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Critique du film : Réincarnation [1981], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 1 décembre 2005 à 09h45

Et si nous étions tous des morts-vivants?

La communauté de la petite bourgade américaine de Potters Bluff vit une existence paisible jusqu’à ce qu’une série d’actes violents soient commis, sans aucune explication logique. Le shérif du comté, Dan Gillis, découvre au cours de ses investigations que William Dobbs, entrepreneur de pompe funèbre de son état, a été, il y a quelques années, rayé de l’ordre des médecins pour une utilisation et un trafique illicite de cadavres.
S’appuyant sur une trame dramatique construite à base de rites vaudous et de médecins fous, Réincarnation est dans le fond plus un film sur la notion d’identité et une occasion de débattre sur un délicat sujet ; la justification de l’existence. Sur un rythme de film d’horreur, les scénaristes – Ronald Shussett et Dan O’Bannon – nous propose de méditer sur le thème suivant : que et qui sommes-nous réellement ? Avec la complicité du réalisateur Gary Sherman, il argumente le sujet en nous offrant la vision d’une communauté de morts-vivants dont certains individus – comme le shérif, mais pourquoi n’y en auraient-ils pas d’autres ?- ne sont même pas au courant de leur statut. Un sujet philosophique finalement peu exploité au cinéma.
La réussite du film vient également de la construction narrative. On est plongé rapidement dans l’horreur – une horreur discrète d’ailleurs, ce n’est pas un film gore – avec ces meurtres inexpliqués qui nous laisse dans l’expectative. Puis on suit en témoin l’enquête de Dan Gillis. Petit à petit, avec la progression du récit, le spectateur commence à déceler qu’il y a quelque chose qui cloche dans la population de Potters Bluff. On pense à une conspiration, un culte satanique ou autre, mais on ne s’attend guère à subir ce choc qui survient lors de la vision de la cassette amateur. Peut-être parce que l’on se refusait à l’admettre, l’acceptation de cette scène où le héros s’aperçoit que tout son entourage - et notamment les gens qu’il aime - ne sont pas ce qu’il croyait être se fait de manière très douloureuse. Car Réincarnation est en fait aussi un film sur la tromperie, qui devient perfidie quand elle est pratiquée par des êtres chers. Dernièrement, David Cronenberg a d’ailleurs utilisé les mêmes bases pour son excellent History of Violence.
Par ailleurs, cette ambiance feutrée, avec sa photographie froide et lugubre, presque clinique, renvoie également au cinéma du génie canadien. De fait, la présence de la morgue et du médecin dément devenait presque inévitable. Comme dans le Phantasm de Coscarelli, la porte de la mort qui se trouve au sein de ce établissement de transit peut s’ouvrir, de manière ignoble et impudique, des deux cotés. Seulement, dans Réincarnation, les créatures qui en ressortent pour se mêler, dans le plus total anonymat, aux vivantes, utilisent les enveloppes des corps défunts, leur mémoire, et leur position sociale. Devenus violents, manipulateurs et sans pitiés, ces ‘’nouveaux nés’’ n’ont qu’un seul objectif : pérenniser leur race. Par le meurtre, bien sur. Cette violation d’identité et ce refus du repos éternel laisse planer quelques doutes. On est en effet loin du très pragmatique Invasion des Profanateurs, dans lequel les ‘’duplicata’’ étaient des voleurs d’identité venu de l’espace – d’URSS, plus précisément – car la réincarnation - et non pas résurrection – se produit avec le réveil de l’enveloppe charnelle défunte et l’injection d’un élément extérieur, que l’on pourrait assimiler à un virus malin. Dont le shérif, qui a sauvé son âme à défaut de son corps, en serait l’antidote.
La réalisation joue plutôt sur les ambiances morbides et glauques et rarement sur le spectaculaire. Cependant, histoire de secouer le spectateur, elle a son lot de séquences chocs, la plus célèbre étant cette injection dans un œil au moyen d’une énorme seringue, et le lourd climax est assez terrifiant, car très mystérieux. Les comédiens, James Farentino en tête, sont parfaits et Melody Anderson dans le rôle de Janet Gillis, avec sa douce et innocente beauté, incarne de manière parfaite la tromperie et la mystification. Notons également la présence remarquée de Richard Englund et de Lisa Blount.

La conclusion de à propos du Film : Réincarnation [1981]

Nicolas L.
87

Récit profondément paranoïaque, Réincarnation est le symbole même du film pessimiste, une pure engeance lovecraftienne. En mettant en scène les agissements et les mœurs étranges de la population d’un quelconque village, Gary Sherman nous met en garde qu’au final, l’élément le plus dangereux n’est pas celui qui affiche clairement sa différence, mais bien au contraire, c’est celui qui grâce à ses facultés de dissimulation parvient même à vous corrompre sans que vous en ayez conscience. Et après, il est trop tard pour échapper à la damnation.

Que faut-il en retenir ?

  • Ambiance glauque et oppressante
  • Scénario habile
  • Interprétation efficace
  • Propice à réflexions.

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation un peu conventionnelle, mais est-ce un défaut ?

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