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Critique du film : L'invasion Finale [1998], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 27 mai 2008 à 15h32

Space Kangaroos Strikes Back!

Zane Zaminski est décédé. Apparemment accidentellement, alors qu'il avait trouvé refuge en Alaska. Cependant, avant de mourir, il a eu la bonne idée d'envoyer à diverses connaissances des informations concernant une invasion extra-terrestre. Son frère Jack, informaticien dans une société canadienne est l'un de ces récipiendaires. La lettre qu'il reçoit l'invite à se rendre discrètement en un lieu de rendez-vous où il doit récupérer un artefact pouvant être la preuve de la présence d'une cinquième colonne alien parmi nous. Arrivé sur place, Jack rencontre d'autres amis de Zane, également convoqués, ainsi que Bridget, une jolie journaliste. Il leur montre alors l'étrange objet qui lui a été légué par son frère; une sorte de pyramide réalisée en un alliage inconnu.
En 1996, dans The Arrival, David Twohy avait contourné judicieusement l'obstacle de l'étroitesse budgétaire en axant son traitement sur le personnage de Zane, interprété alors par Charlie Sheen. Les effets spéciaux, guère exceptionnels, n'apparaissaient que dans des moments clés, lorsque leur présence se révélait vraiment indispensable - notamment dans les séquences de révélation. Le résultat, on le sait, se concrétisa par la mise en forme d'une sympathique série B jouant essentiellement sur le subjectif, la paranoïa, et les rebondissements du récit.
Deux ans plus tard, Kevin Tenney remet le couvert et nous ressert le plat - réchauffé - The Arrival où sévissent les fameux extraterrestres au look de kangourous mutants. Et avec encore moins de moyens à disposition. En fait, on se rend rapidement compte que ce faiseur à la filmographie guère glorieuse ne suit pas les préceptes de modestie de David Twohy et que, par conséquent... il va droit dans le mur. En effet, la sobriété du premier volet laisse ici la place à la démesure numérique. Seulement comme la qualité n'est pas là, on atteint un niveau général à peine supérieur à une médiocre série télévisée des années 90. Certaines fois, l'on arrive à supporter le spectacle de ces effets médiocres et de ces décors de synthèse très primaires, mais parfois l'on ne peut s'empêcher de grimacer de mécontentement ou de pouffer de rire - suivant l'humeur du moment -, notamment lors de la séquence finale, qui se veut être apocalyptique mais qui est tout simplement ridicule.


Dans ce film, l'on ne retrouve plus aucun des personnages du premier volet. Les évènements n'ont cependant guère évolués. Les aliens, dissimulés dans la population, cherchent toujours à transformer notre planète en une vaste fournaise. Ils utilisent toujours le camouflage de la pollution pour dissimuler leurs méfaits et ils ont même décidés de passer à la vitesse supérieure en créant des machines encore plus puissantes. Aussi, lorsqu'ils apprennent que Jack a récupéré des informations très compromettantes - et notamment l'artefact, qui est une sorte de "machine virtuelle à voyager dans l'espace" -, ils lui envoient un tueur patibulaire et bourrin, ainsi qu'une garce brune dont le seul exploit est de nous surprendre lors d'une séquence où elle s'expose longuement en nu intégral - quand on connaît Catherine Blythe, une athlétique comédienne connue pour ses rôles sexy et musclés, on comprend mieux, mais il n'empêche que cette séquence dans un spectacle autrement très policé tombe comme un cheveu dans la soupe (si je peux me permettre le comparatif).
Bref, les méchants sont des archétypes prévisibles et caricaturaux au possible (voir Catherine Blythe - oui, encore elle, je dois faire une obsession - froncer les sourcils pour tenter d'impressionner le parterre est carrément ridicule et désopilant). Mais, à coté de cela, et pourtant mollement soutenu par un Michael Sarrazin au jeu aussi raplapla qu'une crêpe (désolé, pas pu m'en empêcher), le couple de héros est l'un des rares attraits de ce film. Patrick Muldoon, dans la peau de Jake, s'en sort plutôt bien malgré des lignes de dialogue crétines et des situations peu crédibles, comme quand il effectue une démonstration des capacités de l'artefact devant sa copine médusée. Il nous offre un personnage plus décontracté et plus candide que celui de Charlie Sheen, mais aussi plus fragile. Il faut dire que contrairement à The Arrival Zane Zaminski mènent la lutte presque tout seul, Jake se voit aidé par Bridget, une journaliste pleine de tempérament. Un rôle qui est interprété par Jane Sibbett, une actrice peu connue mais très expérimentée, et dont le physique avantageux mais "classique" amène une touche "rought girl" assez sympathique. On est loin du cliché de la midinette en détresse.
Au niveau technique, on peut déplorer que la réalisation ne décolle jamais. Déjà pas très bien servi par un script conventionnel, prévisible et bourré d'incohérences et d'approximations, Kevin Tenney empire les choses avec des prises de vue manquant d'inspiration et un montage sans aucun rythme. En regardant The 2nd Arrival, on évolue en plein dans une oeuvre de commande réalisée sans passion, un job alimentaire destiné à remplir les panses. A aucun moment le cinéaste ne parvient à nous surprendre. Et finalement, la torpeur, en même temps que les aliens, est au rendez-vous.

La conclusion de à propos du Film : L'invasion Finale [1998]

Nicolas L.
30

L'Invasion Finale est un pur produit d'exploitation. En effet, conscients du succès rencontré par le film de David Twohy, les producteurs relancent la machine. Cependant, si le thème est récupéré - avec des enjeux identiques -, ce second volet ne bénéficie plus de la présence de comédiens confirmés ni de celle de David Twohy, parti vers d'autres projets. Et il faut bien le dire; le résultat est nettement moins bon, à la limite de la purge infâme. Le principal responsable est bien entendu Kevin Tenney, qui manque totalement d'inspiration dans son cinéma. Mais il n'est pas le seul. Il faut en effet y rajouter un scénario assez mauvais, des effets spéciaux souvent ridicules et des méchants sans envergure.

Que faut-il en retenir ?

  • Le couple Muldoon / Sibbett
  • Quelques reliquats conceptuels du film originel

Que faut-il oublier ?

  • Scénario prévisible et pas crédible du tout
  • Réalisation terne
  • Effets spéciaux médiocres
  • Des méchants de pacotille

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