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Critique du film : Coeur d'encre [2009], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 29 mars 2009 à 18h21

Fantasy enfantine privée de magie

Dans Cœur d’Encre, un restaurateur de livres anciens, doté de la faculté magique de pouvoir donner vie à des personnages de fiction, essaie de rattraper une bévue commise il y a neuf ans. Une bourde qui l’a depuis privé de la compagnie de son épouse et lancé sur le monde une horde de vilains et de magiciens.

En compagnie de Meggie, sa fille, le brave et sympathique relieur parcoure alors le monde à la recherche du livre dont la lecture de certains passages pourrait réparer tout cela : Cœur d’encre, une œuvre de fantasy jeunesse écrite par un romancier italien. Evidemment, cela ne va pas être de tout repos car les forces du Mal désormais présentes sur Terre recherchent également l’ouvrage… mais pour un tout autre usage.

Adaptation cinématographique d’un roman jeunesse écrit par l’allemande Cornelia FunkeCœur d’Encre surfe sur la mode des blockbusters fantasy pour enfants et pré-adolescents. Au programme : de la magie, des méchants vraiment méchants, des gentils très gentils, un animal familier rigolo (un furet nommé Gwyn), quelques compagnons haut en couleurs, une jeune héroïne, etc. On évolue donc en terrain reconnu, voire balisé. Mais – contrairement à ce que semble croire le réalisateur Iain Softley - ce n’est pas parce que l’on brode une œuvre sur un canevas bien rodé que celle-ci va être à coup sûr une réussite. Et Cœur d’Encre en est la preuve par les faits…

Car ce film est sacrément mauvais.

En effet, il ne suffit pas de mettre en tête d’affiche un comédien sympathique comme Brendan Fraser et une gueule de cinéma comme Andy Serkis pour obtenir un duo d’adversaires qui fonctionne. Il faut aussi une histoire digne d’intérêt. Je n’ai pas lu le livre dont Cœur d’Encre s’inspire, mais le script fourni par David Lindsay-Abaire (Robots, et bientôt Spider-man 4, arrgh !) est absolument ridicule, doté d’un humour pas drôle du tout, et bourré d’incohérences.

La plus évidente, la plus risible et la plus grave, est une composante structurelle, partie intégrante de la quête de Mo Folchart, le gentil relieur. D’ailleurs, neuneu serait un terme plus approprié pour définir ce « brave » type. En effet, l’homme parcoure de long en large l’Europe à la recherche d’un exemplaire de Cœur d’Encre sans penser une seule fois, en neuf années de voyage, à rencontrer l’auteur, des fois qu’il en possède un exemplaire (ou même le manuscrit d'origine). Il faut que cela soit sa fille de 13 ans qui, mise au courant de la situation, lui mette cette idée en tête.

Autre faiblesse : le pouvoir des mots. L’idée est assez amusante, la mise en forme complètement chaotique tant les capacités magiques des « langues magiques » (tel est le surnom de ces magiciens de la lecture) sont mal définies. Comment Mo a-t-il reçu ce don ? Comment est-il possible qu’il ne s’en soit pas aperçu avant cette fameuse nuit où il a ouvert Cœur d’Encre pour le lire à sa fille ? L’on se dit, tout d’abord, que c’est peut-être la lecture de ce livre qui déclenche le don… On est vite détrompé car d’autres personnages possèdent ce pouvoir sans ne l’avoir jamais aperçu. Bref, c’est très confus.

Tout comme les modus operanti.

