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Critique de la Bande Dessinée : Episode 1

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 30 juillet 2013 à 12:12

Paris tiers-monde

La planète Terre, dans un futur proche. Un bouleversement économique d’ampleur planétaire a inversé l’équilibre mondial.  Les grandes puissances économiques du passé, victimes de leur surconsommation de ressources énergétiques et de matières premières, se sont écroulées sur elles-mêmes, cédant la place aux ex-pays du tiers-monde. Paris, New-York, Londres, Tokyo et Sydney ne sont aujourd’hui plus que les ombres délabrées des glorieuses capitales d’antan. Leurs populations de race blanche, rendues responsables de cette apocalypse économique, ont vu leurs statuts sociaux s’effondrer. Désormais réduits aux travaux de second ordre, victimes de ségrégation, les blancs se doivent désormais obligés de se plier à l’autorité de leurs supérieurs d’origine africaine. Mais si les rôles ont été inversés, une chose n’a pas changé : l’attirance de l’homme pour l’argent et le pouvoir, comme va pouvoir le constater l’inspecteur Romane Pennac, une petite blonde qui a du mal à s’imposer au sein un monde d’hommes noirs…

Co-scénarisé par Corine Jamar et Leo, Mermaid Project respire, dés ce premier album, l’essence créatrice de ces deux artistes. En effet, au fil de ce premier épisode, on retrouve dans l’intrigue de cette bande dessinée SF les thèmes qui leur sont chers, comme le militantisme féministe « positif » (Romane Pennac évoque Blanche, l’héroïne de la série d’albums du même nom) et les problèmes écologiques, qui sont depuis toujours la principale source d’inspiration (et de réflexion) de Léo. De plus, en posant comme postulat l’écroulement de la société occidentale au profit des ex-pays en voie de développement, les scénaristes nous invitent à réfléchir sur la nature humaine à travers un aimable essai philosophique ou l’ex-opprimé prend la place de l’oppresseur – on peut appréhender Mermaid Project comme une relecture adoucie – et moins métaphorique - de la Planète des Singes. Dans Mermaid Project, l’on se rend compte que, mis à part un changement de couleur de peau de l’ethnie dominante, rien n’a vraiment changé. Par contre Corine Jamar et Léo ont pris pour parti d’éviter de débattre de problèmes religieux, ce qui peut paraitre assez étonnant aux yeux de certains.

Quelque soit l’opinion que l’on peut avoir sur les positionnements des auteurs, force est d’admettre que l’intrigue démarre plutôt bien. Tout commence par un fait divers des plus anodins – la mort par noyade de l’épouse  d’une célébrité – pour basculer lentement vers un très captivant thriller d’espionnage SF avec la présence d’un duo de héros à la composante logique (si l’on se place dans l’univers de l’œuvre) mais originale car, bien entendu, ici, l’homme fort se nomme El Malik et est un d’origine africaine. Romane Pennac,  sa coéquipière, affiche un profil un brin adolescent et asexué mais aussi celui d’une femme énergique, décidée à se tailler une place de force dans un monde toujours aussi sexiste. L’alchimie fonctionne bien et le duo devient rapidement attachant. Pour ce qui est du développement du récit, on constate que Corine Jamar et Léo prennent leur temps. L’enquête, qui va amener les deux français à New-York, avance lentement, reste dans le domaine du récit d’espionnage… jusqu’à la révélation de la page 45. Et voilà introduit le thème de la manipulation génétique, qui nous fait entrer brusquement dans les plaisants univers SF du scénariste brésilien. Vite, la suite !

Si, souvent, Léo se plait à illustrer lui-même ses histoires, pour Mermaid Project, cette tâche a été confiée à Fred Simon. Formé à l’école Spirou, Fred Simon possède une plume semi-réaliste un peu naïve, a mi-chemin entre la ligne belge et les auteurs caricaturaux français des années 70. Un style qui ne pouvait que plaire à Léo, amateur de classicisme graphique. Cela amène au récit une couleur un peu enfantine, qui pourrait ne pas coller du tout avec la gravité du récit. Pourtant, cela fonctionne bien et, force est de l’avouer, entre parfaitement dans ligne éditoriale de la maison Dargaud. D’ailleurs, en proposant une œuvre dotée d’un design très accessible, les auteurs ont fait preuve de discernement. Ainsi, même le jeune lectorat peut se lancer sans crainte dans la lecture de ce récit intelligent et riche en suspens.

80

Plutôt accrocheuse, cette entame de Mermaid Project. Ici, assistée de Corine Jamar, Léo quitte ici ses habituels univers planet opera pour nous offrir un thriller d’espionnage et d’anticipation accrocheur. Les dernières planches, qui font basculer l’intrigue dans la pure SF avec manipulation génétique, nous laissent entrevoir une évolution plus futuriste du récit. Au dessin, le style semi-réaliste de Fred Simon remplit parfaitement sa tâche et font de Mermaid Project une série accessible à tous les lectorats.

Critique de publiée le 30 juillet 2013.

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers original
  • Une intrigue intéressante
  • Un dessin très accessible

Que faut-il oublier ?

  • Un démarrage en douceur.

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