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Critique du film : The Devil's Rock, par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 15 février 2012 à 17h58

Helena et les garçons

La veille du débarquement de Normandie, deux commandos alliés débarquent sur l’une des îles anglo-normandes pour une mission de sabotage. S’introduisant dans les installations allemandes, ils découvrent que la garnison a été horriblement massacrée. Quand, du fond du bunker plongé dans l’obscurité, leur parviennent des hurlements terrifiants...

Le film d’horreur et le film de guerre ont souvent fait bon ménage, et on ne cite plus aujourd’hui le nombre de métrage mêlant avec succès ses deux éléments. Il est vrai que le Diable ne peut que se plaire en ces lieux où l’humain laisse exprimer ses plus bas instincts. Si l’on se penche sur le sujet, on peut constater que peu de périodes de l’histoire ont été négligées, cependant, il y en a une que privilégient les spécialistes du genre, et c’est la seconde guerre mondiale. Une préférence qui tient en grande partie du fait que le Troisième Reich a la réputation (fondée ou non, la question ne se pose pas) de s’être intéressé de très près à l’occultisme. Ainsi, l’Ordre Noir d’Adolf Hitler, la Société de Thulé, le mysticisme pangermanique nazi, le gout d’Himmler pour l’ésotérisme, les travaux mystérieux de l’Ahnenerbe, branche «scientifique» de la Waffen-SS, autant d’éléments aptes à alimenter l’imagination des romanciers et scénaristes, avec des récits s’inscrivant dans des tendances steampunks, gothiques ou purement horrifiques.

The Devil’s Rock puise son histoire dans la veine démonologique (vieux grimoire, pentacle tracé au sol, bougies, talisman et tout le tintouin), avec, en prime, une bonne dose de mythologie lovecraftienne (les psaumes récitées lors des incantations citent, entre autres, les noms de Nyarlatothep et Azatoth). L’intrigue, elle, ne se montre guère novatrice avec la mise en place d’un huis clos au cours duquel une poignée de personnages se retrouve prise au piège en compagnie d’une entité maléfique invoquée par les nazis. Un air de réchauffé. John McTiernan et Rob Green, par exemple, ont par le passé déjà exploité ce pitch avec La Forteresse noire (1983) et The Bunker (2001). Plus récemment, Steve Barker a recyclé le genre en y adjoignant une touche steampunk avec Outpost (2008). Certains ont même transposés le thème dans un environnement futuriste, comme le très mouvementé Doom ou le paranoïaque Event Horizon, le vaisseau de l'au-delà. Bref, si The Devil’s Rock présente un quelconque intérêt, il ne se situe certainement pas dans l’originalité de son sujet. Intéressons-nous donc plutôt à sa mise en forme.

Réalisé par Paul Campion, The Devil’s Rock est un film néo-zélandais à petit budget se déroulant dans un décor minimaliste, avec un nombre restreint de comédien. Pour le cinéaste, le défi était donc d’arriver à générer et entretenir un climat fortement anxiogène, en jouant sur les peurs des différents protagonistes, sur les incertitudes concernant leurs motivations premières et sur la menace permanente (et surnaturelle) qui pèse sur eux. Il y parvient plus ou moins bien. Il faut dire qu’il n’est pas vraiment aidé par un scénario (remarquez, vu que c’est lui qui l’a écrit...) qui présente quelques incohérences, dont une est très gênante pour la crédibilité du récit. En effet, sachez que, à aucun moment, les personnages ne se voient privés d’une échappatoire. Hors, si l’on peut comprendre que le colonel SS tient à rester sur les lieux, on a plus de mal à accepter que le capitaine, à la vue de ces corps mutilés et la découverte d’une démone enchainée qui apprécie le sushi à base de chair humaine, ne quitte pas en courant le bunker pour courir jusqu’à la plage, grimper sur son dingy boat et ramer jusqu’en Angleterre sans se retourner. C’est bien simple, la personne qui visionnait le film en ma compagnie s’est un moment éloignée pour satisfaire à des bes... euh, aller se repoudrer le nez. A son retour, perplexe, elle me pose la question: «Euh, pourquoi ils se barrent pas? La porte du bunker s’est verrouillée derrière eux?» Ben non, chérie, ils sont cons, c’est tout.

A coté de cela, on ne peut pas vraiment dire que The Devil’s Rock soit mal réalisé. Paul Campion (réalisateur formé au sein de l’écurie WETA, il est un spécialiste des effets spéciaux) fait de son mieux avec les moyens du bord et, au final, il s’en sort pas trop mal, notamment dans le registre visuel, avec un rendu bien craspec dans les éclairages et les décors (la vue des corps déchiquetés des soldats allemands est un spectacle gore particulièrement efficace). On peut également noter que si le rythme est assez lent, on ne s’ennuie pas tant le métrage est fourni en passages bien tendus - deux ennemis se voient contraints de coopérer pour tenter d’éliminer un monstre, mais cette alliance forcée va-t-elle durer? - et en explosions de violence très sanglantes. De plus, en faisant preuve de sobriété dans les maquillages, en évitant le plus possible les effets numériques, Campion parvient également à nous offrir un démon qui évite le ridicule. Tout d’abord visible sous son déguisement humain, il va se dévoiler par la suite, quand ce leurre ne fonctionnera plus. On découvre alors la véritable apparence de ce démon femelle, qui se compose d’une silhouette toujours aussi gracieuse mais au corps (rouge comme l’enfer!) doté de particularismes terrifiants: une paire d’ailes atrophiées dans le dos, des griffes acérées, un beau visage au sourire carnassier. Un mélange de séduction et d’horreur assez réussie, version féminine de Darkness (Legend), et dont l’efficacité repose en grande partie sur la beauté de son interprète, Gina Varela.

Dans les rôles principaux, Craig Hall et Matthew Sunderland s’en  tirent avec les honneurs. Heureusement, car le film repose en grande partie sur leurs épaules. Le premier incarne le capitaine Grogan, le second le colonel Meyer. Prenant leurs rôles très au sérieux, ils nous offrent quelques séquences de baston assez réussies, pleine de hargne et de conviction. Les deux personnages se haïssent et cela se ressent à tout moment, même lorsqu’ils s’entraident. La scène où le capitaine Grogan, sourire sadique aux lèvres, enlève, à vif et sans anesthésiant, une balle dans le corps du colonel, qui hurle de douleur, est d’ailleurs l’un des passages les plus réjouissants du film.

La conclusion de à propos du Film : The Devil's Rock

Nicolas L.
50

The Devil’s Rock est une petite série B réalisée et interprétée avec sérieux. Le scénario manque d’originalité, présente quelques incohérences, et la réalisation ne brille pas par la richesse de ses moyens. Cependant, l’ensemble est suffisamment soigné pour faire ce récit un spectacle divertissant, qui plaira plus particulièrement aux amateurs de gore, grâce à de bons effets spéciaux old school.

Que faut-il en retenir ?

  • Un réalisation soignée
  • Un casting impliqué
  • Une bonne dose de gore
  • Un démon pas ridicule

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario minimaliste
  • Une impression de déjà-vu
  • Quelques incohérences

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