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Critique du film : Mestema: le maître du donjon [1986], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 6 décembre 2010 à 23h19

bits contre magie noire

Paul Bradford est un petit génie de l'informatique très apprécié de ses employeurs. Jeune homme de bonne famille, il rentre tous les soirs chez lui en petite foulée, histoire de décompresser et de tenir la forme. Passionné par son métier, il a même mis au point un logiciel domestique intelligent, qu'il a baptisé Cal, avec lequel il a de fréquentes conversations amicales. Cette situation n'est d'ailleurs pas sans inquiéter un peu Gwen, sa fiancée, qui voit dans cette relation homme-machine quelque chose de bizarre. Leur univers idyllique va alors être sacrément secoué quand, un soir, alors que Paul et Gwen sont assoupis, un brouillard étrange envahit la pièce et les deux tourtereaux se retrouvent projetés dans le cauchemardesque monde de Mestema, reliquat de Satan...

Dungeonmaster est l'une des toutes premières productions de la compagnie Empire. Créée par le célèbre Charles Band, elle produira quelques bijoux comme les adaptations lovecraftiennes Réanimator et Aux portes de l'au-delà, ou Les poupées, un petit bijou de série B dont il faudra que je vous parle un jour. Le scénario se présente sous la forme d'une anthologie de courts-métrages aux protagonistes communs ; sept quêtes à accomplir, dans des univers différents, au cours desquels Paul devra sauver à chaque fois sa dulcinée d'un terrible péril. L'instigateur de ces « travaux » est un démon qui, voyant en Paul et sa technologie une menace pour le règne de la magie, a décidé de le mettre à l'épreuve, en espérant sa perte. En quelque sorte, l'on se retrouve avec les mêmes enjeux que dans les textes arthuriens, l'existence de la magie n'étant plus mise en danger par le culte du dieu unique mais celui de la machine.

Présenté comme cela, le spectacle peut paraitre alléchant. Malheureusement, quand l'on ne possède pas les moyens de ses ambitions, le résultat est souvent décevant voire,  comme ici, catastrophique. En effet, au-delà de l'aspect kitchissime des effets spéciaux et de la musique disco démodée qui berce le métrage (le générique, lui, est de Richard Band, frère de Charles), Dungeonmaster faute par pléthore d'éléments ridicules, à commencer par le look de Mestema et de Paul, transformé en un paladin à l'accoutrement ridicule et rebaptisé Excalibrate (si, si !). Quand à Cal, Paul l'a emmené dans son voyage « virtuel » et le porte à son poignée, sous la forme d'un bracelet en plastique encore moins crédible que les gadgets de Cosmos 1999.

Bref, Paul va devoir affronter de terrifiants (ah, ah, ah !) challengers (ils en ont en effet tous après Gwen) dans sept mondes en mousse différents, qui va du post-apocalyptique évoquant ces terres dévastées propres aux films SF spaghettis inspirés de Mad Max à l'univers réaliste du slasher à deux balles (genre couteau rétractable en plastique, vous voyez ?), en passant par une planète de glace, un monde d'heroic fantasy, etc. Le segment le plus drôle, à défaut d'être le plus réussi (d'ailleurs, aucun n'est réussi), est certainement celui du Heavy-Metal, où Paul va devoir sauver Gwen des mains et de la guitare maudite de Blacky Lawless, le leader du groupe WASP (que l'on voit sur scène). Filmé avec les pieds par un Charles Band probablement ivre mort, le chanteur excentrique en fait des tonnes dans le registre petit diable pervers, jouant de son instrument à corde comme s'il s'agissait de celui planqué dans son futal en cuir. Désopilant !

Le plus incroyable dans cette histoire, c'est quand l'on constate les noms des responsables de ces segments ;  David W. Allen, John Carl Buechler, Ted Nicolaou (bon, là, je vous l'accorde, cet homme n'a jamais rien fait de bon) et même Charles Band en personne. Seule Rosemarie Turko (un pseudo ?) n'évoque rien pour moi, les deux autres réalisateurs, Peter Manoogian et Steven Ford étant des yes-man de l'écurie Empire. Même les techniciens sont loin d'être des inconnus, et encore moins des manchots, à commencer par John Buechler et Everett Burrell pour les maquillages et surtout le respectable Mac Ahlberg à la photographie ! Incroyable ! C'est tellement mauvais que l'on pourrait même croire que ce film est le fruit d'un pari visant à déterminer celui qui pourrait accoucher du travail le plus pourri. Seuls restent à sauver quelques amusants comme celui au grand Harryhausen via l'attaque d'un géant de pierre animé en stop-motion ma foi pas si mal foutu.

Pris au dixième degré, Dungeonmaster peut évidemment se révéler être un spectacle assez drôle. Au menu : combats aussi mou qu'un concours de lancers de marshmallows ; effets virtuels à base de rayons lasers moisis qui font zip et bip ; décors en polystyrène et environnement fait d'un peu de fumée et de gélatines, figurants désemparés revêtus de panoplies de monstres en latex (une taille trop grande) et surtout un jeu d'acteur calamiteux. D'ailleurs, préciser que Jeffrey Byron, Richard Moll et Leslie Wing sont à coté de la plaque relève de l'euphémisme tant leur jeu sonne faux. En fait, aussi charismatique qu'une huitre et énergique qu'un aï sous Temesta, revêtu de son armure en mousse, Jeffrey Byron en héros, c'est un peu comme Christian Clavier dans le rôle de James Bond : on y croit pas une seconde, on attend la chute. Son adversaire n'est pas meilleur. Moll cabotine ici encore plus que Jeremy Irons dans Donjons & Dragons et, en haut de son rocher, imitant Bela Lugosi, il atteint par moment les sommets du ridicule. Quand à Leslie Wing (qui passe une grande partie du film a faire semblant d'être entravé à un rocher, telle Andromède offerte au Kraken), elle se contente de trimbaler sa paire de fesses d'une séquence à une autre en appelant, de sa voix nasillarde, son héros à l'aide (personnellement, j'en aurais profité pour m'en débarrasser mais bon, je ne suis pas un paladin vertueux, mais un vieux critique grincheux).

La conclusion de à propos du Film : Mestema: le maître du donjon [1986]

Nicolas L.
20

Dungeonmaster fut considéré comme un très mauvais film dans les années 80, il ne s’est pas bonifié en vieillissant. On peut trouver dans cette immonde bouse un intérêt cinéphile certain, au regard des artistes y ayant participés, mais c’est bien là sa seule richesse tant le spectacle proposé est minable, fruit d’un véritable travail de fumiste. Une véritable bouse, présentant quelques aspects nanars.

Que faut-il en retenir ?

  • Un intérêt pour le cinéphage
  • Drôle au dixième degré

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario sans intérêt
  • Une réalisation catastrophique
  • Un aspect cheap désastreux
  • Une interprétation poussive

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