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La Forteresse noire >

Critique du Film : La Forteresse noire

Avis critique rédigé par Christophe B. le lundi 28 juin 2004 à 05:56

Un "ratage" sublime

L’histoire
Roumanie, avril 1941. L'Allemagne nazie gangrène l'Europe. Pour parer à toute offensive russe, le Commandement suprême ordonne à l'une des ses unités d'investir le col d'Indu, seul passage praticable dans les Alpes de Transylvanie. L'ancienne forteresse plantée au milieu du col constituera un excellent poste d'observation.
Un conte horrifique à la Lovecraft
"La Forteresse Noire" adapte le roman de F. Paul Wilson paru en France sous le titre "Le Donjon". Contre toute attente, le film ne nous présente pas le vampire presque traditionnel imaginé par l'auteur mais tire du livre sa trame générale et sa substance thématique. Michael MANN nous offre là un conte horrifique qui traite de la résurgence et de la matérialisation fantastique des forces du Mal, et ce à une période cruciale de l'histoire du monde, en pleine seconde guerre mondiale.
La haine qui se déverse alors sur un monde en proie à la folie guerrière trouve son messager dans un concept général qui prend la forme d'une entité surnommée : "Radu Molasar", démon immémorial retenu prisonnier dans les entrailles d'une ancienne forteresse roumaine, et qui va être libérée par cupidité par la division blindée de la Wehrmacht, venue occuper cet endroit stratégique.
Tout le début du film avec l'exploration de la bâtisse et de son étrange infrastructure nous laisse dans l'attente inquiétante d'un danger imminent et de ce point de vue évoque (toutes proportions gardées) certains horribles et tragiques périples se concluant par une monstrueuse découverte, dans des endroits interdits et empreints d'une dimension non-humaine qu'on retrouve dans certains récits de LOVECRAFT. On songe aussi sérieusement à " Alien" de Ridley Scott, lorsque les astronautes visitent le vaisseau extra-terrestre conçu par GIGER. Le même sentiment de dépaysement apeuré nous envahit alors, avec le poids latent d'un danger encore invisible mais qui ne tardera guère à se manifester.
"Molasar" (à propos duquel il faut préciser que c'est Enki BILAL qui lui donne son look), personnification du Mal emprisonné dans les profondeurs de la terre, attend la délivrance, tout comme Chtulu ou Yog Sothoth. L'intervention maladroite de deux soldats allemands, pris au piège de leur cupidité, le libèrera. L'horreur immonde et inhumaine, tapie au fond d'une gigantesque grotte se réveille alors d'un sommeil séculaire pour décimer les hommes qui lui ont ouvert la porte de sortie... Un univers insidieux et pervers, enfoui dans un subconscient archaïque, prend forme, et une entité surhumaine, une puissante déité, telle que LOVECRAFT se plairait à la décrire, hante les couloirs suintants et claustrophobiques de la forteresse.
Un combat manichéen
Mais ce qu'on croyait être le début prometteur d'un terrifiant affrontement entre des êtres humains et une entité surnaturelle se module peu à peu en quelque chose de plus subtil, dès lors que "Molasar", l'entité réveillée, nous apparaît comme une créature ambiguë. Il apparaît comme la concrétisation du subconscient humain, et notamment celui de l'esprit des nazis. Le monde en guerre des officiers allemands bascule dans l'irrationnel. La lutte contre l'inexplicable se révèle vaine. Messie surgi de nulle part, l'étrange Glaeken Trismegestus (Scott GLENN) guidé par une main divine, revient pour l'anéantir, transformant l'horrible cauchemar en un conte mystique.
L'échantillonnage humain réuni dans cette antichambre de l'enfer, du capitaine Woermann (Jurgen PROCHNOW) au SS Kaempffer (Gabriel BYRNE), du docteur Cuza (Ian McKELLEN) au Père Fonescu, cristallise un ensemble de réactions dramatiques, alors que le temps ne rythme plus les angoisses grandissantes. Le schéma de la guerre se reproduit dans cet étrange microcosme chaotique, et la forteresse se transforme en camp de concentration...
Glaeken et "Molasar" s'affrontent en un combat manichéen dans cette forteresse semblable à un ancien temple voué à la pratique d'un culte odieux. Le réalisateur refuse toute définition assujettie à une religiosité échevelée (bien que Glaeken apparaisse comme une représentation christique, les bras en croix, et que la musique de Tangerine Dream s'envole en un lyrisme exacerbé).Il préfère suggérer l'existence d'une race extra-terrienne, source originelle de la race humaine (et foyer de toutes les religions), dont Glaeken et "Molasar" seraient les seuls survivants.
On le voit, "La Forteresse Noire" adopte les allures d'un conte pour nous rappeler que le Mal sommeille constamment, et que dans des conditions propices, il cherchera toujours à se répandre sur terre et à instaurer son règne. C'est encore l'éternel conflit dont l'enjeu est la liberté des hommes et à une échelle plus vaste la lutte entre des forces du bien et du mal pour assurer leur suprématie.
Un film « stylisé »
D'emblée, le metteur en scène ne s'embarrasse guère des habituelles considérations et descriptions psychologiques propres à rendre authentique chaque protagoniste. En quelques scènes ponctuées de sporadiques dialogues, les victimes, comme les héros, prennent place dans un récit épuré de tout maniérisme. L 'horreur envahit rapidement chaque parcelle de l'image, et se pare d'inquiétantes couleurs glauques et froides. Michael MANN compose alors une symphonie diabolique de visions fulgurantes, confrontant les principaux personnages à une force terrifiante ! Dans un conflit où l'identité sociale semble réduite à néant, chacun retrouve sa propre individualité en une redoutable prise de conscience, face à un péril surnaturel.
"La Forteresse Noire" est un film horrifique grandiose et stylisé (même si parfois la forme nuit à la cohérence de l'action), véritable opéra de la peur où l'image et la musique s'allient pour concrétiser les plus horribles cauchemars. Le réalisateur réussit à harmoniser chaque élément du film d'horreur traditionnel tout en introduisant une approche moderne de la peur. Le film ne s'apparente plus à une suite inégale de mini-traumatismes, mais procède comme un seul et unique choc !

75

Pour diverses raisons que je ne vais pas développer ici (remontage des producteurs, coupe de près d' 1/2 heure, tournage d'une fin différente en raison de la mort du responsable des effets visuels…), le film à un arrière goût de ratage sublime, un envoûtant voyage vers nulle part qui fait naître la frustration du spectateur. Il manque en vérité bien peu de choses pour que nous nous trouvions en face d'une pièce maîtresse.

Critique de publiée le 28 juin 2004.

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