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Critique du film : The Eye [2008], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 2 avril 2008 à 12h09

Un regard pas bien nouveau

Aveugle depuis l'age de cinq ans, la jeune et jolie Sydney Wells, sous l'insistance de sa soeur aînée, accepte de se soumettre à une greffe de cornée qui devrait lui permettre de retrouver la vue. L'opération réussit parfaitement, et Sydney doit maintenant s'adapter à sa nouvelle vie, à sa nouvelle perception. Et c'est là qu'elle se rend compte avec angoisse qu'il y a quelque chose qui cloche, elle se retrouve en effet victime d'hallucinations et peut observer des individus que nul ne parvient à voir...
The Eye est le remake américain d'un film thaïlandais des frères Pang sorti en salle il y a maintenant cinq ans. Le scénario est foncièrement identique, racontant l'histoire d'une jeune femme qui se voit greffer l'organe d'une suicidée et qui reçoit des messages hypnotiques du donneur, tout en parvenant à apercevoir partiellement le monde des morts. Seule différence, le personnage central - interprété ici par une excellente Jessica Alba - se voit doté d'un traitement de faveur, plus axé sur son profil sociologique que dans le film original. D'ailleurs, même si il ne justifie pas pleinement l'existence de ce remake sans originalité, cet ajout psychologique dans le traitement se trouve être l'élément le plus intéressant - et le plus pertinent - du métrage. En effet, au cours de cette relecture, le duo de réalisateurs français Xavier Palud et David Moreau (réalisateur du très estimé Ils), pointe du doigt le chamboulement social que peut entraîner une modification visant à améliorer le quotidien, et cela pas toujours dans le sens souhaité. En fait, Sydney, malgré son handicap, est parfaitement intégré dans la société, exerce un métier passionnant, et bénéficie d'un entourage aimant et attentionné. Son opération, visant à lui apporter plus de confort, va au contraire provoquer l'écroulement de tout son équilibre social et l'entraîner dans l'isolement et à la limite de la folie. Une parfaite illustration par l'image de la citation philosophique de Montesquieu: le mieux est l'ennemi mortel du bien.


Ce processus allégorique est le seul ingrédient original de ce film qui reprend par ailleurs idée après idée le métrage des frères Pang. On se retrouve donc avec un personnage doté d'une nouvelle capacité sensorielle qu'il a du mal à maîtriser et confronté à un entourage affectif incrédule. Finalement complètement isolé (ou presque, car un chevalier servant va lui porter assistance), Sydney va pénétrer dans un univers cauchemardesque, à la lisière du territoire des morts, en pleine zone de transition (on peut d'ailleurs s'interroger sur la justification un peu légère cette agressivité exprimée par les convoyeurs). Pour illustrer la confusion de l'héroïne, les réalisateurs ont utilisé des techniques de flou, afin de créer une inhabituelle sensation de non-vu au sein même de l'image. Le danger peut alors se présenter non pas seulement par de soudaines arrivées de hors-cadre, mais aussi par une soudaine variation de la profondeur de champ, gérée de manière erratique. Techniquement, il n'y a rien à redire, c'est très efficace, et on ressent parfaitement l'angoisse que peut ressentir la pauvre Sydney. Malheureusement, en dehors de cela, tout le reste est utra-conventionnel, reprenant sans imagination les bonnes vieilles méthodes de films de spectre du type yurei eiga (bruit étranges, apparitions soudaines, fantômes figés et répétant en permanence les mêmes actes, etc.).

Je n'avais guère aimé le dernier tiers de la version originale, je maintiens mon avis dans celui-ci. En fait, j'aurai même tendance à l'amplifier, tant le happy-end se révèle bien trop mielleux à mon goût. Cependant, ce qui me gène le plus, c'est le fait que l'on puisse vouloir me faire croire que Sydney, harcelée de manière violente par l'esprit de la suicidée, soit en fait le destinataire d'une demande d'aide venue de l'au-delà. Pourquoi un esprit aussi bon et généreux que celui de Ana Christina utiliserait des méthodes aussi rudes et peu compréhensibles (cf le reflet dans le miroir, avec ce visage peu engageant, voire menaçant) pour exprimer un appel au secours, voire plus, pour lui communiquer une information vitale pour des centaines de personnes? Personnellement, je trouve ça un peu dur à avaler...

La conclusion de à propos du Film : The Eye [2008]

Nicolas L.
60

Xavier Palud et David Moreau ne font pas pire que Gore Verbinski sur son remake de Ring, mais ils ne font pas mieux non plus. Le travail est bien fait, Jessica Alba s'en sort à son avantage, quelques bonnes idées narratives sont exprimées, mais je trouve quand même l'opération un peu vaine au niveau artistique. The Eye, produit de commande sans aucune originalité, se trouve être au final une oeuvre divertissante mais ne se démarquant pas de la masse des films de ce genre qui inondent depuis dix ans les écrans.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation consciencieuse
  • Quelques idées intéressantes
  • Jessica Alba
  • Une atmosphère "spectrale" bien rendue

Que faut-il oublier ?

  • N'apporte pas grand chose de plus que l'original
  • Un dernier tiers peu crédible
  • Manque de personnalité

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