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Critique du Téléfilm : Battledogs
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Critique du Téléfilm : Battledogs

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 21 novembre 2013 à 2048

Hurlements à Manhattan

En 1981, l’histoire d’une communauté de loups ayant réinvesti l’île de Manhattan surprenait le public tant par les thèmes développés que par la portée intellectuelle de son intrigue. Cruel conte philosophique, angoissante fable animiste, manifeste humaniste et écologique mais aussi thriller terriblement efficace, Wolfen amenait une autre dimension au mythe du loup-garou (même si l’on évolue plus dans le registre du totem et que l’on ne peut pas vraiment parler de lycanthropie) et révélait au monde son auteur, le scénariste Eric Roth qui offrait là une superbe adaptation du roman de Whitley Strieber. Tant et si bien qu’aujourd’hui, ce film de Michael Wadleigh figure comme des plus grands classiques du genre fantastique, que tout cinéphile se doit de garder précieusement, au coté de ses contemporains;  Hurlements, Le Loup-garou de Londres et, n'oublions pas, La Compagnie des loups. Vous allez me dire «ok, le cinéphile passéiste, tu as fini de nous causer d’un film datant d’une époque où les téléphones portables avaient la taille de cabines téléphoniques (d’ailleurs, la plupart ETAIENT des cabines téléphoniques)! On est hors sujet, là!» En fait, si je m’autorise à vous parler de ce film, c’est parce que, depuis, force est de dire que les loups (hormis ceux de Wall Street) se sont faits rares dans les rues de la mégalopole américaine... Et que, je l’avoue, je voulais aussi porter à votre connaissance (ou vous rappeler) l’existence de ce film qui m’apparaît comme un chef d’oeuvre.

Bref, cela faisait donc plus de trente ans, hormis par le biais de quelques séries télévisées, que nos amis à quatre pattes ne s’étaient plus trop invités sur Broadway, Central Park et la 5ème avenue. Adieu la légende urbaine habillée des brumes diaphanes s’échappant des bouches de métro et des néons des sex-shops. Re-bonjour le loup-garou redneck et le lycanthrope des campus! Heureusement, comme le dit si bien un célèbre footballeur, «la routourne tourne" et cette absence est aujourd'hui comblée avec Battledogs! Youpi. Il est simplement dommage que les géniteurs de cette production télévisuelle soient des figures bien connues dans le domaine du nanar fauché, à savoir Christopher Ray et David Michael Latt, autrement les boss de The Asylum. Du tout, l’on n’a pas du tout, mais alors pas du tout, affaire à une oeuvre jouant dans la même cour que le joyau cinématographique précité.

Le film débute à Kennedy Airport, un jour d’affluence. On y découvre Ariana Richards (rappelez-vous, c’est l’ado des deux premiers volets de Jurassic Park) dans le rôle de Donna Voorhees, une jeune femme poireautant dans une file d’attente (je n’ai pas osé dire «faire la queue» car je vous connais, amis lecteurs). D’un coup, Donna ressent des sueurs froides, se met à trembler. Comme elle se rue vers les toilettes, on pense à une bonne gastro et l’on se dit que l’on s’est peut-être trompé de film (battle-gogue?). Point du tout! Voilà qu’elle se met à baver comme une limace! Diantre, elle relève sa manche pour laisser apparaître une trace de morsure sur son bras! Mon dieu, c’est la rage! Ben non, encore raté. Quand ses yeux, via la magie du numérique, prennent un regard de fauve, premiers stigmates d’une mutation animale, on comprend alors que sous cette blonde à l’apparence innocente se cache un loup-garou aux crocs acérés! Bon, ici, il s’agirait plutôt d’une louve-garou mais qu’importe. On se dit alors «bon ok, pourquoi pas, mais pourquoi maintenant? Quel est l’élément déclencheur? Je sais que quelques hôtesses d’aéroport ont le don pour faire sortir de ses gonds le client le plus affable, mais quand même... Et elle est où la pleine lune?
Hein? Qui a dit «dans ton cul!»?

Bref, transformée en une énorme louve de synthèse, Ariana fout le bordel dans l’aérogare et égorge à quitte mieux mieux - sa tache est d’autant plus facilitée par l’attitude étranges de certains figurants, qui fuient dans la mauvaise direction ou qui s’arrêtent de courir pour attendre la mort avec résignation. On admire alors la précision de la mise en scène  et de la direction d’acteur. Respectueuse du mythe, par ses morsures, Donna transmet le «virus» à toutes ses malheureuses victimes qui ne tardent pas à se métamorphoser à leur tour, transformant les lieux en une gigantesque curée. On ne nous explique pas, d’ailleurs, pourquoi la transformation est, pour eux, aussi rapide. Au final, quand arrivent les renforts de police et les militaires, ils se retrouvent face à une meute de loups géants errant au milieu d’une salle souillée par les restes de corps humains démembrés. Le général, responsable des opérations, à peine remis de sa surprise de découvrir l’existence de ces créatures légendaires, pense alors avoir une idée géniale: et si l’on arrivait à maîtriser ce phénomène? On pourrait alors créer une armée de super soldats! Oui. C’est l’idée du siècle.

