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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Frisian Terror
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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Frisian Terror

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 19 juillet 2013 à 1747

Mort aux Hollandais !

Chargé par le général Popov, chef des services de renseignements russes, de retrouver les restes d'un légendaire roi frison, un archéologue finit par tomber sous le pouvoir de la relique et revendique un statut de prophète purificateur. Après s'être débarrassé de l'encombrant officier russe, l'archéologue, assisté de Pope et Sierger, deux psychopathes improvisés en disciples, entame sa croisade sanglante avec pour mission l'extermination des Hollandais, coupables d'avoir trahi le démoniaque roi Sigurd...

Si l'Allemagne est connue pour cultiver le gout du splatter et autres formes de cinéma extrême, il en est autrement de son voisin, les Pays-Bas, qui apparaissent un peu comme le parent pauvre en ce domaine. En fait, si les réalisateurs indépendants bataves ne rechignent pas à mettre en forme des séries B horrifiques (on leur doit même quelques bons classiques, comme L'Ascenseur, de Dick Maas), leur cinéma underground se hasarde très rarement sur le terrain du Grand Guignol, préférant l'avant-gardisme et le développement de thématiques plus sérieuses mais pas forcément moins subversives. Réalisé par Bart van Dekken, Frisian Terror apparait donc un peu comme une sorte d'OVNI dans le ciel du cinéma hollandais, et, rien que pour cela, il mérite que l'on s'y intéresse.

Frisian Terror s'ouvre sur une séquence de présentation comme on le faisait aux USA dans le cinéma fantastique de séries B, au cours des années 50-60 (on pense bien sûr à l'iconique Vampira). Ici, l'hôtesse introduisant (si j'ose dire) le métrage, baptisée miss Bikini, porte parfaitement son nom et nous laisse espérer un métrage riche en plans nichons et en contre-plongées sur d'engageantes chutes de reins. En fait, comme on pourra le constater avec dépit par la suite: pas du tout! Miss Bikini sera la seule bimbo à nous laisser entrevoir ses charmes. Et encore, lors de la séquence de conclusion, elle va même pousser l'outrecuidance à faire fi d'une alléchante promesse. La garce! C’est d’autant plus triste que, hormis cette allumeuse de miss Bikini, toutes les autres filles présentes dans le métrage - probablement des copines du réalisateur - se révèlent comme étant très timides. L'unique séquence de baise, par exemple, se voit couverte d'un voile pudique via la présence frustrante d'un drap de lit masquant l'essentiel. Un manque de culot qui rend cette scène aussi torride qu'un extrait de comédie dramatique d'avant-guerre. Et un comble quand l'on sait que la partenaire sexuelle de l'archéologue dément est sensée être une "démone de luxure"! Oui, c’est vrai, je vous dois une explication. En plus de massacrer du Hollandais, le fantôme du roi Sigurd a également confié à son prophète la délicate mission de rechercher et culbuter une démone (la trouver n'a pas été très difficile, par la magie du cinéma, elle se retrouve enchainée dans la pièce voisine le plan suivant). Pourquoi ? On n’en sait fichtrement rien. Mais bon, c’est comme ça. Une fois la démone capturée, l’archéologue entreprend de la domestiquer et, c’est bien connu, la meilleure méthode est de lui faire une démonstration de mâle dominant. D’où la séquence décrite plus haut. Bref, pour en revenir au sujet qui nous intéresse, sachez que question cul, Frisian Terror, c'est le désert de Gobi, Waterloo morne plaine, une édition des JMJ...

Et l'aspect splatter, alors? Lors de leur croisade, l'archéologue et ses disciples vont principalement s'attacher à traquer un dealer crétin qui ne se rend compte de rien. Oui, parce "les drogués sont les pires ennemis du roi Sigurd" avertit le prophète. Ah bon? Pourquoi pas. C'est vrai qu'à l'époque féodale, le trafic de drogue était déjà un sacré fléau. Cependant, en chemin, ils ne vont pas se priver d'agresser quelques comédiens amateurs ayant acceptés de sacrifier un peu de leur temps pour aider au développement du cinéma underground batave. On se dit tant mieux car cela nous donne l'occasion de découvrir quelques plans gore traditionnels grossièrement bricolés, dans la grande tradition du splatter allemand. Au gré des rencontres, éviscérations, amputations, empalements égaillent donc le fil de cette fable lobotomisée. Ne croyez pas, cependant, que Frisian Terror se pose comme un concurrent des gorefest d'Andreas Schnaas ou Olaf Ittenbach. Probablement plus par manque de compétences que de budget, le film de Bart van Dekken est à des lieues de présenter le même défoulement gore et craspec que des films comme Premutos ou, plus récemment, Necronos. Il n'atteint même pas le niveau d'hémoglobine d'un shocker comme Hostel. Au final, l'on est donc un peu déçu.

Le seul registre où Frisian Terror peut rivaliser avec les splatters allemands, c'est, hélas, celui de l'humour débile. En effet, si le film de Bart van Dekken peut se lire comme une comédie gore portant un regard satirique sur les sectes et les groupuscules extrémistes, force est d'admettre que la méthode dynamite parfois les limites du ridicule. Jusqu'à en devenir gonflant. Les deux disciples, par exemple, risibles de par leurs accoutrements, finissent par agacer à trop gesticuler comme des macaques ou grimacer comme s'ils étaient victime d'une colique aussi soudaine que violente. Le spectacle est d'autant plus pénible que les "comédiens" sont extrêmement mauvais et ne parviennent même pas à donner à leurs pantomimes grotesques un quelconque effet clownesque.

Bon, pour le reste, Frisian Terror épouse dans les grandes marges les codes du Z. Décors minimalistes (mention spécial à l'autel de Sigurd; une table d'écolier surmonté d'une photographie du roi.. oui, une photographie... datant du XVIeme siècle) ; costumes de carnaval (la perruque verte de Siegier, le slip kangourou de Pope sensé entretenir l'aspect craspec...), armes en mousse et pistolet à amorce ; prises de vue rudimentaires avec caméra amateur bon marché; photographie à l'arrache; intrigue décousue faute d'un montage cohérent. En fait, si l'on était méchant, on pourrait conclure cette critique en disant que le Frisian Terror réunit tous les défauts communs à une production Z, mais pas les atouts.

La conclusion de

Puisant dans la même veine que les films gore allemands, Frisian Terror est loin de fournir les mêmes délices potaches et Grand Guignol qu’un Premutos ou un Legend of the Dead. Manque de culot, plans gore trop peu nombreux et une absence totale de sexe font que cette série Z est dénuée de tout intérêt, hormis celui d’être une curiosité, les Pays-Bas n’étant très actif dans le domaine.

Que faut-il en retenir ?

  • Une curiosité

Que faut-il oublier ?

  • Une série Z sans réel intérêt

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