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Critique du film : Monster Man [2005], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 11 mars 2008 à 15h31

Sarah et ses frères… reviennent des Enfers

Adam et Harley sont deux jeunes hommes que tout sépare. Le premier est un gringalet immature, introverti et naïf. Toujours puceau, il affiche une grande sensibilité. L'autre est son Némésis; gras, braillard, vulgaire, obsédé sexuel et excessivement potache. Pourtant, en cette belle journée, ils se retrouvent tous les deux le cul posé dans la bagnole d'Adam, liés à cette route par deux éléments communs; une scolarité dans le même bahut et le même amour pour Betty Jane, une Pénélope que ces deux Ulysses de pacotille ne verront jamais...
Car l'Odyssée de ces deux jeunes adultes va les amener dans les griffes d'une sorcière autrement plus dangereuse que Circé d'Aéa ou Calypso. Hypnotique, séduisante, Sarah l'est assurément, mais de là de vient pas son principal particularisme. Non, car en plus d'être « diaboliquement » ravissante, Sarah a un secret: complètement démente, elle a pactisé avec le Diable afin de ramener à la vie son frère incestueux. Et pour cela, elle a besoin de sacrifiés, beaucoup de sacrifiés, des mâles qui lui servent à reconstruire petit à petit le corps de son frère horriblement mutilé dans un accident. Des mâles comme Harley, et surtout comme Adam; "Une vierge à sacrifier!"... C'est si rare de nos jours...


Encore inconscients de cet inquiétant futur, confortablement installés dans leur vielle guimbarde, Adam et Harley vont tout d'abord faire la douloureuse connaissance de The Monster Man, un individu terrifiant et défiguré, conduisant un monster truck. Dans une redite de Duel version XXL, le chauffard va alors harceler le duo épouvanté sur cette route perdue vide de toute circulation. Impressionnantes images que la vision de cet énorme véhicule qui, tel un tyrannosaure frénétique, semble sur le point de dévorer la vieille Chevrolet et ses occupants. Ils vont s'en tirer dans un premier temps sans trop de dommages mais ce que nos jeunes amis ne savent pas encore, c'est que conducteur de ce véhicule infernal qui terrifie toute une région est en fait le troisième larron d'un trio satanique.
Michael Davis est reconnu comme étant l'un des plus doués cinéastes indépendants de sa génération. Spécialisé dans les comédies dramatiques plutôt acidulées, il décide en 2003 de se lancer dans la conception d'un road-movie gore et fantastique. Mais il est évident que dans les mains de ce cinéaste farceur, le film ne peut que prendre que la direction de la comédie potache. En effet, responsable à la fois de l'écriture et de la réalisation, Michael Davis met en place un véritable festival de clichés - voies désertées, bars routiers aux clients patibulaires et aux regards obliques, stations services miteuses aux chiottes immondes, villes fantômes - sur lesquels il brode des tonnes de lignes de dialogues à consonance exclusivement sexuelle qui sont débités par des comédiens volubiles issus du milieu du sitcom US. Ainsi, sous la caméra conciliante du réalisateur, les acteurs en font alors des tonnes, Justin Urich nous parodie Jack Black (faut oser, avouez-le), Eric Jungmann nous ressort des numéros à la Laurel et la belle Aimee Brooks expose ses avantages avec malice puis parodie sans vergogne les sorcières bimbo des séries B.

Il m'est forcé de dire que ces incessants numéros de pitres ont des effets variés sur les spectateurs. Si, personnellement, cela m'a plutôt amusé, l'utilisation systématique du cul comme sujet de conversation a eu rapidement raison de la patience de ma chère et tendre, qui est nettement moins cliente que moi en matière humour gras. Par contre, s'il y a bien un domaine dans lequel le film a fait l'unanimité sur la banquette de mon salon, c'est sur l'efficacité de son aspect gore et surtout craspec. Car - et heureusement pour l'intérêt général du film - Michael Davis va assez loin dans le domaine du dégueu rigolard tendance John Waters - période seventies. Certaines séquences, et pas forcément les plus gores, demandent de posséder un estomac bien accroché pour être appréciées à leur juste mesure (je vous déconseille d'ailleurs fortement de pas consommer de tripettes ou d'andouillettes durant la vision de ce DVD). Evidemment l'effet recherché est le rire, provoqué par la réaction de la malheureuse victime, et cela marche assez souvent. La scène la plus drôle étant peut-être celle où, désireux de piquer de l'essence dans un van, Harley siphonne accidentellement le contenu de la fosse septique du véhicule!.. Je vous l'avait dit que cela ne faisait pas dans la dentelle...
La fin du film est nettement plus gore, avec un climax limite paroxysmique. Paradoxalement, il devient moins efficace. Au niveau démonstratif, cela va assez loin et cette antichambre de l'enfer se détache un peu de l'aspect "Massacre à la Tronçonneuse" qui était jusqu'alors entretenu, ce qui est une bonne chose. Par contre, le métrage devient beaucoup moins fun et là, c'est plutôt dommage. Où Edgar Wright et Simon Pegg avaient réussi à conserver le même délire, même dans les scènes les plus tendues, Michael Davis préfère verser dans l'humour bis de second degré, l'ambiance de son film glisse alors dans le registre d'un Vendredi 13 ou d'un Brian Yuzna. Ce n'est pas que cela soit mauvais, mais cela prend, à mon avis, un peu trop le spectateur à contre-pied, avec le risque que cela comporte; à savoir perdre le fil du récit. A mon avis, en terme de trame narrative, l'effet douche froide n'est pas toujours la solution à privilégier pour secouer l'audience, et je pense que le cinéaste aurait mieux fait de garder le même esprit de lecture plus "underground" sur toute la durée du film.

La conclusion de à propos du Film : Monster Man [2005]

Nicolas L.
60

Monster Man, petite série B fauchée méconnue, est une sympathique comédie gore qui mérite que l'on s'y attarde. Avec un tout petit budget (le monster truck n'a coûté que 2500$ et tombait en panne toute les 30 minutes pour cause de surchauffe), Michael Davis parvient à créer une excellente ambiance bis, assez vulgaire il est vrai, mais fort divertissante si l'on est client de ce genre de délire potache. Les comédiens sont de plus nettement plus doués que ceux que l'on voit en général dans ce genre de production, et le final, très gore, devrait contenter les amateurs.

Que faut-il en retenir ?

  • Du bis bien gore et bien craspec
  • Une réalisation appliquée et efficace
  • Une distribution de qualité
  • Un humour gras mais qui fonctionne souvent

Que faut-il oublier ?

  • Un comique vulgaire et répétitif qui peut agacer
  • ça cause beaucoup, et tout le temps de cul
  • Un final qui change un peu de ton

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