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Critique du film : Devil Inside [2012], par Jonathan C.

Avis critique rédigé par Jonathan C. le jeudi 1 mars 2012 à 16h27

Le diable au corps

affiche Devil Inside

Début 2012, voici le nouveau phénomène du found footage, ces « documenteurs », faux reportages ou faux films amateurs en caméra subjective. Toujours très rentable (ça coute pas cher et ça rapporte gros), le genre amorcé par Cannibal Holocaust, popularisé par Le projet Blair Witch et relancé par Paranormal Activity est aujourd'hui adapté à toutes les sauces, pour le meilleur et pour le pire. Beaucoup ne sortent d’ailleurs pas en salles : Grave Encounters, The Tunnel, The Poughkeepsie Tapes, Atrocious, Desaparecidos, etc. La liste est de plus en plus longue (Le Area 51 d'Oren Peli se fait attendre), car c’est de plus en plus facile de torcher du found footage. Mais beaucoup plus difficile d’en réussir un.

Comme la plupart des « phénomènes found footage », Devil Inside s’est vendu sur une campagne marketing des plus racoleuses et sur l’incontournable « inspiré de faits réels ». Sous prétexte que le Vatican n'ait pas voulu pas s’impliquer dans ce projet (on peut les comprendre), les producteurs en ont fait un argument de vente, usant des formules tapageuses « Le film que le Vatican ne veut pas que vous voyiez » et autres « Le Vatican n'approuve pas ce film ». Comme les précédents films du genre depuis la campagne marketing novatrice de Cloverfield (quoiqu’en en dise, J.J. Abrams est un génie à la production), les producteurs de Devil Inside misent eux aussi sur la carte du buzz et du fake sur internet (cf. ce faux site , permettant aux spectateurs d'enquêter sur le cas de possession de la Maria Rossi du film et ainsi de compléter l'histoire : http://www.therossifiles.com/site/ ), organisant par ailleurs des projections carnavalesques dans des églises et des chapelles, ou sont bien entendu filmées les réactions du public (pour faire la bande-annonce).

Mais alors que des films comme Cloverfield, Troll Hunter, [REC.] ou Chronicle (qui sort en France la même semaine que Devil Inside) exploitent le concept du found footage de façon originale, pertinente et spectaculaire, et que Apollo 18, Area 51 ou Project X partent sur des postulats excitants, intriguants et ambitieux, il y aura toujours des films pour niveler le genre par le bas, dans toute sa banalité, sa facilité et sa bêtise. Torché par le piètre réalisateur de l’oublié Stay Alive (des ados piégés dans un jeu vidéo d'horreur : le pitch était génial, le film l’est beaucoup moins), Devil Inside est de ceux-là, associant de nouveau le found footage au film d'exorcisme et de possession, un mélange déjà exploité dans Le projet Blair Witch, [REC.], Paranormal Activity ou encore Le Dernier Exorcisme, sans oublier toutes les suites ([REC]³ Génesis sort bientôt, un nouveau Paranormal Activity est en route...) et les avatars de ces succès (En Quarantaine et sa suite, Paranormal Activity : Tokyo Night, le Paranormal Entity de chez Asylum…). Devil Inside vient confirmer que certains producteurs prennent les spectateurs pour des ahuris, et pourtant ça fait quand même recettes puisque le film est d’ores et déjà l'un des films les plus rentables de 2012 (son petit budget d’un million de dollars aidant) et est devenu le cinquième meilleur démarrage de tous les temps pour un film d'épouvante. Malgré les mauvaises critiques (une moyenne de 3,6/10 sur IMDb, ça fait mal mais ça fait rien si les dollars suivent), une suite est déjà envisagée et la Paramount a commandé deux autres films similaires au réalisateur William Brent Bell, Wer et Vatican. Le genre exerce décidément un vrai pouvoir de fascination sur le public.

