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Critique du film : Incidents de parcours [1989], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 29 juillet 2010 à 23h06

Attention au singe...

George A. Romero est essentiellement connu du grand public pour ses films de zombies, au rang desquels on retiendra surtout sa fameuse tétralogie des morts-vivants (nuit, aube, jour et territoire des morts). Réduire sa filmographie à ces quatre seuls long-métrage serait pourtant très réducteur, ce dernier étant passé au fil des années d'un genre à l'autre avec, certes, plus ou moins de bonheur. Ainsi, entre les vrais navets qui piquent (Bruiser) et les longs-métrages très moyens (La Part des ténèbres), se trouvent quelques oeuvres remarquables méritant de figurer dans le haut de sa filmographie. Au rang de ces films non zombiesques se trouvent notamment Martin, ou cet Incidents de parcours ; thriller doublé de quelques éléments relevant de la science-fiction (voire, peut-être également, du fantastique), le film s'inscrit de manière logique dans la filmographie de Romero, en ce que l'histoire et la base du scénario lui permet de livrer une oeuvre posant un regard critique sur son époque.

Incidents de parcours fut engendré dans la douleur, Romero ayant découvert avec ce film le travail avec les grands studios d'Hollywood. Produit par les studios Orion au moments où ceux-ci souffraient de soucis financiers (ils feront faillite quelques années plus tard avec le catastrophique Robocop 3), ayant souffert de plusieurs remontages suites à de nombreuses projections-tests, assassiné par la critique au moment de sa sortie et boudé par le public dans les salles obscures, Incidents de parcours tel que nous le connaissons actuellement n'est pas la version initialement voulue et souhaitée par George Romero. Pourtant, en dépit de ses faiblesses et de ses nombreuses maladresses, le film reste, de manière assez formelle, un petit modèle d'efficacité. Avec deux unités de lieu, un personnage principal tétraplégique et un petit capucin en guise de grand méchant, Romero livre au final un thriller qui fonctionne, doublé d'un sous-texte plutôt pertinent sur la condition humaine.

L'aspect thriller, qui constitue la base du scénario, évite avec une certaine maestria de sombrer dans le comique involontaire (un héros paralysé est traumatisé par un macaque tueur, avouons que ça prête plus à rire qu'à faire frissonner). Contournant toutes ces difficultés, Romero livre un film très premier degré qui raconte le plus sérieusement du monde son histoire. Cela commence par des séquences d'expositions plutôt longues, destinées à présenter le personnage principal et le calvaire que ce dernier endure, ainsi que les expériences qui vont mener à la "création" du singe et à son introduction dans le foyer du héros. Le film prend alors son temps pour poser ses bases, souffrant, ici et là, de quelques soucis de rythme. Cependant, cette petite faiblesse de départ permet, par la suite, de renforcer la narration du film pour rendre crédible la relation entre Ella et Allan, et ainsi faire oublier les nombreuses faiblesses scénaristiques qui émaillent Incidents de parcours.

En effet, peut-être à cause des nombreux montages imposés au film, le script d'Incidents de parcours n'est pas ce qu'on pourrait appeler un modèle d'efficacité et de sobrété. Ainsi, entre les éléments totalement inexpliqués (le lien mental Allan/Ella), les personnages secondaires archi-caricaturaux pouvant être résumés à un concept basique (la mère posséssive, l'amie compréhensive ou l'ex petite-amie veinale), les péripéties courrues d'avance (la mort de Geoffrey, qui l'on peu prédire dès la première demi-heure), l'épilogue extrêmement facile ou l'happy-end enfoncé dans une guimauve dégoulinante de bon sentiment, force est de reconnaître au final que le scénario du film est très médiocre. Pourtant, paradoxalement, les diverses péripéties qui vont en constituer le moteur s'y enchainent relativement bien, offrant au long-métrage une véritable montée en puissance transcendée par la mise en scène efficace de George Romero.

La mise en scène est ainsi ce qui permet au film de dépasser ses faiblesses d'écriture. En dehors de certains plan de caméra confinant au ridicule (l'accident de début, qui fait penser à du Benny Hill, ou les scènes de combat avec le singe, où l'on croirait que les personnages affrontent un être physiquement colossal), Romero livre un thriller d'une efficacité redoutable, utilisant le handicap de son personnage principal et l'unité de lieu offert par la demeure de ce dernier pour construire un véritable huis-clôt. En se servant de plans de caméra rapprochés, il met le spectateur au niveau du héros et de son incapacité à réagir aux évènements se déroulant sous ses yeux. Parti de séquences d'exposition lente et posées, Incidents de parcours monte en puissance crescendo, pour finalement aboutir à des séquences finales ingénieuses, où tout le potentiel dramatique du handicap du héros est judicieusement utilisé pour construire des péripéties aussi simples que diaboliquement pensées.

Cependant, avouons qu'au final, ce qui fait la vraie réussite d'Incidents de parcours se trouve essentiellement dans les diverses pistes de reflexion offertes par le scénario, et qui, très visiblement, ont énormément intéressé Romero. Ainsi, alors que le personnage du singe va petit à petit s'humaniser et acquérir des comportements anthropomorphiques de plus en plus troublants, le  personnages principal va quant à lui subir une regression animale en sombrant dans des excès de colère et de violence verbale semblant presque incontrôlables. La limite entre l'animal et l'être humain s'efface progressivement pour mettre les deux personnages sur un pied d'égalité, et ainsi donner toute sa saveur aux scènes finales où les rôles vont petit à petit reprendre leur état normal. A côté de cela, le script offre quelques autres thématiques intéressantes, notamment quant aux expériences scientifiques ou au concept de possessivité, mais celles-ci sont à peine effleurées et laissées au simple jugement du spectateur.

La conclusion de à propos du Film : Incidents de parcours [1989]

Vincent L.
75

George Romero n'a pas réussi que de bons films de zombies, sa filmographie contient également quelques long-métrages remarquables, aux rangs desquels se trouve Incident de parcours. Thriller sf impeccablement maîtrisé, le film propose, en dépit d'un scénario très faible, une excellente montée en puissance orchestrée avec une vraie maestria formelle. De plus, l'histoire est doublée de pistes de reflexion pertinentes plutôt bien traitées, et contient quelques thématiques assez sympathiques qui rendent l'histoire plus intelligente qu'il n'y paraît au premier abord. Une oeuvre injustement méconnue qui mérite d'être découverte.

Que faut-il en retenir ?

  • Un thriller claustro impeccablement construit,
  • Une montée en puissance qui va crescendo,
  • Une histoire intelligemment traitée,
  • Des pistes de réflexions sympathiques,
  • Un casting solide.

Que faut-il oublier ?

  • Un grand nombre de faiblesse scénaristiques,
  • Quelques effets visuels ridicules.

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