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Critique du film : Frankenhooker [1991], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 9 mai 2010 à 19h02

Whore of Frankenstein

Jeffery a le plus grand mal à se remettre de la disparition tragique de sa fiancée, littéralement déchiquetée par une tondeuse à gazon. Ce petit génie versant dans la biologie et la physique, bien décidé à trouver une solution pour faire revenir sa promise, en conserve même la tête dans un serum de son invention. Oui, mais voilà, il va lui falloir trouver un corps digne d’accueillir un visage si parfait…

En 1990, quand Frankenhooker sort dans les salles, Frank Henenlotter, réalisateur américain appartenant à la vague gore des années 80, s’était déjà fait une bonne petite réputation de cinéaste barge avec Frères de sang (1982) mais surtout Elmer, le remue-méninges (1988), véritable petit bijou trash bourré d’humour noir. Et ce n’est pas le demi-échec, quelques mois plus tôt, d’un Frères de sang 2 assez décevant qui allait refroidir l’enthousiasme des fans. Il faut dire que le pitch de ce film, qui annonçait une sorte de relecture trash du mythe de Frankenstein, était alléchant.

Frankenhooker raconte donc l’histoire d’un savant fou qui, à partir de morceaux humains (pris sur des prostituées), ramène sa fiancée à la vie. Cependant, il va constater avec horreur que « la chair va prendre le dessus sur l’esprit ». La créature va alors plus obéir à ses composantes perverties par le stupre et la drogue qu’à l’âme innocente de sa fiancée. Pour la plus grande joie des spectateurs amateurs de plans fripons et de séquences craspecs.

Si Frankenhooker évoque d’autres relectures contemporaines de l’œuvre de Mary Shelley (L'Amie mortelle, Une créature de rêve et, bien entendu, Réanimator 2), le film se démarque des autres par un traitement particulier, nettement plus bis, découlant directement de la culture underground de son géniteur. Ainsi, le cinéaste, s’il ne manque pas de glisser tout au long du métrage des éléments SF un brin loufoque (le cerveau cyclope, hommage au cerveau qui ne voulait pas mourir, digne de figurer dans un spectacle du Muppet Show), il choisit aussi de nous faire visiter les milieux interlopes des bas-fonds new-yorkais avec sa drogue, son racket et sa prostitution. Il en ressort une impression de décalage entre la gravité du sujet et la mise en scène, définitivement comique.

Le gore, s’il est bien présent, voit souvent son impact horrifique complètement désamorcé par le ridicule des situations et l’usage régulier de vulgaires mannequins en guise victimes (aujourd’hui, cet aspect cheap contribue, c’est certains, au charme kitch de l’œuvre). Graphiquement, on se situe loin, par exemple, des films de Brian Yuzna et de Stuart Gordon, qui utilise l’humour noir sans jamais trop sombrer dans le burlesque et la parodie (par exemple, la bonne séquence où les membres s’échappent du congélateur de Jeffery n’a pas la même puissance que son équivalent dans Réanimator). De plus, comme les passages horrifiques sont assez avares en démonstrations sanglantes et malsaines, Frankenhooker ne peut pas non plus être raisonnablement comparé aux œuvres gores et potaches de Peter Jackson ni aux films de la Troma comme Toxic ou Atomic College.

Heureusement, si le métrage est bien sage dans le registre de l’horreur, il se rattrape bien par un scénario très fourni en idées farfelues. Le film est ainsi souvent très drôle à défaut d’être terrifiant ou écœurant. Certaines séquences demeurent d’ailleurs cultes, comme lorsque Jeffery fait l’inventaire de ses « pièces détachées » ou quand, pour avoir consommé une drogue artisanale, des prostituées explosent dans des gerbes d’étincelles. Le final, qui renvoie aux productions de Brian Yuzna, est également très drôle. D’ailleurs, pour ce qui est de l’interprétation, on peut regretter que James Lorinz ne soit pas Jeffrey Combs. Dans la peau du savant fou, le jeune comédien affiche parfois une transparence gênante et un jeu vraiment mollasson, amplifiant les effets d’une réalisation manquant assez souvent de rythme. Jeffery est un crétin utopique, certes, complètement timbré (il se shoote à coup de perceuse dans le cerveau !) mais on l’aurait aimé un peu plus énergique. Plus convaincante est la prestation hilarante (bonjours le festival de grimaces !) de l’ex-playmate Patty Mullen. Les meilleures répliques viennent d’ailleurs de son personnage d’Elizabeth, notamment quand elle se consacre à son mortel racolage.

La conclusion de à propos du Film : Frankenhooker [1991]

Nicolas L.
60

Frankenhooker est l’œuvre la plus farfelue de Frank Henenlotter mais aussi la plus « accessible » au grand public. En effet, dans ce film, il s’éloigne un peu de l’esprit trash qu’il cultive habituellement pour emprunter le ton de la comédie satirique. Il en ressort un film très amusant, doté d’une atmosphère potache assez réussie, mais manquant tout de même de force et de rythme. Un film à voir, toutefois, ne serait-ce que pour profiter de son charme kitch.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario complètement barré
  • Un sympathique aspect kitch
  • Le final, génial

Que faut-il oublier ?

  • Un manque de moyen évident
  • Quelques chutes de rythme
  • Un Henenlotter bien sage

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