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Critique du roman : Black Man [2008], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le dimanche 14 décembre 2008 à 16h00

Blade runner 4: un polar SF survitaminé

"Acier étincelant, acier étincelant... Larsen cligne des yeux et s'agite légèrement sur le brancard de récupération, tandis que celui-ci glisse sous une succession de panneaux d'éclairage entre des piliers. Avec la vision vient la conscience, floue et lente. Elle se trouve dans le couloir dorsal. Au-dessous d'elle, la lumière rebondit sur chaque poutre de métal, son éclat croissant puis diminuant à mesure qu'elle passe..."
Au XXIIe siècle, l'humanité semble avoir trouvé la solution à sa violence innée. Elle a modifié le génome humain pour juguler la brutalité et le manque d'esprit civilisé de tous les hommes et femmes. Le résultat est stupéfiant car en l'espace de quelques générations, les canons se sont tus, les guerres se sont soldées par des traités de paix et tout le monde est un peu plus content de cette pacification. Certaines zones restent cependant sensibles telle la République, ensemble d'ex états américains du sud qui se sont scindés des USA plus tôt pendant ce qu'on appelle la Sécession. Toutes sortes de comportements racistes et xénophobes y ont eu le temps de s'y ancrer et les réflexes ont du mal à être contrôlés. La paix n'arrange pas tout le monde car si l'instinct violent tend à disparaître, certains individus ont toujours une ambition démesurée qu'ils veulent assouvir par n'importe quel moyen. Ainsi, dans des laboratoires clandestins, des recherches génétiques, pour obtenir des soldats surhumains et ultraviolents, ont été entreprises, au mépris des lois. Une fois qu’ils furent découverts, la loi Jacobson obligea à les retrouver, les emprisonner ou à les exiler sur Mars, la nouvelle colonie. Carl Marsalis est l'un d'entre eux, une variante treize (la plus dangereuse), né sur Mars mais revenu sur Terre pour la bonne cause: il traque les variantes treize encore cachées sur Terre et sortis du droit chemin. Sa dernière opération dans la République appelée Jesusland a mal tourné et il se retrouve dans le quartier haute sécurité de South Florida State. A l'autre bout du pays, un vaisseau en provenance de Mars s'échoue en mer à quelques kilomètres de sa base d'atterrissage. Sevgi Ertekin et Tom Norton, chargés de l'enquête pour l'agence LINCOLN, y découvre un spectacle macabre: des cadavres proprement découpés jusqu'aux os. Un des passagers a dû se réveiller pendant le voyage et, mort de faim, a cannibalisé les autres passagers pour survivre jusqu'à destination. Ce passager ne peut être qu'un Treize et il n'y a aucune trace de lui dans le vaisseau abîmé en mer. Le plus gênant, c'est que des meurtres sont signalés dans tout le pays...
Richard Morgan s'est imposé dans le paysage de la science-fiction dès son premier roman. Carbone modifié a cartonné dès sa sortie, en reportant non seulement le prix Philip K. Dick en 2003 mais aussi et surtout en recueillant un joli succès auprès des lecteurs. A priori, en écrivant un roman foncièrement cyberpunk, il avait une chance sur deux de réussir son coup, mais son univers maîtrisé, le rythme débridé, des personnages violents et une intrigue sans faille à défaut d'être originale, ont fait pencher la balance du bon côté. Ont suivi deux romans qui complètent la trilogie de Carbone modifié: anges déchus en 2004 et furies déchaînées en 2005. De nouveau publié aux éditions Bragelonne, il se lance dans un tout autre univers, même s'il reprend les ingrédients qui ont fait ses précédents succès: Black man est son nouveau polar SF violent mais au scénario cinématographique encore une fois maîtrisé. Ce sont les scénaristes qui se frottent déjà les mains.
A l'instar de ses précédents romans, Black man est un roman/scénario à "l'écriture télévisuelle". Dès les premières pages, on sait déjà quels seront les acteurs qui interpréteront tel ou tel rôle (allez, un indice se cache sur la couverture). D'un côté, ça nous permet de rentrer facilement dans le roman, mais d'un autre, ça restreint la part d'imaginaire du lecteur. Ceci étant dit, l'auteur a fait un effort d'imagination pour l'intrigue. Ce n'est que dans les cent dernières pages que tout se met en place, après nous avoir fait courir sur quelques fausses pistes. Un faux rythme s'installe rapidement, entre moments de pure adrénaline et intenses périodes d'introspection pour Carl Marselis. Il insère également quelques flash-backs (le truc infaillible de Ian M. Banks) qui renforcent ou allègent l'atmosphère mise en place. Il ne succombe pas trop souvent aux ficelles des auteurs de thriller (cliffhangers et autres) ce qui en laisse une impression de lecture fluide. Sur la forme, le roman se tient. Sur le fond, Black man tire ses références de la littérature classique: on y retrouve aisément Deckard, Batty et Pris (Blade runner), les Nexus-6 violents et manquant cruellement d'empathie pour en faire des humains. Richard Morgan transpose agilement l'intrigue dans un univers un peu différent. Et de là découlent les mêmes questions quant à la définition de l'humain : pour ces variantes Treize, ceux qu'ils appellent les "toutous" -les gens normaux- ont perdu cette force brute et leur virilité, au détriment de la civilité pour une société harmonieuse et moins violente. La question a déjà été posée maintes fois: est-ce que l'homme serait où il en est aujourd'hui s'il n'avait pas cet instinct violent, cette agressivité et cette ambition ? En serait-il encore au stade de la cueillette parmi les chimpanzés et les gorilles, si il n'y avait pas eu les avancées majeures de la technologie mais aussi les pires atrocités pendant toutes ces guerres ?
Et s’il y avait un compromis ?

La conclusion de à propos du Roman : Black Man [2008]

Manu B.
85

Après le succès de Carbone modifié, Richard Morgan n'a pas perdu la main pour écrire d'excellents polars. L'intrigue est maîtrisée et le personnage Marsalis, submergé par ses états d'âme, est finalement attachant. L'auteur n'a, en outre, pas son pareil pour décrire les scènes d'action ultraviolentes. Un très bon moment de lecture.

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