Devil Inside

Mais quel est cette fois l'argument de cet énième faux documentaire post-Le projet Blair Witch (ou post-Paranormal Activity, ou encore post-[REC.]) ? Une nana qui décide de se filmer (pourquoi ? pour qui ? mystère !) parce que sa mère a autrefois tué trois personnes lors d'une séance d'exorcisme et serait toujours possédée. Notre héroïne, aussi amorphe que la Bella de Twilight, s'en va retrouver sa maman, enfermée dans l'asile d'une école de prêtre en Italie. Là-bas, elle fait la connaissance de deux prêtres, qui pratiquent des exorcismes en toute illégalité, au détriment des interdictions du Vatican. En assistant à l'une de ces séances acharnées, l'héroïne propose aux deux prêtres d'exorciser sa mère devant la caméra, ce qui leur offrirait une preuve de l'existence du Diable et donc une légitimité pour exorciser à tout-va...

Devil Inside

Bref, l'histoire à la base est aussi stupide que déjà vue. Prenez tous les clichés les plus éculés du film d'exorcisme, secouez ce joyeux folklore et rajoutez-y de la sauce found footage, et vous obtenez Devil Inside. Des possédés vulgaires, contorsionnistes et plein d'humour (noir) aux yeux révulsés et au rictus malicieux, des exorcismes partout dés que l'occasion se présente (dans un sous-sol, dans une cellule, dans un couloir d'hôpital, dans une voiture...à quand l'exorcisme dans les chiottes), des prêtres en proie au doute et agissant dans l'illégalité, des victimes de possession multiple, des transferts (le diable s'amuse à passer d'une personne à l'autre, un peu comme dans Le témoin du mal mais en moins rigolo), etc. Du conventionnel poussé jusqu'au ridicule, comme souvent dans le film d'exorcisme et de possession, qui a tendance à répéter éternellement les mêmes figures depuis L'Exorciste et L'Emprise, deux des rares réussites du genre (avec, dans une moindre mesure, L'Associé du Diable, L'Exorcisme d'Emily Rose, Jusqu'en enfer ou L'Exorcisme). Mais aussi ratés soient-ils, des films comme L'Exorciste : Au commencement, Les âmes perdues, L'élue, The Unborn, La fin des temps, Le purificateur, Stigmata, Constantine ou Le Rite avaient au moins le mérite d'être soit bien torchés, soit fun, soit fun ET bien torchés. Coulée dans le moule du found footage, cette recette pop-corn racoleuse n'a plus aucune saveur, pas même celle du kitsch grand-guignolesque ni le parfum du nanar. Bien qu'il ressemble parfois à une parodie involontaire du found footage ET du film d'exorcisme, Devil Inside se prend pourtant très au sérieux, là ou un Dernier Exorcisme avait au moins la décence de faire dans le second degré voire dans le pastiche assumé (comme le rollercoaster [REC.] 2). Il est ainsi difficile de s'amuser devant Devil Inside, qui provoque rapidement l'ennui tant tout ce qu'il raconte est fade et dénué d'ambitions esthétiques. Et comme ça ne raconte rien, il n’y a pas de fin, ou du moins une espèce d’amorce pseudo-choc aussi débile que frustrante. On préfèrera encore le dénouement très Z du Dernier Exorcisme, qui au moins révélait quelque chose de l’histoire (un délire avec une secte).

Devil Inside

Devil Inside

Filmé comme un reportage, avec quelques fausses images d’archives des années 80 en guise d’introduction (on se croirait dans un Secrets d’actualité), Devil Inside n’a strictement aucun intérêt cinématographique et fait partie de ces found footage qui n’ont rien saisi du concept esthétique et narratif dont ils ne sont alors pas foutus d’exploiter le potentiel. Dans ces films, le suspense doit naitre dans le plan-séquence, car le plan-séquence est représentatif de la réalité (il n’y a pas de coupures, c’est du vrai) et renforce l’immersion dans cette (fausse) réalité. C’est précisément cette idée qu’exploitent les plus grandes réussites du genre dans le registre horrifique, et les réalisateurs du Le projet Blair Witch, des Paranormal Activity et de [REC.] l'ont parfaitement compris. Mais dans Apollo 18 comme dans ce Devil Inside, la multiplication indigeste et injustifiée des axes et des caméras rend certes le montage plus conventionnellement souple, pour ne pas dire plus télévisuel, mais supprime aussi instantanément toute tentative de tension, ne laissant qu’un amas d’images timidement horrifiques, filmées et montées à l’arrache. Là ou un Chronicle tente maladroitement de justifier chaque changement d’angle (c'en devient bordélique sur la fin), Devil Inside se contrefout de cette vraisemblance logistique et du fait qu’il y ait des caméras partout et des champ/contre-champs alors que le caméraman est seul (à croire qu'il se dédouble).

