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Critique du Téléfilm : Ghost Shark
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Critique du Téléfilm : Ghost Shark

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 20 décembre 2013 à 2000

Casper le requin

J’imagine bien une séance de brainstorming avec les gars d’Active Entertainment, dans leurs confortables bureaux de Bâton Rouge. Un meeting animé par deux de ses têtes pensantes, Griff Furst, véritable émule de Roger Corman, et Eric Forsberg, scénariste agité du bulbe qui avait réussi à porter le portnawak à son paroxysme avec Mega Piranha - avant d’être récemment détrôné par Anthony C. Ferrante (Sharknado) :
- Bon, les gars, lance Furst, vous avez une idée? Cela serait bien que l’on exploite nous aussi le filon du requin tueur. Mais en y greffant une idée originale. Pour le moment, vous proposez un requin qui sème la terreur dans une station balnéaire, les autorités veulent éviter que cela s’ébruite et c’est une bande de jeunes, aidée par un vieux gardien de phare, qui va essayer d’éliminer la menace. Sans déconner, c’est du déjà vu tout ça !
- Nous n’avons qu’à faire du squale un requin mutant, dit un assistant. Vachement plus gros que les autres.
- Ça aussi, cela a déjà été fait, avec le Mégalodon de Nu Image. Christopher Ray a y même greffé deux têtes il n’y a pas si longtemps. Si on fait un truc similaire, les mecs de The Asylum vont se foutre de notre gueule ! Et toi, Eric, t’as pas une idée ? Toi qui nous ponds toujours des trucs géniaux !
- Ce qu’il faudrait, c’est faire sortir le requin de l’eau, comme dans Sand Shark, par exemple, dit Forsberg.


- Mais, comme tu le dis, ça aussi c’est du déjà vu, et Mark Atkins avait vachement assuré. J’en rigole encore. On ne pourra jamais faire mieux.
- Oui, mais imagine un truc. Il n’y a pas longtemps, j’ai revu Shocker de Wes Craven. Un mec exécuté sur une chaise électrique se transformait en un spectre composé d’énergie électrique qui pouvait utiliser le réseau de la ville pour se déplacer et se venger de ses bourreaux. » Etonnement général. Furst juge cependant que cette remarque se doit d’être étudiée.
- Tu veux envoyer un requin dans des fils électriques ? Remarque, ce n’est pas plus con que les faire tomber du ciel… Mais comment faire ?
- Non, cela serait débile, je l’admets. Par contre, comme c’est un requin, il pourrait se balader dans l’élément liquide. Dans les canalisations, par exemple, et il pourrait surgir d’un évier ou d’un tuyau d’arrosage, puisque c’est un ectoplasme.
Là, tout le monde dans la pièce s’anime, sentant une idée se former. C’est toujours beau, émouvant et excitant, la naissance d’un nanar.
- Oui, mais pour quelle raison le requin se retrouverait en fantôme ? Et pourquoi il s’en prendrait aux gens ?
Un ange passe.
- Ben, l’on a qu’à faire en sorte qu’il porte en lui toute la haine ancestrale d’un peuple sacrifié il y a des siècles et dont les âmes torturées se trouvent dans un sanctuaire marin, propose Eric Forsberg. Du coup, il sert d’instrument de vengeance sur les descendants des gens qui les ont trahis.
- Euh ! Cela ne fait pas un peu trop penser à Fog, ça ? remarque l’assistant.
- Mais, dans Fog, c’est des pirates. Ici, c’est un requin. Personne ne va faire le rapprochement. On n’a qu’à y glisser une légende, comme celle de Roanoke, par exemple. Ça va brouiller les cartes. Oui, je sais, ça n’a rien à voir, d’autant plus que j’ai un studio en Floride, ce qui n’est pas vraiment les Carolines. Griff se tourne alors vers Forsberg. Tu peux nous écrire un scénario pour quand, Eric ?
- Demain, à l’heure du café ? Cela te convient ?
- Ouais, génial ! Je sens que l’on tient une idée géniale ! En plus, comme le requin c’est un spectre, s’il est mal digitalisé, on pourra argumenter que c’est parce qu’il est immatériel ! Allez, tout le monde au boulot.

Il est fortement probable que la genèse de Ghost Shark ne s’est pas déroulée comme ça. Il me plait cependant à penser que l’improbable scénario de ce film soit le fruit d’un échange de discussions décontracté entre des créatifs aussi enthousiastes que potaches. Que tout cela ne soit pas les conséquences d’une manœuvre mercantile visant à séduire les amateurs de nanars avec un produit à la nullité malicieusement calculée. Bon, tout cela, c’est pour l’éthique, parce que pour la forme, cela ne change pas grand-chose, Ghost Shark étant la conséquence d’une surenchère dans le registre du n’importe quoi pelliculé. Dans Ghost Shark, Griff Furst, armé d’un scénario d’une absurdité rarement égalée, après une première demi-heure débile mais assez traditionnelle (le requin normal est juste remplacé par un frangin translucide et il fout le bordel sur le littoral en attaquant des plagistes à l’encéphalogramme plat), nous offre la vue d’un squale de synthèse extensible qui se glisse dans les canalisations et les réserves d’eau pour finir dans les verres d’un adjoint au maire (ce qui nous donne un accouchement d’une violence qui dépasse largement celles d’Alien), les seaux d’eau d’un sexy car wash et même dans des flaques d’eau !  Un véritable feu d’artifice de gags visuels (les gosses coupés en deux au niveau de la taille et dont les parties inférieures continuent de se déplacer en titubant), dotés d’effets spéciaux gore mais plus drôles que terrifiant car construits en images digitales bien pourries (cela donne un aspect cartoon dédramatisant). Bref, si vous êtes un amateur de ce type de produit décérébré, nul doute que vous allez passer quelques bons moments avec Ghost Shark.

Le scénario, s’il présente aussi son lot de blondes idiotes en bikini, hurlantes et destinées à finir en sushi (cela reste toutefois très prude, on est loin du délire Piranha 3D), met en avant une jeune fille courageuse qui va tenir le rôle de la femme forte (Sloane Coe, pas mauvaise du tout d’ailleurs). Ce fait est suffisamment rare pour être signalé et amène une fraicheur inattendue, d’autant plus que le personnage du gardien de phare, qui va devenir son partenaire de lutte, n’est pas trop mal construit et interpréter par un comédien bien sympathique (l'expérimenté Richard Moll). La réalisation pèche par des failles techniques mais le cinéaste parvient à donner du rythme, ce qui fait que l’on ne s’ennuie jamais – à la condition d’apprécier le second degré débile entretenu par le récit. A noter que ce film, contrairement aux productions The Asylum, ne présente pas son lot de guest stars ou de vieilles gloires. Ce qui n’est pas plus mal, Griff Furst ne pouvant se reposer sur les délires free style de Corin Nemec, Michael Madsen, Tom Berenger  ou Jerry O'Connell pour amuser son audience. Dans son film, la star, c’est Casper le requin !

La conclusion de

Sans égaler Sharknado, valeur étalon du nanar débile, Ghost Shark se montre convaincant dans le registre de la grosse blague potache. Ainsi, si vous etes amateur de ce style de monster movies crétins, le film de Griff Furst peut occuper de belle manière une soirée entre potes.  Pour les autres, pas de surprise, ce métrage n’a rien à vous proposer hormis une belle dose d’ennui.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario délirant
    Des acteurs sympathiques
    Des FX rigolos
    Un bon rythme

Que faut-il oublier ?

  • Bon, c’est complètement crétin
    Techniquement médiocre

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