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Critique du Film : It Follows
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Critique du Film : It Follows

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 30 janvier 2015 à 1300

M.S.T. : Malédiction Sexuellement Transmissible...

It Follows débute sous les meilleures auspices, prenant le spectateur au piège d'une scène aussi intrigante (on ne comprend pas exactement ce qui s'y passe, mais on sait que ça ne rigole pas) qu'efficace (les enjeux y sont posés en quelques plans dont le minimalisme contribue à reforcer la tension). En quelques minutes, le réalisateur, David Robert Mitchell, pose l'une des bases de son long-métrage : le danger est invisible, la menace est inexorable et le destin des personnages sera violent et funeste. Cette séquence d'introduction ne manque alors pas de rappeler quelques grands titres du cinéma d'horreur, notamment le travail de John Carpenter sur Halloween, la nuit des masques lequel, en filmant une simple silhouette, parvenait à créer la peur et l'angoisse avec des plans vides.

« Passé ce premier tiers absolument génial, It Follows s'enlise, se répète, sombre dans les clichés et les facilités. »

 

Puis, It Follows part sur un autre sentier,suprenant. Là où les films d'horreur US se complaisent très souvent à exposer les mêmes clichés de personnages adolescents, David Robert Mitchell prend le temps de présenter ses protagonistes (notamment son héroïne) à travers de longs tunnels dialogués. Le rythme, plus lent, permet de poser un regard sur une jeunesse qui n'est pas sans rappeler (toute proportion gardée) le travail de Larry Clark, notamment dans ce rapport avec la sexualité qui est au coeur du film. La tension née de la scène d'exposition disparaît alors petit à petit, le long-métrage semblant alors s'éloigner des canons du film de trouille classique pour s'aventurer dans une sorte de reportage/vérité, le tout porté par un casting convaincant (y compris physiquement, les comédiens faisant vraiment adolescents).

Le croisement des deux univers va donner au film son point d'orgue, alors que les considérations autour de la sexualité de ces adolescents vont petit à petit se mélanger avec une malédiction ancestrale qui amène l'héroïne à être poursuivie par quelque chose, quelque chose qui la suit, quelque chose qui veut la tuer. David Robert Mitchell livre alors des séquences de trouille comme on en voit peu, mettant en scène son concept de façon magistrale : des plans larges qui ne montrent rien mais desquels vont petit à petit se détacher une silhouette qui, en s'approchant de la caméra, va symboliser ce destin inexorable et va contraindre l'héroïne à une véritable fuite en avant pour sa survie. Chaque figurant pouvant ainsi potentiellement se transformer en menace, la tension qui accroche le spectateur est permanente, angoissante.

Et puis, passé ce premier tiers (génial, il est vrai), It Follows s'enlise, se répète, sombre dans les clichés et les facilités. Du point de vue de la mise en scène, pour commencer, David Robert Mitchell reprend et duplique sans cesse la même façon de faire, qu'il transforme en véritable formule invariante. Extrêmement efficace la première fois, cette dernière finit par devenir répétitive, prévisible (au moindre cadrage large, on sait qu'une silhouette va finir par émerger) et, au final, totalement inopérante (bien qu'esthétiquement toujours plus sympathique qu'un jump-scare moisi). Progressivement, cette absence quasi-totale de renouvellement transforme l'angoise en ennui, puis l'ennui en agacement. Car tout aussi efficace qu'elle puisse être, une formule ne peut être utilisée sans varier pendant quatre-vingt dix minutes.

Au niveau scénario, le tout se révèle au final très très creux. Sur le fond, déjà, la malédiction en elle-même n'est jamais expliquée outre-mesure, ne restant, du début à la fin, qu'une légende urbaine ; le principe, finalement, n'est pas forcément criticable (on n'a pas besoin de tout savoir sur tout), sauf que les protagonistes en connaissent les règles sur le bout de doigts (et ne se trompent jamais, ce qui est, avouons le, quelque peu incompatible avec le statut de "légende"). Plus ennuyeux, le film s'appuie sur la stupidité des personnages pour pouvoir fonctionner (si les règles avaient correctement été suivies, It Follows aurait été un court-métrage). Enfin, dans sa structure, on finit par n'échapper à aucun cliché (les personnages partent en quête des origines de la malédiction pour pouvoir la stopper... comme d'habitude...).

It Follows se termine finalement de façon misérable, lors d'une scène de confrontation qui sombre dans le grotesque. Passons sur le fait que le plan des adolescents soit complètement débile (encore que les personnages présentés au début du film étaient tout de même loin d'être des demeurés), mais la mise en scène, en refusant désormais le hors-champ et en cherchant à en montrer un maximum, ne parvient qu'à un résultat grand-guignol qui n'amène que la consternation. Au final, si It Follows part de très haut, il ne parvient que très difficilement à maintenir la tête hors de l'eau, terminant dans le tout venant des séries B horrifiques que l'on trouve habituellement. Le tout est d'autant plus dommage que la première partie était parfaite, et qu'avec un peu de rigueur et d'inspiration, le film aurait pu instantanément devenir un classique.

La conclusion de

It Follows est, pour les critiques, une arme de séduction massive. Film de genre (dans le fond) réalisé comme un film indépendant (sur la forme), il mixe des éléments liés à l'horreur et aux frissons que n'auraient pas reniés John Carpenter avec des considérations sur la jeunesse américaine qui pourraient être issues d'un Larry Clark. Sur son premier tiers, It Follows est d'ailleurs une réussite indéniable qui tire le meilleur des deux univers pour s'imposer comme une oeuvre aussi efficace qu'hors-normes. Cependant, passé cette première partie (géniale, c'est incontestable), le long-métrage s'enlise dans un immobilisme total et absolu, dupliquant à l'infini et sans aucun renouvellement son propos, que ce soit dans le fond comme sur la forme. Piégé par cette bonne idée de départ qu'il ne parvient pas à exploiter outre-mesure, David Robert Mitchell piétine, se répète et finit malheureusement par ennuyer, le tout étant au bout du compte sabordé par une conclusion qui sombre dans le grotesque et le grand-guignol. It Follows en avait sous le capot, c'est un fait, mais en l'état, il ne fait que mettre en évidence les limites d'un réalisateur que l'on pensait a priori bien plus doué.

Que faut-il en retenir ?

  • Le concept du film,
  • Un premier tiers à la limite du grandiose,
  • Des acteurs très solides,

Que faut-il oublier ?

  • Une mise en scène qui se répète,
  • Un scénario qui tourne à vide,
  • Pas mal de clichés et d'incohérences,
  • Un final nullissime.

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