La simulation de l’amateurisme est un exercice très complexe et difficile (incroyablement exécuté dans un film comme Cloverfield ou [REC.]) qui nécessite une solide connaissance de la peur et une vraie maitrise formelle (que possèdent Matt Reeves ou Jaume Balaguero). Quoiqu’on en pense, les Paranormal Activity ont au moins le mérite d’être minutieusement construits, d'être économe et de ménager leurs effets, jouant simplement sur des petits trucs d’artisan pour créer la peur, alors que Devil Inside se contente de faire sursauter en poussant les bruitages très fort (« bouh ! » le chien qui surgit juste pour faire sursauter le spectateur qui commençait à s’endormir) ou en nous refaisant le p'tit coup de caméra dans le noir. Il n’y a aucune subtilité formelle dans Devil Inside, et donc aucun sentiment d’oppression ou de paranoïa (même quand l’un des prêtres est possédé). Le traitement réaliste en caméra portée (mais sans faire dans le found footage) était beaucoup plus intéressant dans l'espagnol L'Exorcisme (aussi connu sous le titre Exorcismus ou La posesión de Emma Evans) car bousculant un peu les conventions du genre (comme le fait le tétanisant Kill List pour un autre registre) et adoptant notamment le point de vue de la possédée, ce qui est plutôt inédit (Stigmata avait tenté le coup, hélas noyé dans une esthétique clipesque) et offre une proximité saisissante avec la victime dont on suit ainsi la dégradation et ses symptômes au quotidien.

Devil Inside

Devil Inside se contente d'enchainer mécaniquement et paresseusement les passages obligés et les scènes hystériques ringardes, sans l'ombre d'une cohérence (on y croit pas une seconde, ce qui est très problématique pour un found footage). Dans cet étalage de scènes grotesques même pas amusantes, seules les retrouvailles entre la fille et sa mère possédée provoquent quelques frissons (grâce au jeu habité de l’actrice), encore que la séquence est presque entièrement montrée dans la bande-annonce. Les différents exorcismes laissent de marbre, y compris celui avec la pauvre fille désarticulée qui lance des insanités à la Pazuzu dans L'Exorciste (mais on retient l’impressionnante performance de la doublure contorsionniste, c'est déjà ça). Et entre ces petites séances pauvrement horrifiques dont il est aussi difficile d’en rire que d’en avoir peur, les personnages racontent leur vie devant la caméra (bienvenue dans un reportage de chez TF1 type Confessions intimes) sans qu’on sache trop pourquoi (même le caméraman se filme en train de faire partager son avis des plus inintéressants : « Heu…je sais pas quoi dire »), tandis que les prêtres font des cours d’exorcisme, de théologie et de démonologie qu’on a l’impression d’avoir déjà entendu une cinquantaine de fois ailleurs et en moins approximatif. Le background de chaque personnage est brièvement abordé puis tout bonnement ignoré, ne laissant que des pantins piètrement incarnés par de mauvais acteurs, dont le trio de tête est constitué de Fernanda Andrade (jolie mais horripilante), Evan Helmuth (Garfield, Terrain d’entente, Fastlane) et Simon Quaterman (un sous-Mark Whalberg et sous-James McAvoy vu dans Le Roi Scorpion 2), des inconnus qui risquent bien de le rester. Quand à la vieille nonne aux yeux vitreux sur l’affiche, certes fort inquiétante, on ne la croise que 2 secondes dans le film (et en plus ces 2 secondes sont dans la bande-annonce).

