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Critique du film : Le Fantôme de l'Opéra [1925], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le mercredi 28 juillet 2021 à 09h00

Une nuit à l'opéra

Critique de la version muette de 1925.

La littérature française du XIXème siècle est depuis toujours un vaste champ des possibles pour le cinéma américain qui adapta de nombreux auteurs tels que Gaston Leroux et son Fantôme de l'opéra dès 1925.

Ce film est d'abord l’œuvre du producteur Carl Laemmle, grand pionnier du cinéma et un des créateurs des studios Universal. L'homme fut intéressé par cette histoire écrite par Gaston Leroux entre 1909 et 1910 en le rencontrant à Paris en 1922, lui achetant les droits dans la foulée. Laemmle y voit une grande opportunité pour faire briller un de ses acteurs stars : Lon Chaney surnommé l'homme au 1000 visages tant il était capable de s'accaparer un rôle malgré un maquillage conséquent. Le projet est ainsi confié au réalisateur Rupert Julian ayant déjà travaillé pour Universal avec Lon Chaney sur un film de propagande anti-allemand en 1918 notamment. Malgré d'importants décors construits en dur dans un tout nouveau studio grâce à l'appui d'un travailleur français de l'opéra de Paris et des effets spéciaux innovants, le tournage fut un cauchemar faisant qu'il est difficile d'en connaître la véritable paternité si ce n'est celle du grand producteur Carl Laemmle. Tout d'abord, Rupert Julian et Lon Chaney ne s’entendirent tellement pas qu'il est aujourd'hui acquis que l'acteur star a dirigé lui-même une grande partie de ses scènes. L'adaptation fidèle en mélodrame gothique mâtiné d'épouvante fut jugé comme un crainte commerciale par Universel qui demande à Julian de refaire une large portion du métrage, ce qu'il refusa. Du coup, on fi appel à Edward Sedgwick qui retourna une grande partie du film ajoutant plus de suspense (notamment la fin) et surtout de comédie avec de nombreux personnages secondaires. Pour un résultat jugé tellement mauvais qu'il fut décider de revenir à la version de Julian en intégrant quelques parties de la version de Sedgwick... Enfin, il existe une autre version de 1930 qui est sonore mais ce n'est pas de celle-ci dont nous allons parler ici.

Se déroulant principalement dans l'Opéra de Paris, le film met en scène le chanteuse Christine Daaé (Mary Philbin) qui réussit à obtenir le temps d'un soir le premier rôle dans une adaptation de Faust permettant de démontrer son grand talent. Notamment auprès de son aimé, le vicomte Raoul de Chagny (Norman Kerry) qui n'a d'yeux que pour elle voulant l'épouser. Mais lors de sa demande après la représentation, Christine décide de le quitter de manière. De plus, Christine n'était que la remplaçante de Carlotta (Virginia Pearson), la chanteuse-star alors que l'opéra commence à avoir la réputation d'être hanté par un fantôme. Une réputation qui va se confirmer quand les propriétaires de l'Opéra ainsi que la mère de Carlotta reçoivent des menaces signées du Fantôme (Lon Chaney) qui souhaite maintenir Christine en tant que premier rôle. Les menaces ne sont pas prises au sérieux faisant que le Fantôme (maître des coulisses comme des égouts situés sous l'Opéra) fait tomber un lustre sur les spectateurs empêchant l'opéra d'avoir lieu. Dans sa fuite, Raoul se cache dans la loge de Christine qui est en pleine conversation avec son Maître qui l'invite à le rejoindre par un passage secret. Christine est donc aux mains du Fantôme peut-être bien malgré elle...

Le scénario est assez fidèle au roman de Gaston Leroux malgré quelques différences notamment la fin. Il dispose d'un déroulement assez simple rendant le film divertissant et plaisant à suivre quand bien même on sent le charcutage entre deux versions avec des personnages disparaissant de l'intrigue tandis que d'autres apparaissent en cours de route. Mais globalement, le film tient la route et insiste beaucoup sur le triangle amoureux qui s'installe entre Christine, Raoul et le Fantôme avec un aspect assez tragique. Le plus gros regret du scénario vient finalement du personnage du Fantôme dont les raisons données pour ses actions, son origine, ne sont pas convaincantes. Il faut aussi avouer que le rythme du film est bancal pour les spectateurs du XXIème siècle puisqu'il alterne des passages très lents avec d'autres bien plus rythmés. Cela ne l'empêche pas de mériter son statut de film culte de différentes manières notamment grâce à cette histoire très forte dans les thèmes qu'elle aborde. Tout d'abord il y a bien sûr le thème faustien du film qui est carrément souligné par l'opéra joué par Christine dont on apprend que l'ascension professionnelle fulgurante est une sorte de pacte avec un diable. L'originalité est ici que la jeune femme n'est pas au courant de la nature de son maître qu'elle imagine bienveillant. L'autre thème bien traité est celui de l'amour qui est capable du meilleur (Raoul) mais aussi du pire car la passion du Fantôme pour Christine s'avére destructrice et meurtrière.

