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Critique du Film : The Last Girl - Celle qui a tous les dons
The Last Girl - Celle qui a tous les dons >

Critique du Film : The Last Girl - Celle qui a tous les dons

Avis critique rédigé par Jonathan C. le mercredi 28 juin 2017 à 00:53

Zombie Girl

Difficile aujourd’hui d’innover dans le genre à la fois très codifié et très libre du film de zombies / infectés / morts-vivants (au choix, mais c’est pareil), surtout après le succès de Walking Dead. C’est donc avec intérêt et curiosité, en plus du fait qu’il ait remporté le Grand Prix à Gerardmer (ce dont on ne s’étonne pas vu l’aspect « auteur » du film), que l’on découvre The Last Girl - Celle qui a tous les dons, qui se base sur un point de départ assez original dans le genre, sorte de prolongement des séquences d'expérimentation du gentil zombie Bub au sein d'une base militaire dans Le Jour des morts-vivants de George A. Romero, puisque ici des enfants morts-vivants exceptionnellement doués d'intelligence (ils parlent, pensent, comptent, développent une conscience, etc.) sont élevés en captivité et même éduqués, et ce dans le but de trouver un remède au fléau (une maladie fongique évoluée) qui a ravagé la planète. Traités comme du bétail si ce n'est par un(e) gentil(le) professeur sexy (car Gemma Arterton), ces enfants qui ont l'air vivants sans l'être ne sont que des cobayes voués à être disséqués pour le bien de l’Humanité par un directeur-docteur (Glenn Close) aux intentions louables mais aux méthodes discutables. Bref, des enfants sans avenir qui végètent dans un bunker en attendant une (deuxième) mort certaine. L’un de ces enfants semble cependant doté d’une intelligence supérieure, une gamine nommée Mélanie (Sienna Nanua, sélectionnée parmi 500 autres gamines), sorte de surdouée des zombies, à laquelle la gentille prof va s’attacher au-delà des règles de sécurité.

Le principe des enfants zombies a déjà été abordé au second degré dans le délirant Cooties avec Elijah Wood, mais le traitement est ici plus réaliste et plus froid, plus à l'anglaise, plus proche d'un 28 jours plus tard même si dans certaines idées on retrouve aussi un côté Walking Dead (la prison base militaire encerclée par les morts-vivants, cela dit l’idée vient là encore du Jour des morts-vivants)...

La première partie, qui s'attarde sur le quotidien de la gamine-zombie surdouée (forcément terriblement attachante), est donc très prometteuse et pose des problématiques intéressantes tout en se référant à la mythologie grecque (Prométhée, la Boîte de Pandore...). Le réalisateur Colm McCarthy, bien aidé par le scénariste-romancier Mike Carey (qui a été enseignant pendant 10 ans), décrit de façon très crédible le fonctionnement interne de ce centre de détention et d’éducation, proche d’une prison pour mineurs, ou les jeunes délinquants sont finalement plus isolés, instrumentalisés et humiliés. La métaphore infectés / délinquants est d’ailleurs évidente, la délinquance juvénile étant un thème récurrent dans le film de genre anglais et une préoccupation majeure dans ce pays.

Mais évidemment, la situation dégénère lorsque les morts-vivants (appelés ici les Affams) envahissent le complexe (en un plan saisissant), obligeant un groupe de survivants à prendre la fuite. Le film revient alors sur la route du film d'infectés / road movie plus classique, évoquant tant Walking Dead que Stake Land, 28 jours plus tard ou Infectés, avec ces survivants errants dans des décors post-apo, lieux Tchernobylesques (certains plans ont d’ailleurs été tournés dans la ville irradiée de Prypiat) abandonnés et bouffés par la mort et la végétation, vaste tombeau à ciel ouvert dans lequel les rares protagonistes vont périr un à un, à commencer évidemment (ils sont là pour ça) par des bidasses qui n'auront pas volé leur triste sort tant ils enchainent les conneries (car comme souvent dans le genre, certains choix et réactions des personnages ont de quoi faire râler). Bref, terrain plus balisé, saupoudré d'une dose supplémentaire d'enfants morts-vivants plus « sauvages » (on se croirait dans Sa Majesté des mouches) dont on aurait pu se passer (c'est trop).  