Devil Inside aura beau taper sur le Vatican, qui interdit les séances d’exorcisme et « censure » celles qui ont lieu, il n’est pas subversif une seconde. Tout juste le propos devient intéressant, quoique pas nouveau (surtout que Le Rite vient de passer par-là), lorsqu’il évoque la place des prêtres allant à l’encontre des interdictions du Vatican. Plutôt que d‘exploiter ses rares bonnes idées (la possession multiple et les prêtres amateurs qui pratiquent des exorcismes au système D : pourquoi pas ?), Devil Inside enchaine les poncifs et les rebondissements prévisibles dans un scénario paresseux, grossier, pompeux et daté qui reprend, en bon Z qu'il est, des pans entiers d’autres films. Le bon point, c’est que ça ne dure pas longtemps (83 minutes comprenant un générique de fin excessivement long). Le problème, c’est que c’est quand même trop long. Autant se contenter de la bande-annonce, qui montre l’essentiel de ce qu’il y a à voir de Devil Inside, c’est-à-dire pas grand-chose. Arnaque inside.

Devil Inside

Début 2012, voici le nouveau phénomène du found footage, ces « documenteurs », faux reportages ou faux films amateurs en caméra subjective. Toujours très rentable (ça coute pas cher et ça rapporte gros), le genre amorcé par Cannibal Holocaust, popularisé par Le Projet Blair Witch et relancé par Paranormal Activity est aujourd'hui adapté à toutes les sauces, pour le meilleur et pour le pire. Beaucoup ne sortent d’ailleurs pas en salles : Grave Encounters, The Tunnel, The Poughkeepsie tapes, Atrocious, Desaparecidos, etc. La liste est de plus en plus longue (Le Area 51 d'Oren Peli se fait attendre), car c’est de plus en plus facile de torcher du found footage. Mais beaucoup plus difficile d’en réussir un.

Comme la plupart des « phénomènes found footage », Devil Inside s’est vendu sur une campagne marketing des plus racoleuses et sur l’incontournable « inspiré de faits réels ». Sous prétexte que le Vatican n'ait pas voulu pas s’impliquer dans ce projet, les producteurs en ont fait un argument de vente, usant des formules tapageuses « Le film que le Vatican ne veut pas que vous voyiez » et autres « Le Vatican n'approuve pas ce film ». Comme les précédents films du genre depuis la campagne marketing novatrice de Cloverfield (quoiqu’en en dise, J.J. Abrams est un génie à la production), les producteurs de Devil Inside misent eux aussi sur la carte du buzz et du fake sur internet (cf. ce faux site , permettant aux spectateurs d'enquêter sur le cas de possession de la Maria Rossi du film : http://www.therossifiles.com/site/ ), organisant par ailleurs des projections carnavalesques dans des églises, ou sont bien entendu filmées les réactions du public (pour faire la bande-annonce).

Mais alors que des films comme Cloverfield, Troll Hunter, REC ou Chronicle (qui sort en France la même semaine) exploitent le concept du found footage de façon originale, pertinente et spectaculaire, et que Apollo 18, Area 51 ou Project X partent sur des postulats excitants, intriguants et ambitieux, il y aura toujours des films pour niveler le genre par le bas, dans toute sa banalité, sa facilité et sa bêtise. Torché par le piètre réalisateur de l’oublié Stay Alive (des ados piégés dans un jeu vidéo d'horreur : le pitch était génial, le film l’est beaucoup moins), Devil Inside est de ceux-là, associant de nouveau le found footage au film d'exorcisme et de possession, un mélange déjà exploité dans Le Projet Blair Witch, REC, Paranormal Activity ou encore Le Dernier Exorcisme, sans oublier tous les avatars de ces succès (En Quarantaine et sa suite, Paranormal Activity : Toky Night, le Paranormal Entity de chez Asylum…). Devil Inside vient confirmer que certains producteurs prennent les spectateurs pour des ahuris, et pourtant ça fait quand même recettes puisque le film est d’ores et déjà l'un des films les plus rentables de 2012 (son petit budget d’un million de dollars aidant) et est devenu le cinquième meilleur démarrage de tous les temps pour un film d'épouvante. Malgré les mauvaises critiques (une moyenne de 3,6/10 sur IMDb, ça fait mal mais ça fait rien si les dollars suivent), une suite est déjà envisagée et la Paramount a commandé deux autres films similaires au réalisateur William Brent Bell, Wer et Vatican.

