peu mou

En ces temps où la rentabilité est la condition sine qua non pour qu'une série télé puisse perdurer, Fringe apparaît comme une miraculée. Déprogrammée en pleine 3e saison pour atterrir le Vendredi soir, nombreux ont été ceux à y voir le signe d'une annulation inéluctable. La surprise n'en a été que plus grande lorsque l'on s'aperçut de la stabilisation de l'audience à un niveau satisfaisant pour la chaîne. Néanmoins, même si le public restait fidèle, la rentabilité à court terme de la série était mise à rude épreuve. Le Président de la Fox, Kevin Reilly, ne s'en est pas caché et sa déclaration comme quoi « [il perdait] beaucoup d'argent avec Fringe » a causé bien des sueurs froides aux fans. L'annonce de cette 5e saison a donc été d'autant plus inespérée.

En raison des résultats de la 4e cuvée, une nouvelle commande de 22 épisodes était à exclure. Or, la série continuait à enregistrer de bons taux d'audience sur le public cible et à récolter de bonnes critiques lui permettant de contribuer à l'image de marque de la Fox. Suite à des négociations, un compromis fût trouvé : au lieu des 22 habituels, cette dernière fournée doit se contenter de 13 épisodes. De cette manière, les auteurs n'avaient plus qu'à revoir leur copie (ils semblaient avoir prévu un plan sur 5 ans) et se concentrer sur les enjeux, à savoir la destinée des membres de la Division Fringe et le rôle de ses énigmatiques personnages que sont les Observateurs. Rajoutez à cela le départ de Jeff Pinkner, showrunner depuis 3 ans, laissant J.H. Wyman seul aux commandes, et vous aurez sans doute une petite idée du nombre de concessions que la production a dû faire pour obtenir une dernière saison honorable malgré un budget amoindri. 

D'un point de vue narratif, ses bouleversements se sont traduits par un abandon du canevas du cop show et la mise en avant du trio vedette. En effet, lors des saisons précédentes, Fringe utilisait la structure des séries policières pour développer sa mythologie : Fringe étant le nom de la Division spéciale dont les personnages font partie, ce qui valu à la série une réputation de sous X-files à ses débuts. Or, pour cette 5e saison, et sans crier gare (ou presque), les scénaristes ont choisi une autre structure : la Division n'est plus, les personnages sont dorénavant des résistants au sein d'une société totalitaire. De cette manière, cette saison ne raconte plus les enquêtes de la Division Fringe, mais la lutte en 13 épisodes des anciens membre de cette Division contre les Observateurs. Cette situation oblige les auteurs à écarter des thématiques auparavant récurrentes (l'univers parallèle est à peine évoqué) et à relégué plusieurs personnages secondaires à de la simple figuration. 

Cette nouvelle direction peut en désarçonné plus d'un, en particulier, les fans qui aimaient, justement, la variété proposée par cette logique du cop show. La formule des enquêtes closes permettaient le passage des fameuses guest-star et l'exploration de nouveaux thèmes le temps d'un épisode. Quand bien même cette dernière année marque une rupture, elle conserve tout de même une cohérence au regard de la mythologie construite depuis ses débuts. En effet, lors du final de la 3e saison (3.22 – Le Jour de notre mort, The day we died), nous avions vu un aperçu d'un futur à l'aube d'une guerre civile, au détour d'un voyage dans le temps, et l'année suivante nous avait gratifié d'un épisode spécial (4.19 – Armée Secrète, Letters of Transit) prenant place dans ce même futur : on y apprenait que l'humanité avait été asservie par les Observateurs et qu'un groupe de résistants se formait contre cet état totalitaire. Cette saison s'inscrit, en toute logique, dans la droite lignée de ces segments à part. Si la rupture de ton est abrupte, elle reste compréhensible : il n'y a que 13 épisodes et l'on sent déjà que les auteurs ne sont pas à l'aise avec ce format, leurs tics d'écriture fonctionnant maladroitement sur une commande plus allégée.