Car le scénario donne au don des fonctionnements (et des conditions d’utilisation) dépendant totalement de ses intérêts, sans tenir compte de la logique. Il est par moment tellement puissant qu’il fait passer les protagonistes au courant de ses pouvoirs pour des crétins, des étourdis qui oublient de l’utiliser pour se sortir d’une fâcheuse situation. Le final, à ce niveau, s’il est spectaculaire, est absolument grotesque. La jeune Meggie (qui détient aussi le pouvoir), lutte contre une créature infernale et un perfide serviteur en écrivant sur son bras des phrases qu’elle lit – dans la foulée - à haute voix. Incrédule, puis stupéfait, on assiste alors à une gamine qui invente une histoire archi compliquée dans laquelle les méchants subissent mille maux. Elle traîne en longueur alors que, à coté d’elle, parents et amis risquent la mort. On se demande vraiment pourquoi, elle n’écrit pas plus simplement : « Et Capricorn (c’est le nom du méchant) mourut soudainement ! »  pour mettre un terme à une situation très périlleuse. A noter que pendant tout ce temps, le gros monstre (l’Ombre) se contente de grogner au-dessus d’elle et que les sbires de Capricorn, armés jusqu’aux dents, ne bougent même pas le petit doigt. Franchement, c’est se foutre de la gueule des gamins que leur proposer un spectacle aussi stupide !

Avec son confortable budget de 60 millions de dollars, Cœur d’Encre propose des jolis effets spéciaux, mais avec parcimonie. La dernière demi-heure est la plus spectaculaire, avec l’apparition d’une entité infernale composée de brume et la libération d’animaux mythologiques comme les singes volants, la licorne (qui donne lieu à une séquence ridicule dans laquelle Helen Mirren joue au brave chevalier) ou le minotaure. Mais bon, au regard des moyens mis en œuvre, rien d’étonnant à ce que les effets visuels soient réussis, aussi peu nombreux soient-ils. Quand à la réalisation, elle est d’une platitude absolue, sans aucun style esthétique ni inspiration, totalement privée de magie. Ce qui n’est pas fait pour arranger les choses car c’est justement de magie que Coeur d'encre est censé parler.

Au niveau de l’interprétation, Brendan Fraser s’en sort honorablement dans un rôle terne et mal construit, évoluant dans un film bien trop bavard (pour un film pour enfants). Le capital sympathie de ce comédien est toujours aussi intact, et cela contribue à rendre plus digeste le personnage de Mo Folchart. A coté de lui, on trouve Paul Bettany, Rafi Gravon et Helen Mirren. Trio de seconds rôles de luxe au service de personnages insipides ou débiles. Même Paul Bettany, un acteur qui j’apprécie énormément, n’arrive pas à rendre attachant un magicien de feu à l’esprit déchiré entre son désir de loyauté et sa couardise.  Sienna Guillory, quand à elle, joue la mère de Meggie, un personnage totalement transparent (et en grande partie muet !). Enfin, le rôle de Meggie a été confié à Eliza Bennett, une comédienne de 17 ans !  Inutile de préciser que, même si l’actrice s’en sort plutôt bien dans la peau d’une gamine de douze ans, cela rend certaines séquences assez peu crédibles.

Du coté des méchants, Andy Serkis, en maître cabotin, tire la couverture à lui. Il en fait des tonnes, rend son personnage mégalomane capricieux, puéril, cupide… et très con.  Enfin, dans la cour de ses serviteurs bêtes et méchants, on reconnaît un parterre d’acteurs britanniques dominé par Matt King et quelques guest-stars de passage, comme Jennifer Connelly.

La conclusion de à propos du Film : Coeur d'encre [2009]

Nicolas L.
25

A partir d’une idée de départ sympathique et intelligente (et, qui plus est, encourageant les enfants à aborder « la magie de la lecture »), Iain Softley nous propose la pire adaptation de roman pour enfant de ces dernières années. Avouez qu’il fallait quand même le faire tant la concurrence est rude. Scénario débile, réalisation insipide, personnages fades ou ridicules, difficile de tirer quelque chose de positif de ce qui apparaît comme un ratage total. A éviter.

Que faut-il en retenir ?

  • Une idée de départ sympathique
  • Quelques effets spéciaux réussis

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation triste et sans inspiration
  • Scénario rempli d’incohérences
  • Personnages fades ou débiles
  • Humour pas drôle

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