Ce mélange de gothique, de romantisme et d'épouvante fonctionne à merveille car le film dispose d'une direction artistique magistrale. Les décors pour commencer font de l'Opéra (ainsi que de tout ce qu'il entoure) un personnage principal magistralement mis en scène que cela soit ses couloirs somptueux ou les coursives où se déplace l'ombre malveillante du fantôme. Mais c'est plutôt au niveau des sous-sols de Paris que le film nous émerveille. Le moment où Christine va du théâtre au repaire du Fantôme est un grand moment du cinéma gothique et romantique avec une certaine poésie macabre qui plonge dans l'épouvante quand la belle découvre la vraie nature du fantôme. Quand il dévoile, bien malgré lui, son véritable visage, le film gagne en force et on reste scotché devant notre écran pour découvrir près d'un siècle après des effets de maquillage toujours aussi bluffants et inquiétants. Si le film avait la réputation d'avoir provoqué des effrois terribles et des évanouissements lors de sa sortie initiale, on en est quand même loin aujourd'hui. Le long-métrage ne peut plus faire peur à une audience actuelle. C'est plus pour son ambiance particulière qu'on apprécie le film avec des scènes iconiques comme celle de la découverte du visage du fantôme déjà citée mais aussi la scène du bal où le fantôme fait une apparition plus que remarquée sans oublier la fin avec une foule vengeresse...

La mise en scène du film est assez classique pour ne pas dire impersonnelle mais on pouvait s'y attendre étant donné le nombre de réalisateurs ayant travaillé sur le film chacun de leur côté. On est loin des prouesses dont étaient capables les productions européennes à l'époque en termes d'idée et d'effets même si l'ensemble est de bonne tenue. On peut notamment citer un travail intéressant sur les ombres pour symboliser l’œuvre macabre du Fantôme et surtout la découverte de son visage qui est réalisée d'une main de maître faisant que le public découvre la vérité avant Christine. On peut aussi être un peu déçu de quelques scènes qui témoignent du manque de moyens de l'époque quand il s'agit d'apporter un peu d'action au métrage (le lustre qui tombe, les salles piégées contrôlées par le Fantôme...). Des défauts qui sont rapidement oubliés grâce au travail de Lon Chaney (Le Bossu de Notre-Dame, Le Docteur X...) et son incroyable maquillage. L'acteur y  est épatant faisant vivre un personnage aussi tragique qu'inquiétant grâce à son regard et sa gestuelle malgré un maquillage contraignant. Il donne vit à un Fantôme qui est imprimé à jamais dans notre mémoire de cinéphile. A ses côtés, le reste du casting s'avère assez correct incarnant finalement des personnages assez caricaturaux que cela soit Mary Philbin avec sa Christine naïve face à sa quête du succès et finalement aussi apeurée que dépassée par les événements. Face à elle, Norman Kerry est convaincant en bellâtre déterminé à la sauver. Il faut quand même accepter le jeu très théâtral de l'époque du cinéma muet.

La conclusion de à propos du Film : Le Fantôme de l'Opéra [1925]

Auteur Bastien L.
70

La note en conclusion de cette critique est plus que subjective tant Le Fantôme de l'Opéra mérite son statut de classique. Il a néanmoins vieilli par plusieurs aspects notamment dans sa capacité à faire peur. Une vision actuelle reste tout de même passionnante pour le travail (maquillage et jeu) irréprochable de Lon Chaney, pour les thèmes abordés par Gaston Laroux bien retranscrits et surtout la magnifique poésie aussi gothique que morbide qui se dégage de l'oeuvre.

On a aimé

  • Une ambiance gothique et romantique
  • Lon Chaney, son jeu et son maquillage
  • Un classique du cinéma d'épouvante

On a moins bien aimé

  • Des problèmes de rythme
  • Un film qui accuse ses soucis de production
  • Le reste du casting

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