En se concentrant sur notre groupe de héros, les auteurs ont ainsi opté pour un parti pris risqué mais finalement malin. La situation de départ de Olivia Dunham et des deux Bishop, Walter et Peter (sans oublier Astrid), n'est pas sans rappelé le sort peu enviable d'un certain Captain America. Si ce super-héros se retrouve, pendant un temps, emprisonné dans un bloc de glace, nos héros le sont dans une matière appelée ambre, que les fans de la série connaissent bien, et dont l'une des propriétés est de mettre en hibernation quiconque se retrouve pris dedans. De cette manière, si les personnages ont vécus quelques années après le final de la précédente saison (Olivia et Peter ont eu une fille et l'ont connu toute jeune), ils ont bel et bien fait un bond de 15 ans dans le futur. Cette astuce permet aux scénaristes de donner un coup d'accélérateur à leur relation : après avoir retrouvé leur fille devenu adulte, les liens unissant Peter et Olivia vont être mis à rude épreuve. 

De son côté, et comme on pouvait s'y attendre, c'est un peu l'heure du bilan pour Walter. Si personne ne le lui reproche, il est difficile de ne pas voir dans le plan qu'il doit assembler, autre chose qu'un McGuffin le forçant à faire son chemin de croix. Aussi, sa principale occupation est de rassembler les éléments d'un plan qu'il avait conçu pour contrecarrer les Observateurs. Pris de court avant d'être ambré, il a disséminé des indices pour éviter que son projet ne tombe entre de mauvaises mains. L'élément qu'il n'avait pas prévu (et qui, évidemment, le culpabilise) réside dans son incapacité à se remémorer les indices en question. En d'autres termes, son propre esprit lui a joué un mauvais tour. Une situation qui le contraint à se surpasser et achève de faire de lui la figure centrale du show.

Un autre point positif concerne l'arrivée d'ennemis marquants. Les années précédentes, les adversaires de la Division Fringe souffraient d'un manque de charisme ou d'une mauvaise écriture rendant leurs motivations nébuleuses. Avec les Observateurs, ces êtres au look de bureaucrate au crâne dégarni, la série trouve enfin une figure malveillante haut en couleur dont les pouvoirs donnent à Fringe un côté bande dessinée bienvenu. Présent depuis la première saison, leur présence ne se résumait qu'à de la figuration alors qu'ils faisaient partie de l'identité du show : Joshua Jackson s'est même affublé d'un chapeau en guise de clin d’œil lors d'un Comic-Con. Là où le bât blesse réside dans les contraintes budgétaires qui affaiblissent leurs apparitions, alors que leur nature appelle une inventivité visuelle que la série ne peut plus se permettre. En somme, quand les auteurs se focalisent sur la dimension intimiste de leur feuilleton, la mise en scène sobre est légitime, mais, a contrario, elle ne permet pas de rendre justice à ses êtres hors du commun.

La conclusion de à propos de la Série Télé : Fringe [2009]

André C.
60

Une cuvée moins intense que prévue. Cette 5e saison aurait dû être un sommet dans la série, elle se révèle moyenne. Si elle réussit à être mémorable, elle reste en deçà de ses promesses. Toutefois, les scénaristes parviennent à donner à l'ensemble une cohérence qui, au vu des chemins empruntés (avec ces histoires de paradoxes temporels), n'était pas gagnée d'avance. On espérait un feux d'artifice, la conclusion est juste honorable. Fringe s'en sort bien, mais on s'attendait à mieux.

Que faut-il en retenir ?

  • Une ligne directrice claire ;
  • Une évolution intéressante des personnages principaux ;
  • Les Observateurs, enfin intronisés en tant qu'ennemi d'envergure.

Que faut-il oublier ?

  • Une mise en scène peu inventive ;
  • Des personnages autrefois récurrents relégués ici à de la figuration ;
  • Un début de saison maladroit.

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