Aussitôt dit, aussitôt fait, à grand renfort de tirs de flèches anesthésiantes, tout ce beau monde est mis en quarantaine, alors que débarque une équipe de scientifiques pour effectuer une série de tests et d’analyses. Le major Hoffman, l’un des officiers en charge de l’opération, incarné par le vieillissant mais toujours sympathique Craig Sheffer, est l’un des rares témoins a désapprouver les agissements de ses supérieurs, qu’il trouve aussi cruels que dangereux. Prenant la défense d’Ariana, il finit même par s’attirer les foudres de la hiérarchie, à commencer par le capitaine Falcons (Wes Studi), la brute épaisse de service. La suite des évènements va cependant donner raison à Hoffman, quand l’expérience dérape et que les loups-garous brisent leur conditionnement et se répandent dans les rues de New York. L’île de Manhattan est évacuée (avec une extraordinaire efficacité, ils sont forts ces américains!) et mise en quarantaine. Forces militaires au sol et hélicoptères de combat ont l’ordre d’exterminer la menace...

Présenté comme cela, Battledogs pourrait presque passer pour un film séduisant. C’est d’autant plus vrai que son générique affiche une liste de noms assez intéressante. Craig Sheffer, Ernie Hudson (SOS Fantômes) et Kate Vernon (la série Battlestar Galactica) sont des comédiens de séries B et de shows TV aguerris et assez charismatiques - même si, en étant sévère, on pourrait presque leur épingler une étiquette de has been. Quand à Wes Studi, il est bien connu pour ses présences pleines de fougue dans bon nombre de blockbusters, notamment dans des rôles de méchant (Heat, Le dernier des Mohicans, Danse avec les loups, il est également Eytukan dans Avatar). On a même droit à ce bon vieux Bill Duke (le Grosbill de Predator) en président des Etats-Unis d’Amérique, dans une version destroy de Barak Obama! Enfin, dernier point positif, l’aspect graphique qui laisse une bonne petite place au gore. Du gore numérique, certes, mais qui fait du premier long métrage d’Alexander Yellen (un directeur de la photographie formé à l’école The Asylum) l’un des plus sanglants - et des plus horrifiques - jamais produit par la compagnie de David Michael Latt.

En fait, Battledogs revendique un sérieux qui tend à le démarquer au milieu des autres produits du catalogue The Asylum, composé presque essentiellement de nanars assumés. Une ambiance totale de fun et un premier degré omniprésent tentent de faire du métrage une vraie oeuvre horrifique. Malheureusement, force est d’admettre que c’est un brin foireux. La faute à un scénario au manichéisme grotesque, qui accumule tant d’incohérences que l’on pourrait croire qu’il a été écrit par un gamin de douze ans, et une réalisation bien trop perfectible pour que l’on y adhère sans condition. Fonçant tête baissée, le réalisateur Alexander Yellen enchaîne les séquences de son récit débile sans jamais tenté d’y glisser une once de logique, faisant de la plupart des personnages de véritables crétins congénitaux offrant leurs gorges aux loups-garous. Mention spéciale à un hélicoptère militaire qui pousse l’imprudence (la connerie?) jusqu’à s’approcher des créatures à une distance suffisamment proche pour être atteint par les lycanthropes en furie. Le premier hélicoptère de combat à avoir été abattu en vol par un quadrupède. Et que dire de ces méchants? Si méchants qu’ils en deviennent suffisamment stupides pour envoyer une poignée de bidasses affronter dans Central Park une meute de monstres insensibles aux balles?

Enfin, le film paie cash son manque de budget et n’a pas les moyens de ses ambitions. Laboratoires scientifiques composés d’une table, de deux chaises et d’un microscope; bloc de polystyrènes (mal) maquillés en gravats et débris d’explosion; réalisation peu réfléchie et montage en manque de rythme et, surtout, des effets spéciaux très perfectibles. Oui, car si Battledogs n’évite pas les effets gore et multiplie les plans sur les créatures monstrueuses (on a même droit à un combat gentil loup contre méchant loup), il pêche par des inserts CGI très cheap, avec notamment des loups-garous au modeling et à l’incrustation à peine digne d’un jeu vidéo pour console next gen et une pyrotechnie exclusivement numérique qui pique souvent les yeux (sauf si vous aimez les feux d’artifices de pixels).

La conclusion de

Les loups sont de retour à Manhattan. Ils ont gagnés en taille mais sacrément perdu en crédibilité. Si Battledogs possède quelques atouts, comme un aspect gore non négligeable et un casting intéressant, et qu’il remplit ses promesses en matière de loups-garous, il n’échappe pas à triste loi du nanar fauché qui se prend trop au sérieux. Au final, le film d’Alexander Yellen est un produit fade qui n’éveille que très rarement l’interet, lors de quelques séquences de tuerie.

Que faut-il en retenir ?

  • Un casting intéressant
    Un aspect gore bienvenu
    Quelques séquences musclées

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario puéril bourré d’incohérences
    Des effets numériques médiocres
    Des personnages manichéens
    Une réalisation insipide

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