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Critique de la Série Télé : Bates Motel
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Critique de la Série Télé : Bates Motel

Avis critique rédigé par Andre C. le samedi 12 septembre 2015 à 0953

saison 1 : psychose - year one

Adapter un long-métrage en série télévisée est une opération délicate en soi et raconter des événements se déroulant avant l'histoire dudit métrage (une prequelle donc) l'est encore plus. Et ce, pour une raison très simple, le succès commercial d'une adaptation se joue souvent sur la reconnaissance par le public de tous les éléments caractéristiques (autrement dit, les « gimmicks ») du matériau de base. Enlever cette donnée relève souvent du pur suicide commercial, puisque cela agrandit le risque de rendez-vous manqué entre le show et son public.

En fait, le point le plus délicat est surtout de justifier l'intérêt d'une telle démarche. En général, le piège d'une prequelle est de ne se concentrer que sur un détail, sur l'élément faisant le lien entre ladite prequelle et le matériau d'origine, l'histoire de départ. Dans le cas de Bates Motel, l'astuce est de ne pas se limiter à un seul élément, mais, au contraire, de s'ouvrir à de nouvelles perspectives permettant un éclairage inédit vis-à-vis d'aspects, jusqu'ici, à peine entr'aperçus voire, totalement ignorés dans les films et surtout le long-métrage d'Alfred Hitchcock, le mythique Psychose.

Effectivement, nous avons tendance à l'oublier, mais le film d'Hitchcock, à la base, ne se focalise pas sur Norman Bates, incarné par Anthony Perkins (qui restera à jamais associer au rôle pour l'éternité), mais sur Marion Crane, interprétée par Janet Leigh. Je crains un peu de spoiler ceux qui n'ont déjà vu ce classique de 1960 (qu'est-ce que vous attendez?) ou pire, le remake de Gus Van Sant de 1998, mais plusieurs éléments se sont à ce point si ancrés dans la culture populaire qu'il est difficile de vraiment parler de spoiler : Marion Crane tuée dans la ô combien célèbre scène de la douche (inaugurant la tradition de la star première victime du tueur, une tradition à laquelle fait référence les Scream dans leur scène d'ouverture), Norman Bates qui devient la star de la saga alors qu'il est crédité en personnage secondaire dans le premier opus (préfigurant les slashers qui naissent officiellement une décennie plus tard, avec leur tueur-vedette) et, surtout, le fameux twist concernant la défunte mère de Norman.

Avec ce retournement de situation dans le film du grand Alfred , nous apprendrons que la génitrice de Norman était quelqu'un d'extrêmement possessif qui interdisait à son fils tout contact avec le monde extérieur. D'ailleurs, à en croire les habitants de White Pine Bay, la commune à côté, Norman vit seul, depuis le décès de sa mère, or les spectateurs voient que ce dernier ne cesse pas de discuter avec quelqu'un toujours hors-champ : le coup de théâtre étant que Norman est devenu schyzophrène pour pallier l'absence de la défunte. La saga (oui « saga », puisque nous parlons d'une franchise qui compte tout de même plusieurs films et téléfilms à son actif) n'apporteront aucune plus-valu à ce statut. Or, l'intérêt de ce Bates Motel est justement de se servir de ce lien entre cette mère et ce fils comme source névralgique du show, non pas en tant qu'intrigue principale, mais en fil conducteur qui soutient tout l'édifice global.

En cela, il faut bien comprendre la différence qu'il existe entre le pitch de départ et le fil rouge qui soutient l'ensemble. Le pitch de Bates Motel peut se résumer ainsi « Norman Bates, ici adolescent -  incarné par Freddy Highmore, le petit bonhomme gentil tout plein de Charlie et la Chocolaterie -, et sa mère – joué par Vera Farmiga, une des Warren de The Conjuring : Les Dossiers Warren - s'installent dans un motel dont ils sont propriétaires » tandis que le fil rouge concernant la relation entre les deux est traitée en sous-intrigue appelée à évoluer et être une source de révélation et twist en tout genre. De ce fait, au premier abord, la série a tout l'air d'un Psychose revisité à la sauce Smallville en plaçant la série à l'époque contemporaine (la présence de téléphones portables en a fait tiquer plus d'un et les camarades de classe de Norman sont coulés dans le même moule des sempiternels adolescents que l'on retrouve dans n'importe quelle production estampillé « teen show ») alors que le film d'Hitchcok se déroule dans les années 60 et que cette série est censée être une préquelle. On sent d'ailleurs que les auteurs peinent pendant quelques épisodes à trouver leurs marques.

Or, l'originalité de Bates Motel est de nous dépeindre les liens qui se tissent en filigrane entre tous les personnages (le shériff des lieux, la prof de Norman, la fille qui a le béguin pour lui, etc..) qui prennent de plus en plus d'importance, ces mêmes liens installent petit à petit une ambiance d'étrangeté dans le même esprit... qu'un certain Twin Peaks. De cette manière, si nous en apprenons un plus sur la famille Bates et les circonstances qui ont poussé cette mère et ce fils à s'installer dans ce coin isolé, les habitants de White Pine Bay ont eux aussi des cadavres dans leur placard, et ce, littéralement pour quelques-uns : certains arrivent même à voler la vedette aux Bates.

De ce fait, la malice du concept d'Anthony Cipriano est de poser un cadre aussi mystérieux que les rapports équivoques entre Norman et sa mère : ces deux derniers, dont la relation apparaît au final touchante, se révèlent pris dans un engrenage infernal. C'est là, l'exploit des showrunners Carlton Cuse (déjà responsable de Lost, donc autant vous dire que le bougre s'y connaît pour dépeindre un cadre énigmatique et insidieux) et Kerry Ehrin, de parvenir à créer une galerie de personnages tous plus inquiétant les uns que les autres, au point d'éclipser leur duo-vedette, qui annonce pourtant des signes avant-coureurs d'un inévitable basculement.

La conclusion de

Sans doute la meilleure surprise de la saison 2013. Alors que l'on s'attendait à une trahison en bonne et due forme de l'illustre long-métrage du grand Hitchcock, Bates Motel parvient à être digne de la mémoire du Maître. Si le début est un peu brouillon (on ne sait pas trop où la série veut en venir), le reste trouve son souffle à la fois intense et palpitant.

Que faut-il en retenir ?

  • Une galerie importante de personnages inquiétants ;
  • Un casting remarquable ;
  • Une écriture appliquée et ingénieuse

Que faut-il oublier ?

  • Un début de saison trop timide ;
  • Quelques ficelles scénaristiques qui laissent à désirer

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