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Critique du film : Ace Attorney, par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 17 avril 2012 à 14h12

Objection !

L'adaptation d'un jeu vidéo au cinéma est un concept moisi, c'est un fait. En effet, si l'on fait le compte des diverses productions basées sur des licences vidéoludiques, très rares sont celles qui peuvent prétendre être un bon film. Au mieux pourra t-on mettre dans le haut du panier un Silent hill de facture correcte ou un Final Fantasy assez sympathique, mais pour ces deux petites réussites, combien de ratages et de nanars, combien de long-métrage qui ont piétinné sans aucun scrupule des franchises chères à nos coeurs de joueurs ? Dès lors, l'exercice s'est taillé une réputation atroce, l'amalgame "adaptation de jeu vidéo = bouse" étant devenu une vérité dans l'esprit de nombreux cinéphiles. Autant dire que l'annonce de la transposition en film de Phoenix Wright : Ace Attorney nous aura laissé particulièrement froid, et ce d'autant plus qu'en dépit de qualités ludiques indéniables, la licence n'a absolument aucun potentiel cinématographique.

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas les jeux vidéo Ace Attorney, petite rétrospective. Créé en 2006 pour la Nintendo DS, cette franchise propose d'interpréter un avocat dans un japon futuriste ayant quelque peu simplifié son système juridique (devenu expéditif, comme dans tout bonne dystopie qui se respecte). Entre enquêtes sur le terrain et phases de plaidoiries dans un tribunal, Phoenix Wright : Ace Attorney se présente comme un point and click classique dans lequel il faut fouiller les décors pour trouver des indices puis interroger divers suspect pour leur faire avouer leurs crimes, autant dire pas le jeu le plus rythmé du monde. Faire un film autour de cette série de jeu était donc aussi attractif qu'un potentiel Pacman : the movie, mais tout cela était sans compter sur la présence derrière la caméra de ce fou de Takashi Miike, lequel, à peine sorti du film de sabre traditionnel (13 assassins), s'attaqua à la mise en scène de cette adaptation.

S'il possède une filmographie très inégale (on y trouve côte à côte des chefs d'oeuvres et des nanars honteux), Takashi Miike n'en demeure pas moins être un cinéaste intéressant, parfois capable de transcender une idée de base affreusement commune en long-métrage absolument génial (à l'instar d'Audition par exemple) ; restait simplement à savoir s'il ne s'agissait pas juste d'un film de commande pour lui (comme le pénible La mort en ligne qui surfait sur la mode du yurei eiga). Et au final, sans livrer un résultat en tout point parfait, Miike fait de Phoenix Wright : Ace Attorney non seulement une adaptation de jeu vidéo réussie, mais également un long-métrage rémarquable sur de nombreux points, et ce indépendamment de toute comparaison avec le matériau d'orgine. Ainsi, que vous ayez joué ou non au jeu vidéo, vous pourrez apprécier cet Ace Attorney pour ce qu'il est, à savoir un film particulièrement fun.

En conservant l'esprit du jeu vidéo, Miike a fait de Ace Attorney un vrai manga tourné en live. Formellement parlant, le film s'avère en effet être d'une extrême fidélité vis à vis du jeu vidéo : on va y retrouver la gestuelle typique du jeu vidéo - aussi bien dans les positions des divers protagonistes ("Objection !") que dans les expressions du comédien principal (Hiroki Narimiya, parfait dans le rôle) - mais également toutes ses caractéristiques visuelles (décors, costumes, coupes de cheveux), ce qui tend à donner au film une identité cinématographique bien particulière. Loin des adaptations fadasses ou sans autre rapport que le nom avec le matériau original, Ace Attorney fait donc le pari réussi de la fidélité, ce qui tend donc à lui conférer un aspect ludique plutôt réjouissant. Rien n'est donc pris au sérieux dans le long-métrage, qui se garde bien d'opter pour un quelconque traitement premier degré.

Cette folie qui caractérise le travail de Takashi Miike se retrouve également dans ses partis pris de réalisation, parfaits pour transposer les codes de Pheonix Wright en langage cinématographique. En samusant à mettre en scène les joutes verbales des avocats comme des combats animés, Miike donne à son film un rythme soutenu lequel, entre phases d'enquête (assez mineures dans le scénario, a contrario du jeu vidéo) et plaidoiries (pendant lequels il se sera fait plaisir) ne donne au spectateur jamais le temps de s'ennuyer. Et comme si cela ne suffisait pas, il parvient même à y ajouter sa petites touche perso (en intercalant par exemple une scène de baston) sans que cela dénote avec le ton du film. Le plaisir est donc bel et bien présent de voir cette adaptation prendre vie sur grand écran, conservant l'esprit de l'oeuvre d'origine tout en possédant indéniablement la patte de son réalisateur. 

Toutefois, en dépit des ses nombreuses qualités, Ace Attorney souffre de sérieuses chutes de rythme. En décidant d'étaler un matériau finalement peu consistant sur plus de deux heures de films, Miike peine à maintenir intact l'intérêt du spectateur. Le scénario, adapté des premières enquêtes de Phoenix Wright : Ace Attorney, s'avère répétitif (le même défaut pourrait d'ailleurs être fait au jeu vidéo), et la dernière partie du film ne fait finalement que reprendre nombre d'artifices déjà vu auparavant sans vraiment proposer quoique ce soit de réellement nouveau. Avec une bonne demi-heure en moins, le long-métrage aurait pu attendre d'autres sommets ; tel quel, il n'en demeure pas moins être un spectacle divertissant, et la preuve qu'une adaptation de jeu vidéo peut être réussie, pourvu que derrière, on ait autre chose qu'un yes-man sans imagination.

La conclusion de à propos du Film : Ace Attorney

Vincent L.
65

A la base, adapter au cinéma la franchise vidéoludique Phoenix Wright semblait être une mauvaise idée. En effet, malgré ses nombreuses qualités, le jeu n'en reste pas moins un point and click statique dont le potentiel cinématographique semblait proche de zéro. Pourtant, le résultat final va au delà des espérances et pose Ace Attorney comme l'une des meilleures adaptations vidéoludiques que l'on ait pu voir au cinéma. A la mise en scène, Takashi Miike laisse ainsi libre court à ses délires pour créer un long-métrage proche du manga-live, et le dote d'un rythme conséquent qui lui permet de donner énormément de punch aux divers procès, le tout en conservant les éléments qui font l'âme du jeu vidéo (design, postures, caractères, etc.). On pourra cependant reprocher au film de s'étaler sur une trop longue durée (plus de 2h10), ce qui tend à rendre son acte final quelque peu répétitif, et le résultat global un peu en deça de ce qu'il aurait pu être avec un scénario mieux maîtrisé.

Que faut-il en retenir ?

  • Les partis pris de mise en scène,
  • Un rythme soutenu,
  • Le côté "manga" assumé,
  • Une adaptation dans l'esprit du jeu vidéo.

Que faut-il oublier ?

  • Trop long au regard de la légèreté du concept,
  • Scénario répétitif.

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