Le périple reste cependant très prenant et on ne voit d'ailleurs pas le temps passer, dans ces superbes décors semi-naturels ponctués de morts-vivants plutôt bien foutus (cela dit pas assez menaçants), comme les headshots qui les font tomber tels des mouches ou comme les quelques éclairs de violence et autres détails glauques (hummm le contenu du landau) qui rendent l’ensemble viscéral et parfois jouissif. L’atmosphère angoissante est accentuée par une excellente bande-son au thème musical principal mémorable et original (à la fois tribal et onirique), la musique ayant d’ailleurs été récompensée à Gerardmer. Réalisateur de séries classes (Peaky Blinders, Doctor Who, Sherlock, Les Tudors…) et du déjà horrifique Outcast, dans lequel un couple en crise affrontait une créature sanguinaire, l’écossais Colm McCarthy témoigne d’une solide expérience (mise en scène inspirée, belle tenue visuelle, petit budget exploité avec intelligence…), bien qu’il s’agisse de son premier long-métrage de cinéma.

The Last Girl bénéficie d’un solide casting d’acteurs assez prestigieux (Gemma Arterton et Paddy Considine, généralement des gages de qualité) et pas forcément habitués au domaine horrifique, en premier lieu Glenn Close (qui aurait imaginé un jour Glenn Close dans un film de zombies ?), remarquable dans un rôle très ambigu. On regrettera que la talentueuse Anamaria Marinca (mémorable dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours, L’Homme sans âge, La Comtesse, Fury et Europa Report) soit ici quasiment reléguée à de la figuration, comme le tout petit rôle de la chanteuse Dominique Tipper (alias Miss Tipper).

Dans le sillon du cinéma horrifique anglais creusé par Danny Boyle et son 28 jours plus tard (mais aussi par Neil Marshall avec Dog Soldiers), The Last Girl tente de se démarquer avec un postulat de base intéressant et un traitement assez sensoriel (multiplication de gros plans, de ralentis, musique atmosphérique abstraite...) sans totalement y arriver, jusqu'à sa fin ironique pas très convaincante (ça finit presque en gag), puisqu'on pense à pas mal d'autres films du genre en visionnant The Last Girl, références que l’auteur du roman adapté (par lui-même) devait déjà avoir en tête. Les références mythologiques évoquées au début ne refont surface que dans le déroulement ; entre les deux, un survival classique aux personnages bien écrits et dont les relations sonnent justes (les survivants autour de Mélanie représentent chacun une entité de la famille). L'essai reste très efficace et rudement bien foutu, tandis que sa portée biologique et sa crédibilité scientifique sur fond d’éducation lui confèrent une patte assez personnelle.

Jonathan C. 

Que faut-il en retenir ?

  • -Une idée de départ intéressante
  • -Une première partie surprenante
  • -Belle tenue visuelle
  • -Glenn Close dans un film de zombies

Que faut-il oublier ?

  • -Un récit finalement trop classique qui ne tient pas toutes ses promesses
  • -Une fin caustique assez déçevante
70

Exploitant dans sa première partie une idée aussi originale que crédible, dérangeante et thématiquement passionnante,  The Last Girl revient assez rapidement sur les routes ensanglantées du survival post-apo peuplé d’infectés, road-movie mortuaire entre Walking Dead et 28 jours plus tard. Bref, classique, immersif et efficace, mais le début promettait quelque chose de plus. Mais à une époque ou les bons films d'horreur (et même les films d'horreur tout court) se font rares sur les grands écrans, il serait dommage de faire l'impasse sur celui-là.

Critique de publiée le 28 juin 2017.

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