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Critique du Jeu de société : Le fantôme de l'Opéra
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Critique du Jeu de société : Le fantôme de l'Opéra

Avis critique rédigé par Amaury L. le vendredi 4 octobre 2013 à 0027

Un fantôme intelligent

La célèbre diva La Carlotta ne s'en remet toujours pas. Avachie comme une poupée dégingandée sur le canapé en rotin habillé de coussins réconfortants, le visage blême, un éventail s'agitant frénétiquement en tout sens, elle respire péniblement, une sueur froide laissant sur sa peau blanchâtre des sillons transpirants. Le fantôme vient, il y a quelques instants, d'apparaître soudainement devant elle et de lui lancer un rire diabolique en signe de salutation. Qui est donc ce revenant perturbateur ? Une enquête discrète s'impose...

 

Un fantôme bien matériel.

Le fantôme de l'opéra profite du talent de l'illustrateur Jean-Marie Minguez qui parvient à retranscrire l'atmosphère envoûtante de cet univers créé par le romancier Gaston Leroux appartenant dorénavant aux classiques de la littérature fantastique (1910, date de la première publication). Après cet entracte visuel, un plateau de jeu représentant une vue en coupe de l'Opéra Garnier montre quelques imperfections, certains passages entre les différentes salles manquent de lisibilité. Les autres acteurs gardent de solides critères qualitatifs comme l'intégralité des cartes (8 personnages et onze alibis), épaisses et cartonnées, les pions Personnage en bois. Le fantôme de l'opéra impose un savoir-faire incontestable même si l'ensemble s'avère assez classique.

Pas une mécanique d'opérette.

Le but du jeu dépend du rôle tenu en début de partie, faire fuir La Carlotta si on incarne le fantôme, ou démasquer ce sinistre plaisantin si on revêt l'habit d'enquêteur.

Le système de jeu s'appuie énormément sur celui de Mr Jack (c'est d'ailleurs écrit sur la boîte). Après une mise en place rapide (disposition des pions Personnage dans les salles périphériques de l'opéra), on mélange les cartes Alibi, le fantôme en tire une secrètement, c'est le coupable.

Le tour de jeu se déroule en deux phases principales. On commence par le choix et l'activation de quatre personnages parmi 8 (chaque joueur en active deux par tour) en les déplaçant d'une ou plusieurs salles, puis en activant leur pouvoir (révélation d'une carte Alibi, utilisation des passages secrets...). Au terme de ces déplacements, le joueur incarnant le fantôme indique si celui-ci se manifeste ou pas. Le revenant se manifeste s'il est seul dans une pièce allumée ou s'il se trouve dans la salle privée d'électricité. Forcément, il ne se manifeste pas s'il est en compagnie d'au moins un personnage dans une salle éclairée. L'enquêteur tire ses conclusions et innocente les pions Personnage (en les retournant sur leur face Innocent).

A la fin de chaque tour, le pion La Carlotta avance sur une piste spécifique d'autant de cases qu'il reste de suspects.

L'enquêteur gagne s'il ne reste plus qu'un seul suspect, le fantôme l'emporte si le pion La Carlotta atteint ou dépasse la case « Annulé » sur la piste adéquate.

Une cogitation pas fantomatique.

Le fantôme de l'opéra s'appuie sur un système existant, celui de Mr Jack (lire la critique ici). On assiste actuellement à une politique commerciale particulière chez les éditeurs, proposer des jeux reposant sur des mécaniques qui ont déjà fait leurs preuves. L'exemple le plus parlant demeure Pandémie qui a enfanté L'île interdite et Le désert interdit. Un scepticisme légitime s'empare des éventuels acheteurs, « sommes-nous pris pour des vaches à lait ? ».

La réponse reste en suspens car il faut reconnaître que Le fantôme de l'opéra ne faillit pas. On assiste à un excellent jeu de déduction (avec une pointe de bluff) pour seulement deux joueurs.

Après une ou deux parties expérimentales où les erreurs s'accumulent, on domestique davantage les pouvoirs des personnages et la gymnastique demandée afin de savoir si le fantôme se manifeste ou se fait discret. Chaque partie s'accompagne de ses minutes de cogitation intense où chacun essaie d’œuvrer au mieux pour optimiser ses objectifs, lesquels sont diamétralement opposés (découvrir le coupable pour l'enquêteur, épouvanter La Carlotta et ne pas être démasqué pour le fantôme). Selon les tirages des personnages, une réflexion s'impose afin de déterminer le meilleur choix pour le moment présent mais aussi futur. Une anticipation sur plusieurs coups améliore sensiblement l'éventuelle réussite de son but initial. Contenir son rival s'avère une tactique efficace, si évidemment celui-ci ne s'ingénie pas à contrecarrer des plans finement ciselés. La moindre erreur se paie comptant, surtout entre joueurs expérimentés, un déplacement incongru, une hypothèse bancale, des conclusions hâtives et la victoire file entre les doigts. On remarque un équilibre impressionnant avec souvent des fins de partie tendues et un vainqueur se dessinant vraiment dans les derniers instants.

Le fantôme de l'opéra se place honorablement dans la gamme Mr Jack (même si ce dernier garde une longueur d'avance) et ne déshonore aucunement les auteurs (Bruno Cathala et Ludovic Maublanc)et l'éditeur (Hurrican games). Cependant, une sensation subjective de « tourner en rond » se dégage, la faute à un plateau permettant moins de liberté de déplacement, à cette impression logique de « déjà vu », à cet émoussement prévisible d'une mécanique remarquable mais sur laquelle on commence à tirer exagérément sur la corde ?

Si on aime Mr Jack, Le fantôme de l'opéra satisfait pleinement et s'affranchit suffisamment de son aîné pour justifier son apparition sur un marché ludique toujours en quête de nouveautés, à défaut d'originalité. Cependant, sa durée de vie semble intrinsèquement plus faible et son renouvellement plus modéré. Toutefois, le plaisir éprouvé demeure présent et on enchaîne avec gourmandise les joutes avec son ou sa partenaire préféré (e). Un fantôme qui fait chanter les neurones.

La conclusion de

Le fantôme de l'opéra offre suffisamment de personnalité pour ne pas apparaître comme un simple « copié-collé » de son prédécesseur, Mr Jack (la mécanique de jeu est presque la même). On éprouve une grande satisfaction à pratiquer ce jeu de déduction uniquement destiné pour deux joueurs. On remarque toutefois une lassitude plus précoce et un renouvellement des parties moins prolixes. La faute à des déclinaisons trop nombreuses sur une mécanique semblable ?

Que faut-il en retenir ?

  • On cogite.
  • Thème en accord.
  • Bon jeu de déduction pour deux joueurs.

Que faut-il oublier ?

  • On tire sur la ficelle.
  • Pas meilleur (loin de là) que Mr Jack.

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