Mais quel est cette fois l'argument de cet énième faux documentaire post-Projet Blair Witch (ou post-Paranormal Activity, ou encore post-REC) ? Une nana qui décide de se filmer (pourquoi ? pour qui ? mystère !) parce que sa mère a autrefois tué trois personnes lors d'une séance d'exorcisme et serait toujours possédée. Notre héroïne, aussi amorphe que la Bella de Twilight, s'en va retrouver sa mère, enfermée dans l'asile d'une école de prêtre en Italie. Là-bas, elle fait la connaissance de deux prêtres, qui pratiquent des exorcismes en toute illégalité, au détriment des interdictions du Vatican. En assistant à l'une de ces séances acharnées, l'héroïne propose aux deux prêtres d'exorciser sa mère devant la caméra, ce qui leur offrirait une preuve de l'existence du Diable et donc une légitimité pour exorciser à tout-va...

Bref, l'histoire à la base est aussi stupide que déjà vue. Prenez tous les clichés les plus éculés du film d'exorcisme, secouez ce joyeux folklore et rajoutez-y de la sauce found footage, et vous obtenez Devil Inside. Des possédés vulgaires, contorsionnistes et plein d'humour (noir) aux yeux révulsés et au rictus malicieux, des exorcismes à toutes les sauces dés que l'occasion se présente (dans un sous-sol, dans une cellule, dans un couloir d'hôpital, dans une voiture...), des prêtres en proie au doute et agissant dans l'illégalité, des victimes de possession multiple, des transferts (le diable s'amuse à passer d'une personne à l'autre, un peu comme dans Le Témoin du Mal mais en moins rigolo), etc. Du conventionnel poussé jusqu'au ridicule, comme souvent dans le film d'exorcisme et de possession, qui a tendance à répéter éternellement les mêmes figures depuis L'Exorciste et L'Emprise, deux des rares réussites du genre (avec, dans une moindre mesure, L’Associé du diable, Emprise, L’Exorcisme d’Emily Rose, Jusqu’en enfer et L’Exorcisme). Mais aussi ratés soient-ils, des films comme L'Exorciste : au commencement, Les âmes perdues, L'Elue, Unborn, La Fin des temps, Le Purificateur, Stigmata, Constantine ou Le Rite avaient au moins le mérite d'être soit bien torchés, soit fun, soit fun ET bien torchés. Coulée dans le moule du found footage, cette recette pop-corn racoleuse n'a plus aucune saveur, pas même celle du kitsch grand-guignolesque ni le parfum du nanar. Bien qu'il ressemble parfois à une parodie involontaire du found footage ET du film d'exorcisme, Devil Inside se prend pourtant très au sérieux, là ou un Dernier Exorcisme avait au moins la décence de faire dans le second degré voire dans le pastiche assumé (comme le rollercoaster REC 2). Il est ainsi difficile de s'amuser devant Devil Inside, qui provoque rapidement l'ennui tant tout ce qu'il raconte est fade et dénué d'ambitions esthétiques. Et comme ça ne raconte rien, il n’y a pas de fin, ou du moins une espèce d’amorce pseudo-choc aussi débile que frustrante. On préfèrera encore le dénouement très Z du Dernier Exorcisme, qui au moins révélait quelque chose de l’histoire (un délire avec une secte).

