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Critique du Film d'animation : Pinocchio

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 15 février 2014 à 00:00

Je suis un vrai petit garçon !

Choisir ses Disney préférés est quelque chose de fortement générationnel liée aux sorties cinéma de notre enfance (ou encore les K7 que l'on possédait). La firme aux grandes oreilles a en effet produit des classiques à la chaîne et s'est installée comme un studio majeur de l'entertainment mondialisé. Mais lorsque l'on regarde les actuels films d'animation en dessins-animés, on semble être bien loin des productions des débuts, chapeautées avec amour par un Walt Disney qui n'oubliait jamais une certaine ambition technique. Pinocchio en est le parfait exemple.

Deuxième film d'animation de l'histoire après le chef-d’œuvre initial Blanche-Neige et les sept nains, cette histoire permet à Walt Disney d'adapter une nouvelle fois un récit venu de la vieille Europe. Une histoire plus récente que celle des frères Grimm puisque le conte Pinocchio a été écrit en 1881 par l'italien Carlo Collodi, et donc adapté moins de 60 ans après. Il faut dire que le conte - racontant les aventures d'un pantin de bois dans sa quête pour devenir un vrai petit garçon - a passionné de nombreux jeunes lecteurs à son époque, assez pour que Walt Disney y voit le sujet idéal pour réitérer le coup de génie de Blanche-Neige et les sept nains. Néanmoins, l'œuvre originale est ici un peu édulcorée, faisant de Pinocchio un être plus naïf que le garnement de l'œuvre originale. Un exemple simple permet de se rendre compte de l'adaptation plus consensuelle par  Disney : le Pinocchio original écrase avec un bon coup de maillet un criquet se présentant comme sa conscience... Magré tout, le film sorti en 1940 reste comme l'un des Disney les plus sombres créés lors de cette première glorieuse époque.

Pour ceux qui n'ont jamais vu ce classique, on rappellera rapidement que Pinocchio démarre dans une petite ville imaginaire et fantasmée de l'Italie du 19ème siècle, et plus précisément dans le magasin du fabricant de jouets en bois, et donc de marionnettes, de Gepetto. Ce brave ébéniste a confectionné une marionnette splendide d'un petit garçon et va se coucher, fier de son travail, sans oublier de prier une bonne étoile avant de fermer les yeux. Son souhait le plus cher ? Être le père d'un adorable petit garçon. Ce souhait qui sera entendu par la Fée bleue, qui va faire prendre vie à Pinocchio tout en lui laissant son apparence de marionnette. Elle lui propose alors de lui prouver qu'il peut être digne de devenir un vrai petit garçon à travers une mise à l'épreuve pendant laquelle le pantin de bois sera accompagné d'un criquet bavard lui servant de conscience. Mais le travail de ce Jiminy Cricket sera rude puisque de nombreuses tentations et autres convoitises tourne autour de ce naïf Pinocchio.


Le film est donc avant tout un voyage initiatique pour Pinocchio, qui découvre le monde et ses vices. Cela fait de ce Disney un des plus adultes qui soit. Les dangers que rencontrent Pinocchio sont assez sérieux : les fausses étoiles de la célébrité chez l'ogre Stromboli, les affres de la délinquance juvénile sur l'île enchantée, la rencontre avec une monstrueuse baleine... De nombreux personnages vont donc tenter de détourner notre pantin du droit chemin, et ce avec une réussite souvent inquiétante (faisant même douter Jiminy qui dira même, dépité, « Qu'est ce qu'un acteur ferait d'une conscience ? » alors que Pinocchio part avec Stromboli).

Si le message de Disney est un peu moralisateur, cela est fait intelligemment car il montre à quel point faire les mauvais choix sont faciles et que suivre les règles sera toujours la route la plus difficile mais, au final, la plus méritante. Le message n'est pas trop rabâché et les enfants ne sont jamais pris pour des idiots avec les scènes les plus dérangeantes dans un Disney (seul Alice au pays des merveilles peut prétendre à aller plus loin), notamment en ce qui concerne l'île enchantée où le pantin fume du cigare et bois de la bière. On peut aussi saluer le fait que l'histoire nous présente un mal à plusieurs visages, qu'il soit purement monstrueux (Monstro la baleine), façonné par la société et sa course au profit (Grand Coquin, le roi des affaires louches) ou simplement innocent (Crapule, le jeune délinquant).