Filmé comme un reportage, avec quelques fausses images d’archives des années 80 en guise d’introduction (on se croirait dans un Secrets d’actualité), Devil Inside n’a strictement aucun intérêt cinématographique et fait partie de ces found footage qui n’ont rien saisi à un concept esthétique et narratif dont ils ne sont alors pas foutus d’exploiter le potentiel. Dans ces films, le suspense doit naitre dans le plan-séquence, car le plan-séquence est représentatif de la réalité (il n’y a pas de coupures, c’est du vrai) et renforce l’immersion dans cette (fausse) réalité. C’est précisément cette idée qu’exploitent les plus grandes réussites du genre dans le registre horrifique, et les réalisateurs du Projet Blair Witch, des Paranormal Activity et de REC l'ont parfaitement compris. Mais dans Apollo 18 comme dans ce Devil Inside, la multiplication indigeste et injustifiée des axes et des caméras rend certes le montage plus conventionnellement souple, pour ne pas dire plus télévisuel, mais supprime aussi instantanément toute tentative de tension, ne laissant qu’un amas d’images timidement horrifiques, filmées et montées à l’arrache. Là ou un Chronicle tente maladroitement de justifier chaque changement d’angle (c'en devient bordélique sur la fin), Devil Inside se contrefout de cette vraisemblance logistique et du fait qu’il y ait des caméras partout et des champ/contre-champs alors que le caméraman est seul (à croire qu'il se dédouble).

La simulation de l’amateurisme est un exercice très complexe et difficile (incroyablement exécuté dans un film comme Cloverfield ou REC) qui nécessite une solide connaissance de la peur et une vraie maitrise formelle (que possèdent Matt Reeves ou Jaume Balaguero). Quoiqu’on en pense, les Paranormal Activity ont au moins le mérite d’être minutieusement construits, d'être économe et de ménager leurs effets, jouant simplement sur des petits trucs d’artisan pour créer la peur, alors que Devil Inside se contente de faire sursauter en poussant les bruitages très fort (« bouh ! » le chien qui surgit juste pour faire sursauter le spectateur qui commençait à s’endormir) ou en nous refaisant le p'tit coup de caméra dans le noir. Il n’y a aucune subtilité formelle dans Devil Inside, et donc aucun sentiment d’oppression ou de paranoïa (même quand l’un des prêtres est possédé). Le traitement réaliste en caméra portée (mais sans faire dans le found footage) était beaucoup plus intéressant dans l'espagnol L'Exorcisme (aussi connu sous le titre Exorcismus ou La posesión de Emma Evans) car bousculant un peu les conventions du genre (comme le fait le tétanisant Kill List pour un autre registre) et adoptant notamment le point de vue de la possédée, ce qui est plutôt inédit (Stigmata avait tenté le coup, hélas noyé dans une esthétique clipesque) et offre une proximité saisissante avec la victime dont on suit ainsi la dégradation et ses symptômes au quotidien.

Devil Inside se contente d'enchainer mécaniquement et paresseusement les passages obligés et les scènes hystériques ringardes, sans l'ombre d'une cohérence (on y croit pas une seconde, ce qui est très problématique pour un found footage). Dans cet étalage de scènes grotesques même pas amusantes, seules les retrouvailles entre la fille et sa mère possédée provoquent quelques frissons (grâce au jeu habité de l’actrice), encore que la séquence est presque entièrement montrée dans la bande-annonce. Les différents exorcismes laissent de marbre, y compris celui avec la pauvre fille désarticulée qui lance des insanités à la Pazuzu dans L’Exorciste (mais on retient l’impressionnante performance de la doublure contorsionniste, c'est déjà ça). Et entre ces petites séances pauvrement horrifiques dont il est aussi difficile d’en rire que d’en avoir peur, les personnages racontent leur vie devant la caméra (bienvenue dans un reportage de chez TF1 chez Confessions intimes) sans qu’on sache trop pourquoi (même le caméraman se filme en train de faire partager son avis des plus inintéressants : « Heu…je sais pas quoi dire »), tandis que les prêtres font des cours d’exorcisme, de théologie et de démonologie qu’on a l’impression d’avoir déjà entendu une cinquantaine de fois ailleurs et en moins approximatif. Le background de chaque personnage est brièvement abordé puis tout bonnement ignoré, ne laissant que des pantins piètrement incarnés par de mauvais acteurs, dont le trio de tête est constitué de Fernanda Andrade (jolie mais horripilante), Evan Helmuth (Garfield, Terrain d’entente, Fastlane) et Simon Quaterman (un sous-Mark Whalberg et sous James McAvoy vu dans Le Roi Scorpion 2), des inconnus qui risquent bien de le rester. Quand à la nonne aux yeux vitreux sur l’affiche, certes fort inquiétante, on ne la croise que 2 secondes dans le film (et en plus ces 2 secondes sont dans la bande-annonce).