L'ambiance du film est donc parfois assez lourde et pesante, avec des scènes pouvant provoquer l'effroi la première fois qu'on visionne le film. Mais Disney n'oublie pas de faire parler la magie tout au long du métrage, notamment grâce au personnage de Jiminy et sa gouaille optimiste ou encore le brave Gepetto respirant la bonté. Sans oublier bien sur les adorables Figaro et Cléo, respectivement le chat et le poisson de Gepetto, qui réussissent à apporter de la comédie et de la tendresse au dessin-animé. La force de ce film de 1940 est donc de proposer une palette d'émotions aux spectateur, et le regarder est toujours un moment magique car le métrage fonctionne clairement sur ses différentes séquences, assez détachées, qui offrent une ambiance à chaque fois originale. Le principal défaut semble être d'ailleurs ce manque de logique parfois entre les scènes, mais c'est aussi la nature même du conte qui veut ça, un véritable rêve.


Et pour un tel résultat, il a fallu que les artistes de Disney se surpassent pour passer un palier après la prouesse de Blanche-Neige. Cela est réalisé haut-la-main car les animateurs se sont autorisés de nombreuses expérimentations grâce à un Walt Disney les poussant a aller le plus loin possible. Le film est basé sur deux générations d'animateurs, celle de la toute première heure de l'animation made in Disney et ceux qui deviendront les fameux Nine Old Men (ou neuf sages en français) qui régaleront des générations d'enfants. L'animation est vraiment sans reproche avec la nature même du pantin (parfois articulé) et sa construction en bois rendant le personnage réel en tous points.

Sans oublier les autres personnages offrant des scènes d'anthologie, comme le spectacle de Stromboli ou l’impressionnante - et surtout extrêmement bien réalisée - séquence de transformation de Crapule. Les vraies prouesses sont néanmoins les scènes de fin, dans et sur la mer avec un rendu de l'eau et des vagues vraiment incroyable. Les mouvements de caméra sont d'ailleurs assez souvent judicieux et les effets de zoom comme de travelling assez impressionnants pour un film d'animation à l'époque. D'une manière générale, la direction artistique est tout bonnement excellente avec un côté très énigmatique donné à cette Italie du 19ème dont on ne reconnaît ni vraiment l'endroit ni l'époque.

Mais que serait Disney sans ses musiques et chansons ? Et à l'image de l'iconique Jiminy, ce métrage va imposer sa marque dans ce que la firme représente chez les spectateurs avec la chanson Quand on prie la bonne étoile dont la musique est un classique intergénérationnel. Les autres musiques sont certes moins importantes (si ce n'est le spectacle de Stromboli) mais permettent toujours de plonger encore plus le film dans un vrai rêve. A ce titre, les doublages français sont vraiment d'une grande qualité (tout en sachant qu'il ne s'agit pas de ceux originaux mais de la version de 1975 qui est présente sur nos K7 et DVD du film avec l'irremplaçable Roger Carel campant très bien Jiminy). Les doublages originaux datent de 1946 au sortir de la guerre qui priva malheureusement Pinocchio d'une sortie mondiale et d'un succès immédiat qu'il méritait pourtant. Un film sorti en 1940 dont le message et l'innocence semblait arriver bien trop tard...

90

Digne successeur du chef-d’œuvre original de Walt Disney, Pinocchio est un grand film. Une histoire intemporelle, un voyage dépaysant, un héros attachant et des personnages secondaires remarquables... Un classique du cinéma d'animation ayant apporté tellement de pierres à l'édifice Disney qu'il restera à jamais un incontournable. La prouesse est d'autant plus impressionnante que le film date de 1940 et chaque image est imprégnée du talent des artistes ayant fait rêver des générations d'enfants jusqu'à aujourd'hui.

Critique de publiée le 15 février 2014.

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