Le film aura beau taper sur le Vatican, qui interdit les séances d’exorcisme et « censure » celles qui ont lieu, il n’est pas subversif une seconde. Tout juste le propos devient intéressant, quoique pas nouveau (surtout que Le Rite vient de passer par-là), lorsqu’il évoque la place des prêtres allant à l’encontre des interdictions du Vatican. Plutôt que d‘exploiter ses rares bonnes idées (la possession multiple et les prêtres amateurs qui pratiquent des exorcismes au système D : pourquoi pas ?), Devil Inside enchaine les poncifs et les rebondissements prévisibles dans un scénario paresseux, grossier, pompeux et daté qui reprend, en bon Z qu'il est, des pans entiers d’autres films. Le bon point, c’est que ça ne dure pas longtemps (83 minutes comprenant un générique de fin excessivement long). Le problème, c’est que c’est quand même trop long. Autant se contenter de la bande-annonce, qui montre l’essentiel de ce qu’il y a à voir de Devil Inside, c’est-à-dire pas grand-chose.

Bête, mal fichu, mal joué et se prenant trop au sérieux pour qu’on puisse s’en amuser, Devil Inside ne fait rien avancer, ni dans le film d'exorcisme, ni dans le found footage. Pire : il n'est efficace dans aucun de ces deux registres shock, des genres casse-gueule qui ont connu peu de réussites et dont Devil Inside condense tous les défauts. L’efficacité, même relative, d'un film d'exorcisme (et pas seulement) réside prioritairement dans ses partis-pris (choix esthétiques, choix du point de vue...), mais ceux de Devil Inside sont d’une pauvreté affligeante, surfant opportunément sur la tendance du genre (la Paramount veut réitérer le succès de ses Paranormal Activity) sans en faire quoique ce soit. D’autant plus hérétique que Devil inside ose passer après Le Projet Blair Witch, REC, Paranormal Activity ou même Le Dernier exorcisme, autres mélanges autrement plus réussis de found footage et de film d’exorcisme/possession.

La conclusion de à propos du Film : Devil Inside [2012]

Jonathan C.
40

Bête, mal fichu, mal joué et se prenant trop au sérieux pour qu’on puisse s’en amuser, Devil Inside ne fait rien avancer, ni dans le film d'exorcisme, ni dans le found footage. Pire : il n'est efficace dans aucun de ces deux registres shock, des genres casse-gueule qui ont connu peu de réussites et dont Devil Inside condense tous les défauts. L’efficacité, même relative, d'un film d'exorcisme (et pas seulement) réside prioritairement dans ses partis-pris (choix esthétiques, choix du point de vue...), mais ceux de Devil Inside sont d’une pauvreté affligeante, surfant opportunément sur la tendance du genre (la Paramount veut réitérer le succès de ses Paranormal Activity) sans en faire quoique ce soit. D’autant plus hérétique que Devil Inside ose passer après Le projet Blair Witch, [REC.], Paranormal Activity ou même Le Dernier Exorcisme, autres mélanges autrement plus réussis de found footage et de film d’exorcisme/possession.

Que faut-il en retenir ?

  • Une scène
  • La doublure contorsionniste est très forte

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario épuisé dopé aux pires clichés du genre
  • Le concept found footage invraisemblable et jamais justifié
  • Une actrice principale à tarter
  • Aucune tension, des exorcismes ringards
  • Elle est ou la fin ?

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